Le masque en rade

ENSOR MASQUES RAILLANT LA MORT
« Masques raillant la mort » Ensor

Le masque en rade

Je suis un verbeux aux mots poilus. Hirsute, je pique, je porte l’estocade virile dans les plis boueux de mon esprit souillé.
Dans les franges de mon carnet à simagrées, j’hésite à me tresser une raison, craignant d’essorer le fil de ma pensée effilochée. Une toile s’étiole devant moi de manière impudique.
Une image en émerge, dégoulinante d’envahissement, me tire par l’urgence. Son personnage central crie sa douleur de toutes ses couleurs : Ecris-moi s’il te plaît ! Que veut-elle que je dise qu’elle n’a déjà montré ?
Elle semble dire : Regarde-moi et tu sauras.
Alors je la parcours d’introspection, je l’effrite du regard et j’émiette sa condition. Elle a le masque qui n’a pas pris chair, la couleur de la honte. Même réfugiée sous de beaux atours, elle n’est que simulacre.
Et les pantins pathétiques qui l’entourent, l’équivoquent avec dédain sous leurs lambeaux de riches. Ma peine souffreteuse ne peut en endurer davantage, à peine le temps d’un clin d’âme.
Derrière leur masque flasque de supériorité, ils raillent par peur de dérailler. Dissimulés sous leurs peaux d’emprunt, ils me mettent la larme sous la gorge. Je les prends en pitié. Ceci est un carnaval d’éloquence malchanceuse. Un emprunt à l’existence malfamée.
Je voudrais leur dire : « tel est mort qui croyait vivre ».
Nadia Bourgeois ©

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Soirée lecture à l’Espace temps Bordeaux

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Nadia Bourgeois vous convie à une soirée exceptionnelle :

 Si vous êtes dans le coin, c’est peut-être l’occasion de faire connaissance et de partager un moment de convivialité autour des lectures de textes réalisés lors des ateliers d’écriture que j’anime à Bordeaux.

Les personnes de passage pourront venir écouter librement bien sûr.

Nadia Bourgeois – Auteure de romans et pièces de théâtre mais pas que…Non, pas que

Ma belle rencontre interview avec Margaux Gilquin ! 

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Je vais vous parler d’une autre rencontre magique via les réseaux sociaux. Il s’agit de Margaux Gilquin, l’extraordinaire auteure de  » Le dernier salaire », publié chez XO en 2018. Elle m’ a proposé il y a quelques temps de cela de m’interviewer pour écrire un article sur son blog. Nous nous sommes fixé rendez-vous le mardi 6 février à l’heure du déjeuner et cette rencontre fut pour moi un vrai coup de coeur ! Margaux Gilquin est toute en fleur de peau 🙂 Une belle sensibilité et générosité, une curiosité de l’autre et une intelligence vives, doublées d’un humour désopilant qui vous met de suite à l’aise.

Mais je vais cesser de bavarder et vous laisser découvrir le résultat de notre entretien via le lien ci-dessous. Merci Margaux pour ce moment exceptionnel passé en ta compagnie !

Portrait par MARGAUX GILQUIN 

Elle est pétillante et malicieuse, observatrice et psychologue. Elle donne aussi des cours de « Sacologie »…oui vous avez bien lu…des cours de « Sacologie », en lisant son portrait vous comprendrez mieux:).

Bon, il est temps que je vous présente Nadia Bourgeois. Mais  d’abord je vous voudrais vous dire ce que, moi, j’ai ressenti en sa présence. Oui, en sa présence, parce-que j’ai eu la chance de partager un repas avec Nadia, dans le QG des auteures bordelaises, et que ce repas je ne suis pas prête de l’oublier.

Il y a eu le premier regard échangé, équivalent à un coup de foudre amical. Vous savez le premier regard qui donne le sentiment que cette nana là on la connait depuis toujours.

Puis les premiers pas faits ensemble jusqu’au restaurant. La porte poussée, la table choisie, le repas commandé et enfin le tête à tête.

La minute qui fait que ça passe.

Ou pas.

Et perso, bah c’est super bien passé avec Nadia. Tellement bien qu’on a pas vu l’heure tourner, qu’on a pleuré de rire, souri de tendresse. Tellement bien qu’on va remettre ça parce-que Nadia c’est une nana pas comme les autres du tout. Elle écrit à merveille, anime des ateliers d’écriture, écrit des pièces de théatre. Et le tout dans la simplicité la plus totale…

Je suis conquise par ce troisième portrait d’auteures Bordelaises.

Merci

via Nadia Bourgeois – Auteure de romans et pièces de théâtre mais pas que…Non, pas que

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Fabienne Fumière artiste-peintre

Portrait Fabienne Fumière

Némésis la vengeresse par Fabienne Fumière

Il y a quelques mois, Fabienne Fumière m’a contactée après avoir visité mon blog pour me demander si j’acceptais qu’elle s’inspire de mon poème couleur femme pour une exposition de portraits féminins qu’elle préparait. Je l’ai remercié pour l’intérêt qu’elle portait à mes écrits et j’ai accepté. Je partage avec vous aujourd’hui le fruit de son travail et de notre collaboration. C’est ça aussi la blogosphère : une aventure humaine et créatrice !

« Voici Némésis, déesse du châtiment et de la vengeance,

Attribuant à chacun son dû, manifestant le désaccord,

Quand coiffée d’un huit chiffre cosmique par alliance,

Son regard noir rétribue la loi du talion, sans remords. »

« Dans la vengeance et en amour, la femme est plus barbare que l’homme. » Friedrich Nietzsche.

Fabienne Fumière

Article La Voix du Nord 

Après L’Enfant de l’Univers en 2016, Fabienne Fumière présente Éternel Féminin, une compilation de dix-sept portraits de mythologies féminines. L’inspiration lui est venue d’un poème, « Couleur femme », écrit par Nadia Bourgeois.

Fabienne Fumière a choisi les déesses de la mythologie grecque pour illustrer ce poème qui l’a bouleversé. Gaia, Athéna, Pandore ou encore Aphrodite ont été peintes à la laque sur des toiles en bois. Chacun de ses tableaux est accompagné d’un petit poème, ainsi que d’une citation qui met l’œuvre en valeur.

D’autres toiles, comme le « Big Bang », ou « L’Homme de la Mancha », seront également présentées aux visiteurs. Le tout dans une atmosphère musicale rythmée aux plus grands titres dédiés aux femmes. Gauthier Delomez (CLP)

Exposition Éternel Féminin, du 16 au 24 décembre, de 11 h à 12 h et de 15 h à 19 h, au salon blanc de l’hôtel de ville. À l’achat d’untableau, Fabienne Fumière offrira le livre de son exposition.

Voeux 2017 Retrospective

Soeur Teresa pinterest

C’est Noël 

C’est Noël chaque fois que vous souriez à votre frère et lui tendez la main
Chaque fois que vous vous taisez pour écouter quelqu’un;
Chaque fois que vous tournez le dos aux préjugés qui relèguent les opprimés aux confins de leur isolement
Chaque fois que vous espérez avec les prisonniers, avec ceux qui sont chargés du poids de la pauvreté physique, morale ou spirituelle
Chaque fois que vous reconnaissez avec humilité vos limites et votre faiblesse.
C’est Noël chaque fois que vous permettez à Dieu d’aimer les autres à travers vous.
(Mère Teresa)

 

 

Une année s’écoule et nous nous apprêtons à fêter noël avec ceux que nous aimons et à tourner une page de notre existence. Chacun l’écrit avec des mots qui lui sont propres. Nous avons l’opportunité d’écrire une belle d’histoire à chaque seconde, à chaque minute de notre vie. Je souhaite qu’elle soit humainement la plus riche possible pour nous tous.

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous !

Nadia

Message oublié

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Image Le Tribunal Du Net.fr

La lumière bruissait dans le regard couchant d’un arbre refeuillé. J’écoutais le cœur de sa sève écouler les minutes vagues au pied de mes espérances. Il me chantait les heures où les hommes savaient parler aux arbres, les entourer d’amour et leur conter des vers. Ils soufflaient dans leurs branches tous les secrets du monde et à leur tour, d’autres hommes venus d’un autre temps recueillaient ces confidences à l’ombrage de leurs murmures, les muant en légendes, tatouant dans l’écorce de ces géants d’émeraude, les rêves écorchés de leurs ancêtres.

Lorsqu’un jour, je le vis tout noueux de n’être plus visité, agonisant ses chairs dans des cris torsadés, une larme me vint, chaude et salée au coin de ma douleur. J’en cueillais les lambeaux, les glissaient dans l’herbier de mes souvenirs. Je les conservais telles de saintes reliques, y revenant parfois sans comprendre toutefois ce qu’ils faisaient là. Ils s’étaient asséchés, leur message oublié dans un vieux tiroir. Je n’entendais plus leur chant, à peine un craquement. Et quand je l’ai rouvert, quelques années plus tard, sur le lit de mon dernier soupir, j’en déchiffrais tardivement le sens. Il était écrit :

N’oublie pas de vivre !

Nadia Bourgeois

Ode à mes amis blogueurs et blogueuses 

Il arrive parfois qu’un élan vous traverse avec la fulgurance d’un éclair. Et si je rendais hommage à ceux qui peuplent la blogosphère, qui m’encouragent, me réservent leur attention et m’enchantent de leur voix singulière d’une façon particulière ?  Il y en a tant ! Je n’ai pu être exhaustive malheureusement, aussi, y reviendrai-je sûrement.

Voyage en blogosphère 

Avez-vous déjà été en Aphadolie, cette mystérieuse planète de la connaissance où le savoir, balayé par la douceur de Green norden, circule en permanence ? Là-bas, tout est idéelle. Tandis que je traversais la bienveillante landcheyenne sous le ciel lumineux de Leyenda, je me laissais bercer par les vers oniriques de Moonath qui parvenaient jusqu’à moi dans un voile de murmures et je connus soudain l’envol poétique, Le vertige de l’oiseau. Il m’emporta Vers Antarès, terre de lyrisme enchanteur, découvrir les magnifiques Narines de crayon dont les mots taillés comme des monts sont traversés par une Culturieuse joyeuse montée sur un chevalet fougueux. Elle m’entraîna dans son sillage au pays des couleurs stupéfiantes,navigant sur des toiles singulières. Alors que j’atteignais les limites de ces contrées décalées, je vis les gifs de Dominique s’animer dans l’œil d’une flâneuse bretonne alanguie. Le regard appuyé contre le sien, la belle Anita, parée de tissus chatoyants, chantait les louanges de la féminité. Je les délaissais à grand peine, poursuivant inlassablement ma route,poussée par un délire de Brindille, portée par la hâte d’apercevoir d’autres univers merveilleux. Là, Elisa, Laurence et Polina aiguisaient leur plume, faisant jaillir des geysers d’émotions dans des déserts de vélin immaculé. Antony’M les histoires me soufflaient-elle. Je ne suis rien sans elles, murmurais-je, songeuse. C’est alors qu’Aquileana m’apparut, m’invitant à m’asseoir auprès d’elle. Elle me conta les mythes gréco-romains en me tenant la main.
Je prenais la mesure de l’immensité de la blogosphère et de ses richesses insoupçonnées.

Autumn Peltier : Cette jeune indigène défend l’eau sacrée de sa réserve indienne

Je me suis absentée un moment et je ne voyais pas comment revenir sans partager une histoire aussi belle et généreuse que celle que j’ai découverte sur le blog d’ Aphadolie.

Aphadolie

Time : 1 mn 36

Time : 2 mn 02 [Vostvfr]

Time : 6 mn 50 [Vostvfr]


Canada

 

Autumn Peltier - 1

L’indigène Autumn Peltier défend l’eau dans sa réserve indienne

 

Autumn Peltier est une adolescente de 13 ans vivant en Ontario, au Canada.

Elle a la particularité d’appartenir à la Première Nation Wikwemikong, une réserve indienne non cédée qu’elle défend ; tout comme l’eau, une ressource qu’elle considère comme un bien universel. Son combat vient d’être salué par le Prix international de la Paix des enfants pour lequel elle est nommée, parmi 169 finalistes.

Celui-ci récompense chaque année un jeune de moins de 18 ans pour son engagement envers les droits des enfants.

La jeune indigène Autumn Peltier pourrait bien prendre la suite de Malala Yousafzai qui avait reçu, en 2013, le Prix international de la Paix des enfants pour son engagement en faveur de l’éducation. Depuis l’âge de 8 ans, elle…

Voir l’article original 361 mots de plus

HENRI MICHAUX

Henri Michaux Ecrivain poète peintre.

michaux portrait

Portrait Henri Michaux

 

Le vieux nébuleux

Toi, vieux nébuleux sans nom croupissant dans la chair

D’un évanescent royaume aux béances oculaires

Je vois abdiquer la lumière de ton essence indomptée

Rouler sur tes joues glabres tes rêves édentés

Devant l’agitation des corps crépusculaires

La déferlante inutile de cris contestataires

Des corpuscules émaciés par de vaines suppliques

Un signe insignifiant, un jet d’homme extatique

Une larme de sang rougissant

Dans ce regard qui ne veut pas se taire.

Nadia Bourgeois

 

Transcender la douleur

FRIDA KHALO

Frida Khalo artiste peintre

 

Transcender la douleur

Nul ne ravira ma vie, personne ne rongera mes chairs, c’est moi qui me déroberai à elles. Je les surprendrai par devant, d’un trait de génie, d’un coup de vers. J’irai là où je ne m’attends pas, juste pour voir s’il y fait froid, juste pour voir si je m’y noie. Mais je n’irai pas en arrière, je ne regarderai pas mon dos, je lui tournerai les yeux pour ne pas regretter.

Nul ne saura qui je suis, personne ne dictera mes mots, c’est moi qui brouillerai mon âme, je la maquillerai d’artifices. Je me mettrai en pieds, je pousserai bien haut et je lècherai le ciel, juste pour le trouer, juste pour m’amuser. Mais je ne cèderai pas mon souffle, je l’userai jusqu’à le perdre, jusqu’à me perdre de liberté, jusqu’à me tuer d’aimer.

Nul ne lira dans mes rêves, personne ne souillera mon monde, c’est moi qui les dessine ici. J’encrerai les branches des arbres, je rougirai les lacs et les forêts. Je tracerai des sillons de pensées en fleurs sur les routes de campagne, j’inonderai les flux dormants des hommes de grands projets inavoués. Mais, je n’oublierai pas d’insuffler la passion d’un amour sans condition.

L’envers de l’endroit où la racine se fissure surgira, d’une vigueur nouvelle, d’un espoir insoupçonné.

Nadia Bourgeois