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Un meurtre sera commis le…

Merci à Elisa pour cet article ! Il reste deux places, alors si vous êtes dans le coin, vous pouvez vous joindre au groupe pour le stage. Contactez-moi. 🙂

Élisa Tixen, blog d'auteur

Un meurtre sera commis le…

Vous connaissez ce titre ? C’est celui d’un des romans d’Agatha Christie. Je les ai tous lus et je n’ai jamais réussi à découvrir l’assassin avant la fameuse explication finale, ces cinq dernières pages où tout s’éclaire.

Jamais je n’ai trouvé le petit détail qui aurait pu me faire sortir de la peau de Watson pour me connecter aux neurones de Poirot.

Agatha Christie 82 – Élisa 0.

Écrire du Polar

Quand j’ai commencé à inventer mes premières histoires, c’était avec l’ambition d’écrire un polar.

Alors j’ai commencé à écrire un thriller (mais oui c’est logique et admirez au passage cet art d’éviter de me confronter à l’objet direct de mes désirs…). J’ai vite abandonné cet univers sanglant. Incapable de plonger dans la peau de mes personnages qu’ils soient victimes ou bourreaux. Trop torturé pour moi.

Au final et même si mes histoires contiennent…

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Blaise Cendrars transfiguré

« J’aime le réel lorsqu’il est transfiguré avec une attention particulière »

Résultat de recherche d'images pour "BLAISE CENDRAR"Blaise Cendrars

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Portrait de Blaise Cendrars réalisé par Modigliani en 1917

La peinture est une forme d’écriture et j’aime à penser que Modigliani a transfiguré le réel avec une attention particulière » en exécutant ce portrait. Le regard de l’artiste, le point de vue de l’auteur nous offrent une multitude de regards. Vous pensez que c’est absurde ? Cela n’a rien d’absurde. L’absurde, c’est la créativité qui prend un pseudo. L’écriture est une proposition, non une prison. Un état d’être dans lequel je « m’encre » du bout de ma pensée pour défier les limites de la réalité.

Nadia Bourgeois

 

La
Ruche

Escaliers, portes, escaliers

Et sa porte s’ouvre comme un journal

Couverte de cartes de visite

Puis elle se ferme.

Désordre, on est en plein désordre

Des photographies de
Léger, des photographies de

Tobeen, qu’on ne voit pas
Et au dos

Au dos

Des œuvres frénétiques

Esquisses, dessins, des oeuvres frénétiques

Et des tableaux…

Bouteilles vides

Nous garantissons la pureté absolue de notre sauce

tomate-Dit une étiquette
La fenêtre est un almanach
Quand les grues gigantesques des éclairs vident les

péniches du ciel à grand fracas et déversent des bannes

de tonnerre
Il en tombe
Pêle-mêle

Des cosaques le
Christ un soleil en décomposition

Des toits

Des somnambules des chèvres

Un lycanthrope

Pétrus
Borel

La folie l’hiver

Un génie fendu comme une pêche

Lautréamont

Chagall

Pauvre gosse auprès de ma femme

Délectation morose

Les souliers sont éculés

Une vieille marmite pleine de-chocolat.

Une lampe qui se dédouble

Et mon ivresse quand je lui rends visite

Des bouteilles, vides  »

Des bouteilles

Zina

(Nous avons parlé d’elle)

Chagall

Chagall

Dans les échelles de la lumière

Poème de Blaise Cendrars

Réinvente-moi Schiele !

schiele_embrace

Tableau Egon Schiele « L’enlacement »

Réinvente-moi Schiele !

Décharne-moi dans un horizon parme
Aurore-moi dans un horizon feint
Etire-moi dans un sillon de larmes
Essence-moi d’un trait d’humour repeint

Eviscère-moi d’un mot dans un geste défait
Arpente-moi jusqu’à perdre mon souffle
Réinvente-moi dans ta folie étoilée
Eveille-moi en toi de ton âme éraflée

Cristallise-moi dans tes rêves inavoués
Assouvis-moi de tes mains pénétrantes
Eclate-moi dans tes fantasmes esseulés
Impatiente-moi de ta vie rugissante

Réinvente-moi pour l’éternité !

Nadia Bourgeois

L’INFINI VOYAGE

L’infini voyage du papillon monarque

La métamorphose est un sujet qui me passionne. Elle est à mes yeux la manifestation visible de l’existence. Outre ce sujet et les interrogations qu’il soulève, il est une autre question qui me passionne :
Qu’est-ce qui pousse le vivant à  se reproduire ? Je suis fascinée par cette volonté qui nous dépasse. Procréer est notre défi à la mort, notre réponse à l’infini.
Le papillon monarque a la faculté prodigieuse d’inscrire cet élan dans la mémoire de sa descendance. Nous avons beaucoup à apprendre des papillons, en particulier de cette espèce qui accomplit un long et périlleux voyage du Canada vers le Mexique pour se reproduire et mourir. Ce sont les papillons nés de cette union qui feront le voyage de retour au Canada sans aucune connaissance préalable de l’origine de leurs géniteurs.

Sont-ils dotés d’un GPS générationnel ? La mémoire, cet envoûtement de la volonté de survie de l’espèce est-elle inscrite dans nos gènes et se transmet-elle ? Ce mystère est sur le point de se résoudre avec le développement des neurosciences. Des chercheurs auraient levé le voile sur cette énigme en révélant le rôle de deux capteurs neurologiques dont sont dotés ces magnifiques lépidoptères, leur permettant ainsi de retrouver les traces de leurs ancêtres et d’assurer la sauvegarde de l’espèce. En attendant d’en découvrir un jour davantage, je vous invite à pénétrer au coeur de la forêt mexicaine pour assister à l’un des beaux ballets aériens qu’il soit donné de voir et en savoir davantage sur cet éblouissant insecte qu’est le papillon Monarque.

Hémophile anonyme

Extrait du film Irlandais Once, le film coup de coeur de Sundance  (2006)

Les acteurs et leur musique m’ont enchantée. C’est un partage qui vient du coeur, tout comme le texte qui va suivre.

Hémophile anonyme

Avant de pousser la porte des hémophiles anonymes, j’avais du mal à trouver ma place. Je saignais pour un enfant battu, un homme à terre, un vagabond affamé, une idylle perdue, la moindre déconvenue. Au début, mon entourage s’en émouvait, mais bien vite, s’en agaça. Tu n’as aucune pudeur et puis, tu mets du sang partout ! Face à ces récriminations, je n’avais d’autre recours que de dissimuler ma douleur. J’entourais mon cœur de bandages pour le comprimer. Jusqu’au jour où un ami me recommanda de rejoindre le groupe des hémophiles anonymes.
Au départ, je peinais à contenir mes débordements hémoglobulaires, mais au bout de quelques séances, je racontai fièrement n’avoir pas saigné devant mon poste de télévision en apprenant les conflits ou la progression de la misère dans le monde. Tous m’applaudissaient. Mon cœur avait fini par sécher. C’était bien mieux ainsi, m’avait-on dit. On ne pouvait pas sauver tout le monde. J’aurais pu me féliciter de ces encouragements, de ne plus souffrir de compassion, de ne plus étaler outrageusement ma douleur aux yeux des gens si je n’avais pas rencontré Mirabelle. Cette nouvelle recrue venue demander l’asile poétique. A son contact, ma poitrine a enflé ; je me suis mis à saigner un peu, beaucoup, passionnément, à la folie pour elle. J’ai rechuté, qu’importe ! Je ne suis plus anonyme. Si d’aventure je saigne trop, elle pose sa main sur mon cœur et ce dernier n’a plus peur. Je saigne juste ce qu’il faut depuis trois mois. J’ai toujours du mal à cicatriser, mais avec l’aide de Mirabelle, je n’ai plus à me protéger d’aimer.

Nadia Bourgeois

LA PHARMALIVRE

La pharma livre

Il arrive parfois qu’une lecture vous transcende, transforme votre journée ou votre vie.
Je tiens une petite librairie, impasse de la métaphore. Chez moi, ça sent le sous-texte, le café et le papier recyclé. Tous les soirs entre chien et loup, je reçois des inconnus de passage en quête de sens. Je répare les âmes troublées, les esprits tourmentés, les gens en quête d’univers singuliers, d’un peu d’amour à partager. Je les invite à s’asseoir sur le vieux canapé club en cuir hérité de ma grand-mère, entre les tables et les rayonnages surchargés de livres et cueille les confidences tardives. Je leur offre un café et j’écoute les battements de leurs cœurs, leurs rêves saturés d’un quotidien trop usé. J’entre dans leurs désirs les plus secrets, dans la dentelle délicate de leur iris fatigué de vivre ou blasé par la médiocrité. Là, sur la pointe du soleil couchant, je livre mon diagnostic et délivre une ordonnance de mots en décoction,  des citations en cataplasme et des nouvelles fraîchement pressées. J’investis la pensée de l’auteur et ma voix s’élève en volutes de murmures au contact des phrases ; j’accélère le rythme, recommande un chapitre, un titre. Les traits d’humour ou mots d’esprit fusent. Le patient se redresse, la poitrine soulevée par un soupir d’aise.
Il ressort de chez moi avec un petit sac de pensées d’Honoré de Balzac ou Dostoïevsky, Tolstoï, Kafka, Camus, Vian et tant d’autres encore ! De l’espoir en feuillets. Chez moi, on y entre seul, mais on en ressort toujours bien accompagné et on y revient toujours.

Nadia Bourgeois

« Comment trouver un homme assorti à son sac à main »

 

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« Comment trouver un homme assorti à son sac à main » Nadia Bourgeois

La magie de l’amitié et de la rencontre

Aujourd’hui est un jour un peu spécial. Je suis avant tout auteure fiction, mais il y a quelques temps de cela, j’ai écrit un guide pratique intitulé  » Comment trouver un homme assorti à son sac à main ».  Un ouvrage qui part de l’hypothèse que l’on devrait choisir son partenaire comme on choisit son sac à main. Le sujet est traité avec humour, mais n’est pas dénué d’un fond sérieux puisque j’ai interrogé une centaine de femmes sur le sujet.

C’est une invitation à la réflexion au sujet de cet indispensable accessoire qui nous accompagne tous les jours, ce fidèle compagnon qui répond à tous nos besoins.

Mon amie auteure Elisa Tixen m’avait encouragée à l’envoyer à des éditeurs, mais j’hésitais. Entre temps, en avril 2016, j’ai fait la connaissance d’une autre jeune auteure, Alexandra Le Dauphin avec qui j’ai échangé  à l’occasion d’un événement auquel nous avions été conviées par une amie commune, Laurence Marino également auteure. Il s’agissait de faire partie du jury d’un concours qui devait récompenser le travail artistique littéraire de jeunes volontaires à l’insertion à l’ EPIDE de Bordeaux. Ils devaient produire un texte, une vidéo ou tout autre support mettant en scène dix mots.

Nous avons sympathisé avec Alexandra et évoqué nos écrits. J’ai alors envoyé mon manuscrit à la maison d’Edition La boîte à Pandore dont elle m’avait donné les références et j’ai eu la chance de recevoir leur proposition de publication.

Nous sommes le 10 février et hier, j’ai été interviewée par Jean Michel Plantey de France bleu gironde au sujet de la sortie papier du guide prévue le 16 février et disponible sur  les sites de Mollat, la FNAC, Cultura, Espace culturel Leclerc, Amazon, etc…

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L’interview sera diffusée à 12h00 ce jour dans l’émission intitulée Place des grands hommes et disponible en podcast ensuite. Je suis heureuse de partager cet événement avec vous à quelques minutes de la diffusion en direct et je voudrais mettre à l’honneur et remercier ces amies qui ont rendu possible cette belle aventure.

 

 

Papillons Blancs

Envolez-vous sur les ailes blanches des papillons du poète Manach

Vertige de l'Oiseau

Papillons BlancsIllustration of the Poem [ Artist ]Laurie Kaplowitz

Frise fleur blanche 30-1

Papillons Blancs

Vers les lieux de solitudes intérieures
S’enfuit en fins cristaux bleutés
De l’herbe humide
La brume sublime du matin patient.
Mystère d’un nuage au plus près de la terre
Soulagée par le départ des flots de l’ailleurs
La  Nature fragile au vert insouciant
Se révèle au regard du poète timide.

Allongé depuis des heures dans la verdure
Une épine du rosier plantée dans la main
J’ai l’œil rempli d’avoir contemplé ton jardin.
C’est fort doux quand ton cœur
M’y retrouve en bordure.
Nul ne peut séparer de mon cœur ton jardin.

L’univers du papillon blanc est immortel
Au travers du rayon des nuits
Étincelantes
Y a-t-il lieu pour moi de rêver encore ?
Si longuement dans le corridor lumineux
J’ai avant que tu ne t’endormes sur l’autel  
Effleuré les lignes ondulées de ton corps
Pour mémoire de…

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Andrew McPhail, métamorphoser ses blessures

Métamorphose : le mot « métamorphose » vient du grec morphè (forme) et du préfixe meta (qui exprime un changement) : passage d’un état à un autre état.

La métamorphose résulte parfois d’un cheminement artistique visant à panser des blessures, d’un désir de sublimer la douleur. C’est le cas de l’artiste séropositif, Andrew MCPHAIL dont les créations reposent essentiellement sur l’acceptation des épreuves difficiles que la vie nous inflige.
Son œuvre, «All my little failures », (tous mes petits échecs) représente une burka réalisée entièrement à partir de pansements, inspirée par un fait divers sordide survenu en Ontario. Une jeune fille qui ne voulait pas porter le hijab à l’école a été assassinée par son père.
Andrew accomplit des performances de rue aux cours desquelles il porte cette burka et distribue des pansements aux âmes en peine.
A la question : Quelle est la signification de « all my little failures »?
Il répond : « Pour moi, cette œuvre renferme de nombreuses significations qui se sont accumulées avec le temps et, j’espère que le public les saisit. Elle aborde principalement le fait d’être couvert et dissimulé, mais en même temps, le fait que la façon dont on se cache attire l’attention vers soi et nous rend extrêmement visible. J’ai superposé cette notion aux personnes vivant avec le VIH et au fait que si je ne disais pas que je suis séropositif, on ne le devinerait probablement pas. Un voile peut à la fois cacher et révéler — un peu comme les aspects de la vie avec le VIH et les divers degrés que l’on peut révéler en public ou non ».

Je suis très touchée par les démarches artistiques semblables à celles d’ Andrew McPhail. La créativité, la sublimation, la transfiguration du réel ont quelque chose à voir avec la survie.
Cela ne revient-il pas à dire : Toutes ces blessures, ces fragments fragiles, ces bouts de moi, sont un coin d’histoire, un rempart contre l’oubli, l’effacement ?
Avez-vous songé à vos propres métamorphoses ?

Site de l’artiste : http://www.andrewmcphail.com/all-my-little-failures.html
Extrait de l’interview : http://www.catie.ca/fr/visionpositive/ete-2012/art-posiif-peau

Voeux 2017 : Le lampadaire qui voulait entrer dans la lumière

« J’aime le réel lorsqu’il est transfiguré avec une attention particulière »
Blaise Cendrars

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factoryb.com artiste Brandon Stahlman

Voeux 2017

Une page est tournée, mais l’histoire continue. 2017 est un pas de plus dans l’histoire de l’humanité et c’est nous qui l’écrivons. Je vous souhaite de trouver, si ce n’est déjà fait, ce sens à votre vie qui éclaire votre chemin et vous donne envie de vivre chaque jour pour créer, transcender et sublimer, tels des magiciens, ce quotidien dont nous devrions voir toute la richesse et prendre soin. Je vous souhaite une excellente année 2017 et une bonne lecture.

Le lampadaire qui voulait entrer dans la lumière

J’ambitionnais de me muer en lampadaire pour transcender l’univers, lui apporter ma lumière.
Lorsque je fus fin prêt et tout illuminé, je me tenais droit et fier, enraciné dans le bitume amer.
Eclairer les passants égarés dans l’obscurité, donnait à mon existence un certain sens de l’humanité.
Sensibles à mon éclat, ils relevaient la tête pour me saluer, me féliciter de leur montrer le chemin. Profitant de la clarté, ils se laissaient aller à musarder avant de rejoindre leur foyer.
Oubliant la fatigue de la station debout prolongée, je m’enorgueillissais de ces célébrations, gonflait mon ampoule de toute ma vanité, poussais l’excès de zèle jusqu’à les illuminer même en journée.
Les jours passaient et les passants aussi, hâtant le pas devant moi ; relevant la tête puis ne la relevant plus, jusqu’au jour où je ne vis plus que le bout de leur chapeau, émergeant du col de leur manteau.
J’avais beau briller de toute mon intensité, aucun regard ne trompait le trottoir.
Alors, je me mis à clignoter, grésiller de désespoir, puis m’éteignis. Un chien vint pisser à mon pied.
Le lendemain soir, enveloppés par la pâle bienveillance de la pleine lune, les passants pressés déambulaient devant ma dépouille sans sourciller et le surlendemain, dans la nuit épaisse, quelqu’un releva la tête, puis un autre et un autre… Il leur manquait quelque chose, mais quoi ?
– C’est le lampadaire, dit l’un d’eux.
– Il faut absolument appeler la mairie pour le signaler et le remplacer. Répondit un autre.
– Les lampadaires ne sont pas fiables, dit un dernier. Ils nous lâchent sans crier gare quand nous avons le plus besoin d’eux.
J’eus un sursaut, un élan de survie, je m’allumais, clignotais, grésillais, puis m’éteignis tout à fait.
Les passants haussèrent les épaules dans un soupir, puis comme tous bons passants qui se respectent, passèrent leur chemin.
Une personne cependant revint sur ses pas, posa sa main sur mon mât et souffla :
– Tu me manques, j’espère que tu reviendras.

Nadia Bourgeois