Archives de Catégorie: sociologie

L’art conceptuel ou la métamorphose d’un être.

J’évoquais précédemment de chemin et les digressions en cours de route sont parfois très enrichissantes. Je faisais hier soir une recherche sur l’anthropométrie d’ Yves Klein lorsque je suis tombée, au cours de mes clics-errances, sur l’artiste Marina Abramovic.
Cette rencontre a supplanté mon intérêt pour Klein. Qu’il me pardonne, je souhaite aujourd’hui partager avec vous sur elle.

Marina Abramovic, née le 30 novembre 1946 à Belgrade, est une des plus grandes artistes « performeuses » du courant artistique Art corporel. Durant plus de trente ans, elle inflige à son corps des tortures comme la flagellation, la congélation de parties de son corps sur des blocs de glace, etc… en présence d’un public.
A travers ses actes et son regard, elle interroge notre part la plus sombre et dépasse ses limites. Se rendre maître de son corps, devenir sa propre expérience. Marina a tourné dans une vidéo où elle se coiffe en répétant « art must be beautiful, artist must be beautiful. » Elle se brosse au départ normalement et peu à peu, ses gestes deviennent saccadés, violents et entre dans une sorte de transe hypnotique, répétant sans cesse cette litanie « Art must be beautiful ».
Montrer plutôt que dire ? Que veut-elle dire ? Est-ce seulement de l’ego, du nombrilisme, de la folie ou un message artistique ? Elle a parfois poussé le vice jusqu’à mettre son corps en danger et seules les interventions du public l’ont tirée d’affaire. Jusqu’où l’être humain est-il prêt à aller dans la passivité avant de réagir à la souffrance lorsque celui ci est mis en scène dans un cadre artistique ? Jusqu’ où va la liberté d’un individu et où sont les limites du supportable ? Sa démarche, vivement critiquée dans les années 70, l’entraîne jusque dans un hôpital psychiatrique. C’est là l’objet d’une véritable étude sociologique et psychosociologique qu’elle mène à sa façon. L’empathie n’est-elle qu’un artifice lié à un contexte précis ?

Poussée par la curiosité, j’ai visionné des vidéos sur ses performances et j’ai été interpellée, comme happée par le personnage. Plus encore que la performance elle-même, c’est ce qu’elle est capable d’insuffler au public qui me retient à elle. Les regards sont en suspension léthargique et une véritable connexion s’établit peu à peu. Cela vaut le détour. Certaines de ses actions peuvent interloquer, voire choquer. On pourrait y voir là de l’exhibitionnisme… Toujours est-il qu’elle interroge et qu’elle n’est pas seulement un objet qui s’offre aux regards des autres mais elle porte elle-même un regard sur les autres qui oblige à regarder en nous. C’est comme une sorte de transe collective.

La vidéo est longue et si vous n’avez pas le temps de tout visionner, je vous recommande de regarder un morceau de ces « seven easy pieces » à partir de 18 mins et d’attendre pour voir la progression. Observez ce qui se passe, c’est troublant. Cela vous prendra quelques minutes à peine.

 

Misère souterraine

Après l’underground Pakistanais, je vous propose de découvrir un underground moins rock’n roll.

Las Vegas : Grandeur et décadence de la ville lumière.
Avec son clinquant et ses paillettes, elle a tout d’une grande. Côtoyée chaque année par des millions de touristes attirés par l’univers du jeu, et de stars qui viennent ajouter à l’éclat et au mythe de la belle du désert, Las Vegas c’est aussi des milliers de sans abris qui vivent comme des rats sous les casinos et les hôtels luxueux, dans les galeries souterraines qui traversent la ville et s’étendent sur plus de 300 kms.

On bascule alors dans un tout autre univers où se joue la survie. Bien souvent, ces hommes et ces femmes, condamnés à errer dans ces couloirs sombres, ont été croupiers, touristes ruinés ou encore homme d’affaire. Ils ont touché le fond au sens propre comme au figuré et vivent à l’abri des regards, pour ne pas éclabousser les nantis de leur misère.
Ces centaines de sans-abris tentent d’aménager de petits espaces faits bric et de broc dans ces bouts de tunnels sordides et humides.

Nous ne sommes pas dans un film de science fiction dystopique comme Métropolis, mais nous n’en sommes pas loin.
J’ai de plus en plus de mal à supporter l’idée que l’homme puisse être aussi indiférent à la détresse humaine.
Un reportage qui fait réfléchir.

Le film « Les chats persans. Un hymne à la liberté

Les chats persans

Avant de parler du film, je voudrais évoquer l’histoire de la Balalaïka en introduction à ce qui va suivre :

Balalaïka : sources wikipédia.
La balalaïka (Russe : Балалайка) est un instrument de musique à cordes pincées russe. C’est un luth à manche long à la caisse typiquement triangulaire. Le mot balalaïka vient du russe balakat, qui signifie bavarder, plaisanter, taquiner.
Elle se joue avec un plectre et se décline en plusieurs tailles. La plus courante, la prima, comporte trois cordes, deux accordées en mi et la troisième en la. Elle est souvent associée aux orchestres de balalaïkas.
Quand en 1648, le tsar de Russie Alexis Mikhaïlovitch décréta par un édit l’interdiction de jouer d’un instrument ou d’en posséder un, tous les musiciens, troubadours et bardes furent alors persécutés et envoyés en exil, et leurs instruments brûlés. C’est alors qu’apparut la balalaïka, cet instrument de musique très facile à produire. Les premières traces écrites de son existence remontent à 1688, quand des gardes du Kremlin, alors forteresse de Moscou, ont arrêté deux serfs ivres jouant de la balalaïka. Par la fureur que provoquait cet instrument, le tsar n’eut pas d’autre choix que de dissoudre l’édit et de faire revenir la musique dans les traditions russes.

On est en 2014 mais certaines choses n’ont pas changé. La dictature, la politique de la peur qui muselle les esprits libres est toujours d’actualité dans certains recoins de la planète.
Je voudrais mettre à l’honneur le film de Bahman Gohbadi. Ce réalisateur a tourné ce film en toute clandestinité à Téhéran, avec sa co-scénariste et fiancée, Roxana Saberi. (Cette dernière a été emprisonnée durant quatre mois et n’a pu assister au festival de cannes à l’occasion de la sortie du film en 2009, parce qu’elle a été libérée seulement la veille). Le fim a remporte le prix « un certain regard », au festival.

Quand la musique est jugée subversive et devient l’opium de toute une génération d’opprimés, quand on brise les ailes d’un papillon, il reste une chose ; un cri. Un cri d’indignation, de résistance et d’amour !
Longue vie à ces héros qui sont capable de pousser un cri suffisamment fort et loin pour qu’il soit entendu jusqu’à l’autre bout de la planète. Il ne reste plus qu’à souhaiter que la musique indé. Iranienne connaisse la même fin heureuse que la Balalaïka

Le film :
Dans un pays où la musique occidentale est jugée impure, la jeune Negar et son ami Ashkan, veulent monter leur propre groupe de musique indépendante. Pour réaliser ce rêve, la seule solution possible est de quitter le pays. Aidé du jeune Nader, qui est infiltré dans le milieu underground, ils partent à la recherche de musiciens qui souhaitent partager ce rêve et se faire connaître à l’étranger. Mais comment faire lorsqu’on a pas d’argent et pas de passeport ?

Le sac à main est une identité remarquable

J’ai fait part de mon intention de traiter le sujet à une amie qui m’a dit avoir entendu d’un livre qui parle du sac à main des femmes. Je l’ai cherché et j’ai trouvé. Il s’agit du livre du sociologue, Jean Claude Kaufmann sur « le sac, un petit monde d’amour », que je suis en train de lire.

 

J’y ai trouvé des éléments très intéressants pour mon étude. Il s’appuie sur des témoignages de femmes qui ont accepté d’en livrer leur contenu,  « de vider leur sac » comme le veut l’expression. JC Kaufmann tire des conclusions de cette étude.

«  Véritable reflet de soi, il est le témoin des angoisses et des désirs de chacune. Loin d’être un simple accessoire de mode, le sac est donc un lieu où se crée l’identité des femmes et où se révèle leur rôle social ».

Je partage entièrement cette idée. On ne choisit pas un sac à main à la légère.

Cette projection se réalise tant sur le point de vue externe qu’interne. Il doit correspondre à des attentes bien précises. C’est comme une rencontre qu’elle soit coup de cœur ou raisonnée.

Je considère qu’il est l’objet antinomique par excellence puisqu’il est l’accessoire indispensable aux yeux de la majorité des femmes.

C’est un choix qui mérite réflexion et il existe même des forums où les femmes échangent sur le sujet. Elles sont capables de dépenser une énergie et des sommes folles pour obtenir le sac à main de leurs rêves. L’acquisition d’un sac à main est la volonté de combler un besoin, un désir féminin conscient ou inconscient.
J’ai même trouvé un livre sur le sac à main.

J’ai découvert au cours de mes recherches que les industriels de l’automobile  ne sont pas dupes et scrutent vos sacs à main à la loupe pour connaître vos besoins et vous proposer le modèle qui correspond à vos attentes. 
Cela à a donné naissance à la keyfree de Ford Fiesta. Jugez par vous même en allant sur ce lien.

http://news.autoplus.fr/news/1447078/Perte-Cl%C3%A9s-Publicit%C3%A9-Ford-Fiesta

 

 

L’écoute de l’autre

Ces derniers jours, j’ai vécu des émotions très fortes. J’ai subi une situation très désagréable et l’émotion en réaction à cette situation a été très violente. Je me suis sentie submergée par elle au point de ne plus pouvoir penser à autre chose. En écrivant cet article, j’en ressens encore la manifestation physique aujourd’hui.

Parce que cette émotion s’est transformée en sentiment d’être incomprise, flouée.

Et quand un sentiment s’installe suite à une vive émotion, il est difficile de s’en défaire.

J’ai tenté d’analyser pourquoi j’étais dans un tel état de mal être et d’en faire part à la personne concernée par cette situation.

Malheureusement, j’ai eu la sensation de ne pas être écoutée, que le partage de ce vécu, ce ressenti, a été pris comme un caprice et le fait de minimiser cette émotion, de la balayer comme une fausse interprétation m’a renvoyée moi et mon problème dans un coin.

Je pense que je me sentirais mieux aujourd’hui si j’avais eu une écoute attentive et une prise en compte de cette charge émotionnelle par de l’empathie ; oui,  j’aurais un sentiment différent aujourd’hui. Je sais que je ne serais apaisée que lorsque cette personne aura fait l’effort de réellement comprendre ce que j’ai à lui dire.

Cela m’a renvoyée à tant de choses. Les enfants à qui l’on dit tais toi lorsqu’ils souhaitent exprimer leur insatisfaction ou bien les gens que l’on muselle lorsqu’ils souhaitent manifester leur désaccord, à qui l’on oppose un refus. Ces personnes à qui l’on dit c’est comme ça et pas autrement.

Il se développe ensuite un sentiment d’injustice tellement fort qu’il cède la place à la colère.

Et la colère entraîne ensuite une réaction négative lorsqu’elle n’est pas violente. Elle peut même se retourner contre celui qui l’expérimente parce qu’elle est insupportable et que c’est la seule réponse qu’elle ait trouvé pour la faire taire. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu un tel bouleversement.

Ce qui m’a manqué, c’est l’écoute et la réception de ma souffrance par l’autre personne.

Le simple fait de prendre en considération la parole de l’autre, faire preuve d’empathie et tenter de la déchiffrer rendre plutôt que de tenter de convaincre l’autre qu’elle se trompe est déjà un grand pas vers la compréhension, l’empathie.

Je suppose que vous avez tous vécu cela au moins une fois dans votre existence. Je suis même sûre à vrai dire que cela vous est arrivé plusieurs fois, n’est-ce pas ?

Je disais dans un  article précédent que je lisais Krishnamurti. Je viens de finir le sens du bonheur où il fait,entre autre, allusion à l’écoute, cette réception de ce qui nous entoure et de l’autre sans à priori, qu’il est si difficile de mettre en place.

« Ecouter pour découvrir est différent d’écouter pour avoir confirmation de ce que je pense déjà ».

J’ai lu également un livre qui s’intitule « t’es toi quand tu parles », de Jacques Salomé, psychosociologue, spécialiste de la communication.

Cette phrase a une réelle résonance en moi en ce moment.

Il dit ceci en préface :

« Parler peut nous  entraîner à vivre deux risques majeurs. Le premier, la déception (qui peut se transformer en blessure) de ne pas être entendu, le second de se confronter à une désillusion, celle de découvrir l’immense fossé qu’il y a entre ce que je dis et ce qui est perçu par l’autre ».

« Il ne suffit pas de parler pour être entendu… Encore faut-il que le parlant et l’écoutant puissent se donner les moyens de créer les conditions d’un partage et d’un échange fondé sur la réciprocité ».

Je vous invite à découvrir ces auteurs si ce n’est déjà fait.

Liebster Award

J’aimerais dire un petit mot sur Sandra, qui est à l’origine du blog la révolution intérieure.

C’est une fille super sympa avec un blog très dynamique, intéressant et enrichissant. Je vous conseille de lui rendre visite, vous ne le regretterez pas.http://larevolutioninterieure.com/

Elle m’a fait l’honneur de me nommer au Liebster Award et propose de participer à un jeu qui  comporte certaines règles. A vous de les respecter ou pas. J’ai répondu à ce jeu amusant mais vous êtes libres de participer ou pas.

Un petit rappel des règles du jeu : 

  • I. Chaque personne doit écrire 11 faits sur soi
  • II. Répondre aux questions que la personne qui vous a tagué a posté et créer 11 questions destinées aux personnes que vous allez taguer
  • III. Choisir 11 personnes et mettre un lien vers leur blog dans votre post
  • IV. Les en informer sur leur page
  • V. On ne peut pas taguer la personne qui vous a tagué !

Les personnes que j’ai nommées :

http://verdieranael.com/

http://longbull13.wordpress.com/

http://lesecritsvains.com/

http://bandedelitteraires.wordpress.com/

http://www.donikse.fr/

http://jeanpaulgalibert.wordpress.com/

http://urgenius.wordpress.com/

http://psychomademoiselle.com/

http://greennorden.wordpress.com/

http://motsdechris.wordpress.com/

https://poetetixoid.wordpress.com/

Mes 11 questions :

  1. Quelle est votre philosophie ?
  2. Si vous étiez un pays, lequel seriez vous ?
  3. Une époque ?
  4. Un personnage ?
  5. Si vous deviez prendre un seul livre, lequel choisiriez vous ?
  6. Quel film ?
  7. Votre rêve le plus fou ?
  8. Comment voyez vous le monde dans 100 ans ?
  9. Qu’est-ce qui vous horripile le plus ?
  10. Rêveur ou terre à terre ?
  11. Quelle serait votre plus belle fantaisie ?

 

 

 

 

les enfants sorciers

Les croyances qui arrangent et qui dérangent.

Nous avons tous des croyances. Qu’elles soient d’ordre religieux, politique, philosophique, ect…personnelles ou collectives, elles influencent positivement ou négativement nos actions.

Nous sommes mus par nos croyances et nos convictions sont le fruit d’une transmission ancestrale ou nouvellement acquise.

Tour à tour, elles entretiennent nos peurs, nos doutes ou à l’inverse, nous rassurent.

Nombreux sont ceux qui consultent leur horoscope avant de démarrer la journée, qui croient que Dieu existe ou qu’il n’existe pas. Que les blancs sont supérieurs aux noirs.

Nombreux sont ceux qui croient aux superstitions et nombreux sont ceux qui les exploitent.

Les croyances évoluent en fonction des sociétés dans lesquelles nous vivons. Celles des populations dites « civilisées » ne sont pas identiques à celles des populations dites « primaires ».

Les progrès scientifiques et les changements de contexte politique économique et social d’une société, modifient ces croyances.

Bien souvent, elles reposent sur la peur.

Voici une liste non exhaustive : le rituel sacrificiel, les rites, les offrandes, les prières, les oracles, les guerres, la charité…

Ces croyances sont le fait d’une pensée collective qui rapproche les êtres. Les convictions personnelles sont en opposition avec la majorité mais rejoignent d’autres convictions partagées par une minorité.

Dans le cas d’un individu dont la croyance n’est partagée par personne, l’unicité de sa croyance l’isolera au point qu’il passera aisément pour un excentrique ou pour un fou.

Je voudrais attirer l’attention sur les croyances qui sont le fait d’un consensus économique et font basculer l’humanité dans l’horreur.

J’aimerais vous parler des enfants sorciers de Kinshasa au Congo Démocratique Libre.

Voici un pays où la misère est telle que les parents rejettent leurs enfants sous prétextes qu’ils sont possédés. Ils les décrètent sorciers et les jettent à la rue. Cette croyance entretient la création en parallèle de cabinets d’exorcistes qui fleurissent et profitent de ce marché juteux. Cette croyance repose sur le contexte économique du pays et permet aux adultes de se défaire de la responsabilité de nourrir leur famille. On se débarrasse des problèmes.

Il est vrai que ce comportement n’est pas propre au Congo et n’est pas tout à fait nouveau.

Dans l’antiquité, les enfants étaient considérés comme des non citoyens. Le mot enfant en latin signifie : « celui qui ne parle pas ». Les enfants étaient considérés comme dénués d’esprit et il fallait les dresser. On emmaillotait leurs corps pour qu’ils ne bougent pas.

A l’inverse, au moyen âge, les enfants sont considérés comme de petits hommes qui doivent travailler très tôt et que l’on considère comme de petits diables, des esprits mauvais. Ils sont réduits à l’état d’objet. Ce sont des périodes éloignées et notre perception de la place de l’enfant chez les sociétés dites évoluées, a énormément changé grâce à l’éclairage de philosophes, sociologues et scientifiques.

Les croyances sont des masques qui justifient souvent les mauvaises actions qu’il faut dénoncer lorsqu’elles font mal.

Elles arrangent lorsqu’elle dédouanent l’état d’une intervention quelconque.

Dénoncer la pauvreté et apporter de l’aide serait une attitude plus appropriée, plus humaine, non ? Nous n’avons plus la capacité à réagir. Nous regardons le monde se déliter sans rien dire.

Comme dirait Stéphane Hessel,  » indignez-vous !  »  Refusons d’accepter les croyances que réduisent l’homme à l’état de bête.

les enfants sorciers