Archives de Catégorie: Ella Katoudir

Nouvelle Ella Katoudir episode5

Je lui ai fait le coup de la carte postale maison pendant qu’il dormait la tête en arrière, la bouche ouvert avec une main posée sur la poitrine et l’autre pendante. On aurait dit un enfant avec ses boucles brunes et sa peau hâlée. Il avait un je ne sais quoi de touchant. Ca me remuait le short mais il fallait que je parte. Je pouvais pas me permettre le luxe de pousser plus loin l’analyse sur canapé. Je m’étais allongée mais mon compteur Freudien s’était bloqué sur la case actes manqués.
« J’ai passé un bon moment, merci pour tout ; la bombance et la nuit sous la pluie d’étoiles étaient d’enfer. »
Quand je suis sortie de chez lui, j’ai vu les deux mégères fidèles à leur poste sur le banc. Je me suis dirigée vers elles et je leur ai raconté quelle bonne nuit j’avais passé.
– Vous devriez essayer. Il est très confortable…
Elles ont fait leur mijaurée. Je me suis marrée parce que ça faisait déplacé à leur âge. Elles auraient dû sourire rien qu’à l’idée que ça pourrait leur arriver encore. Mais bon…
J’avais pas pour ambition de me lancer dans le service à la personne. J’étais tellement occupée par la mienne… J’ai pris mon sac et j’ai stoppé dans la rue principale sous la cagnard.
J’ai pas eu le temps d’attraper une insolation. Une voiture rouge coupée sport s’est arrêtée pour me prendre à son bord.
A l’intérieur, il y avait un mec coupé dandy. Il a retiré ses lunettes de soleil, a planté ses yeux dans les miens et m’a demandé :
– Je vous dépose où ?
– Au gré du peu m’importe pourvu que ce soit ailleurs. Vous savez si c’est loin ?
Il a souri, remis ses lunettes et je suis montée en jouant les starlettes sans oublier de donner en souvenir mon capot aux ragoteuses de Trouduk qui ne perdaient pas une miette de la scène et j’ai jeté un dernier coup d’œil à la crèche à Balthazar. Je repensais à ses bras chauds qui m’avaient enserrés la nuit dernière et le long hiver que j’allais affronter sur cette route dans ma quête de l’impossible, mais fallait que je m’arrache. Bouge de là. Comme dans la chanson d’ MC Solar. J’ai eu un pincement au cœur, mais comme on dit : « The show must go on ».
Ken s’est tourné vers moi et m’a fait un large sourire. Il était plein de dents. J’avais l’impression qu’elles faisaient une tentative d’évasion. J’ai répondu en cachant les miennes. On n’était pas assez intimes pour ça. Puis, je le trouvais un peu synthétique. Il avait le regard en mode persienne et son visage avait une teinte ultra violet. Bref, il devait passer plus de temps devant le miroir que devant un bouquin celui-ci. S’il m’entendait penser, j’en rougirais. Quelle ingrate je fais !
Y a pas. J’avais beau tenter de me raisonner, je pouvais pas m’en empêcher. J’avais les mirettes à 180 ° et je surveillais ses mains qui quittaient le volant.Tandis que l’une papillonnait dans ses cheveux, l’autre réglait le rétroviseur.
– Ca vous gêne si je mets de la musique ?
– Je vous en prie, faites comme si.
Vous le croirez pas. Il a appuyé sur un bouton et là, stupéfaction suprême, tempête dans le hit-parade, il m’ a mis du Claude François ! J’ai harponné la poignée de la portière et deux dents suicidaires se sont lancées dans le vide de ma bouche tétanisée par l’horreur.
– Vous aimez Cloclo ? Je trouve qu’il a révolutionné le paysage audiovisuel français avec ses déhanchés et ses danseuses. Il s’est mis à fredonner :
– Voile sur les filles, barque sur le Nil ! Tou dou dou dou !
– Au secours ! Criais-je en silence. Je suis entrée dans une transe d’étanchéité spirituelle et j’ai pratiqué les exercices de respirations apprises à mes derniers cours de yoga. Il a dû prendre ça pour de l’excitation.
– Vous êtes en voyage ?
– Non, je me rends à un enterrement. J’espère arriver avant la mise en bière.
– Ah… Ca l’a refroidit sec le Ken. Il a éteint la radio et j’ai cru qu’il allait me passer un requiem. J’aurais dû me douter que la compassion c’était pas son fort.
– Dans ces moments là, ça fait du bien de se lâcher. Allez-y, qu’il m’a dit. Si vous voulez parler ou pleurer, je comprendrais tout à fait. Tenez, y a une aire de repos, juste là. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le coupé dandy a fait un écart en équerre et nous voilà propulsés dans la twilight zone en moins de temps qu’il n’en fallait pour le subir malgré mes protestations, supplications et tout ce qui finit en « tion ».
A suivre ou pas.

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nouvelle Ella Katoudir épisode4

J’ai pas eu le temps de répliquer. Balthazar, le roi de la bagarre est arrivé et l’a empoigné par le col. Il l’a fait dégager du comptoir et lui a collé un pain dans la gueule. Stan était sonné mais quand il a reprit ses esprits, il a foncé sur Balthazar et il a hurlé.
– Tu cherches la merde, comme qui dirait.
Balthazar n’a pas répondu. Il a juste esquivé l’attaque et lui a allongé un autre direct.
Stan s’est écrasé au sol, face contre dalle comme une décalcomanie.
Quand on a quitté le bar, tout le village était là. Ca transpirait le malaise et ça puait la haine dans le sérail.
– Elle est pas sitôt arrivée l’estrangère qu’on a déjà des problèmes ! Marmonnait une ménagère en tablier à carreaux.
– Y a qu’à voir comment elle est attifée ! C’est le diable cette fille là.
– Faut la chasser d’ici. Fulminait une autre. Elles jouaient du balai pour nettoyer devant leur porte ou pour rabattre les maris volages à l’intérieur.
J’ai pris un chewing-gum de la poche arrière de mon short et l’ai mâché suffisamment vite pour faire une grosse bulle que j’ai laissé éclater sur mes lèvres. Les pauvres farmers étaient à l’agonie. Ils savaient plus ou donner de la mauvaise foi. Ils juraient avec leurs poules tout en se bousculant pour apercevoir un bout de cuisse tandis qu’on retournait au bercail, Balthazar et moi.
– T’es un peu voyante comme fille. Faut pas traîner dans les bars comme ça. Ca se fait pas dans le pays. Tu vas rester bien gentiment ici et me raconter d’où tu viens. T’es de la ville ?
Je l’ai regardé avec un sourire narquois et je me suis assise.
– Qu’est-ce que ça peut te faire ? Demain je serai plus qu’un souvenir. Ca vous fera un sujet pour les journées où vous vous ferez chier. M’est avis que ça doit souvent vous arriver.
Balthazar m’a rétorqué que j’étais aussi coincée que les gens du patelin et que si je cautionnais pas l’atmosphère, je pouvais toujours aller à pied jusqu’à la sortie du village pour stopper. Les routiers sont sympas qu’il m’a dit.
Ca m a coupé net. C’est vrai que j’avais fait ma bourgeoise avec lui. J’avais pété plus haut que mon short et je m’en voulais. J’arrête pas de me la jouer avant-garde, genre je touche pas aux ringards c’est pas ma came, mais j’étais qui dans le fond ? Balthazar il avait un toit bien à lui alors que moi, j’avais même pas de quoi m’offrir une bagnole. J’ai regardé le fond de ma conscience et j’en ai lu une page. Ca m’a remis d’aplomb et pour ambiancer la soirée et faire œuvre de repentir, je l’ai aidé à cuisiner un morceau de barbaque façon terroir avec les légumes de son jardin et je dois dire que les tomates, elles avaient du caractère Elles sentent pas pareil que dans les supermarchés. Elles étaient chaudes et juteuses à souhait. Et sucrées avec ça ! Et le poulet, du délire ! Il n’avait pas la même consistance non plus. Tu lui arrachais pas la cuisse sans sa permission. Fallait jouer du bistouri pour lui retirer le « sot l’y laisse ». C’était pas du poulet de batterie, c’est sûr. Balthazar, il avait de bonnes manières. Rudes, certes, mais bonnes quand même. Il s’est intéressé à moi et m’a posé des tas de questions que j’esquivais poliment en les lui rendant. Je ne pouvais pas lui raconter, non, il ne comprendrait pas. C’était impossible à comprendre. Je savais que je devrais traîner mon paquet de conscience sous le bras, seule, un bon bout de temps. J’avais une chose à faire et rien ni personne, pas même Balthazar, ne pourrait m’en détourner. Et puis, j’étais plus d’humeur à échanger mon flux corporel que mon flux interne. Question de pudeur. Je vous entends déjà dire :
« Ah, ouai d’accord. On me la fait pas à moi ». C’est si compliqué que ça à comprendre ?
Mes valeurs sont placées au-dessus de la ceinture.
On a bu du vin qui vient de chez grand-père qui habite sur les coteaux et on s’y rend à vélo. Ouai, je sais ça tient pas sur une étiquette, mais il était fichtrement bon ! Ca m’a grimpé au ciboulot comme le lierre il grimpe au mur et ça m’a inondé les connexions synapsiennes. J’étais trop bien. Je découvrais le sens des vraies valeurs. Un accueil chaleureux et simple, un bon repas avec un mec bienveillant et une nuit à contempler les étoiles et écouter le silence.
En fait, j’étais redescendue au bas de l’échelle de la théorie des besoins et je profitai des bonheurs simples. On prenait le temps et je me suis aperçue que c’était du luxe. En ville, je le monnaye sans cesse le temps. Ici, il s’offrait à moi avec générosité. J’ai couché avec lui pour me faire pardonner. Et puis, il faut bien l’avouer, parce que j’en pinçais un peu pour lui.

Je suis pas douée pour les adieux et puis j’ai pas de mouchoir pour éponger ma tristesse alors le lendemain, je suis partie sur la pointe des pieds.

A suivre ou pas…

nouvelle Ella Katoudir épisode3

Y avait un bar juste un peu avant la halle avec un flipper au-dehors. J’ai franchi la porte et je me suis assise au comptoir. Je me serais crue dans un épisode d’un film de Western quand un étranger aux habits poussiéreux, Santiags aux pieds, pousse les portes battantes du saloon, avance en faisant tinter ses éperons et commande un whisky au comptoir. Tout le monde le dévisage, le pianiste s’arrête de jouer et le barman cesse d’essuyer ses verres. Ouai, silence total. Miss « Alien » est dans la place.
J’attendais qu’un client accoudé au bar dégaine sa winchester et me troue le sternum.
Au lieu de ça, le patron du bar est arrivé en suant comme un porc. On ne peut pas dire qu’il remuait le croupion avec aisance, mais il était rapide ; ses yeux surtout. Je dirais qu’ils sont arrivés sur moi avant lui.
– Bonjour mademoiselle, qu’est-ce que je vous sers ?
Je l’ai reluqué et j’ai lâché un skud.
– Quand t’auras fini de te rincer l’œil, j’aimerais bien une blonde pour me rafraîchir le gosier.
Il a fait un arrêt sur image, la bouche ouverte comme un lecteur D.V.D quand il ne peut pas lire le format. Il avait une gueule de seize neuvième. Il a fait la grimace et il a été me chercher ma bière. J’ai trempé mon doigt dans la mousse et je l’ai léché juste pour provoquer.
Le patron a dégluti et les clients aussi. Un jeune, cheveux longs, blonds filasse s’est approché de moi avec les mains dans les poches. Il s’est assis à côté de moi et a commandé « la même chose que mademoiselle. » Je ne l’ai pas regardé pour ne pas l’encourager mais il avait pas besoin d’invitation.
– Salut la belle. T’es neuve dans le coin comme qui dirait ?
Toujours sans le regarder, j’ai dit lentement.
– Si tu m’avais déjà vue avant, tu serais plus en mesure de me poser la question.
Il a pris un regard amusé et l’a posé si maladroitement sur ses lèvres que ça lui faisait un rictus presque sexy.
– Ah ouai, t’es du genre gros mollets toi comme qui dirait. T’as conscience de ton petit effet.
– A regarder comment ta pomme d’Adam monte et descend, je dirais qu’il est plutôt grand l’effet. Il a souri et il a commandé une autre bière pour moi.
– Je m’appelle Stan et toi ?
– Ella, Ella katoudir.
Il s’est mis à me regarder comme une dinde prête à farcir, s’est approché et a chuchoté dans mon oreille.
– Hmm, tu vas vraiment tout me dire ?
Ella Katoudir
Nadia Bourgeois
A suivre ou pas…

nouvelle Ella Katoudir épisode2

J’ai posé ma conscience sur on le clic-clac et je me suis sentie plus légère.
Pas de tapis rouge, pas de banderole et pas de fanfare. Je me suis installée dans sa maison délabrée, genre « la maison de la mort certaine », le livre d’ Albert Cossery. Vous voyez ?
Non ? Un petit extrait s’impose alors !
« Les habitants d’une bâtisse branlante attendent avec angoisse le moment où celle-ci rendra son dernier soupir et s’écroulera sur leur tête. Le suspens et le désespoir que peut susciter une telle attente, laissent peu à peu la place à une révolte sourde et légitime. » C’est beau, je ne m’en lasse pas. Eh oui, on peut avoir un look de pouf et soigner sa beauté intérieure. Bref, je continue.
Mon arrivée, ça permettait à Trouduk de passer de statut de bourg à celui de village. Ca faisait du bien aux statistiques, ça dynamisait le recensement. Avec mon physique, j’étais la promesse d’une politique de prolifération et à la façon dont Balthazar me regardait, il y avait fort à parier qu’il se projetait dans la reproduction active et sans gênes de ses gênes.
Ouai, je sais, j’adore jouer avec les mots.
J’avais envie de faire un peu de tourisme agricole alors je suis me suis rendue au centre. Baltazar a offert de m’accompagner mais j’ai préféré errer seule.
Tout était organisé autour de la rue principale qui traversait le patelin. Les commerces étaient proches de la halle. Attend, c’était presque la ville ! Deux boulangeries, trois épiceries ! Oui, y avait de la concurrence dans le coin. Une mercerie, une droguerie, une charcuterie, une boucherie et, et…deux bars ! Un pour les vieux, un pour les jeunes. Juste avant d’entrer dans le cœur du village, y avait une grande place avec la mairie et la salle des fêtes. Comme si on pouvait faire la fête dans un coin pareil ! Finalement, je me suis aperçue qu’on pouvait faire la fête partout. Suffit de le vouloir.
On me regardait par la fenêtre. Les rideaux, ça faisait comme une chorégraphie. A des moments, ils se soulevaient, balançaient de gauche à droite et retombaient lourdement sur les carreaux et à d’autres, ils se tenaient en suspension dans les limbes du désir naissant chez les retraités concupiscents, les machos en marcel et les ados pré-pubères.
J’étais l’attraction de Trouduk. J’ai pensé, bienvenue à ploukland ma vieille. J’avoue, je me la suis jouée un peu star hollywoodienne ou Woody Alien. Le péché d’orgeuil. Que Dieu me pardonne. J’ai descendu la rue principale en ondulant de la croupe et en remuant la main devant mon visage pour l’éventer;j’étais en nage. Il faisait une chaleur à crever et le soleil cognait tellement fort que même les murs prenaient des coups de soleil. Mes lunettes noires de mouche faisaient écran entre mon petit moi et celui des autres. Du coup, ça n’a pas fait un pli. Tout le monde a rappliqué dare-dare au dehors.
Vous avez déjà regardé le loup de Tex Avery ? J’étais tombée au milieu d’une meute et les louves montraient les crocs. Elles avaient déjà sorti la laisse et le bâton au cas où.

A suivre ou pas…

nouvelle Ella Katoudir épisode1

Salut, t’es un peu en avance mais entre, je t’en prie, fais comme chez toi. Ca te dérange si je te dis « tu » ?

D’abord, je dois te prévenir que ce ne sera pas long parce que j’ai autre chose à faire et toi aussi sans doute. Alors, juste quelques lignes pour se distraire, ok ?
Je dois soigner ma beauté intérieure et je refuse qu’elle se limite à mettre du vernis sur mes ongles de doigts de pieds !
Faut que je te raconte ! Hier, je me suis arrêtée à Trouduk. Tu connais ? Si, allez, réfléchis. Tout le monde en connaît au moins un. Si t’es passé par là, fais le moi savoir qu’on papote.
Quand tu nais avec une difformité nationale, t’es mal étiqueté et t’es rejeté par la communauté parce que t’as des origines pas nettes. En réalité, c’est comme se méfier de la provenance de la viande que te sert ton boucher. Si t’as pas le label « élevé en plein air », t’as pas l’air bio.
Bref, quand t’arrives à Trouduk, ça sent pas bon l’accueil parce que les gens, ils ont pas l’habitude de recevoir. Et si t’affiches une gueule venue de l’ailleurs, la méfiance s’installe.
Les habitants de Trouduk qu’on appelle les troudu… je sais plus, ont leurs habitudes. Ils se croisent tous les jours pour faire les mêmes choses. Ils se lèvent le matin pour acheter leur journal et leur baguette de pain avant de vaquer à leur tâche, ou leurs vaches, quand ils en ont. Sinon, ils s’en créent une : le ragot.
Le ragot est un sport national à Trouduk. Tu t’installes sur un banc en compagnie d’un inactif comme toi, tu regardes défiler les gens et tu leur tailles un costard au passage. Ca occupe, ça défoule et ça coûte pas cher. C’est une thérapie comme une autre qui permet de s’oublier soi-même.J’en ai un peu usé parfois et j’avoue que quelquefois ça soulage. Que celui qui n’a pas ragoté, que ce soit sur un banc ou ailleurs, me jette la première pierre.

Moi, je suis arrivée dans ce patelin de fin de siècle avec mon paquet de conscience sous le bras et je savais pas où le poser. J’étais là parce qu’un type qui m’avait prise en stop m’y avait larguée lorsque j’avais refusé qu’il tripote ma cuisse. Il m’avait traitée de poufiasse et il était reparti sur les chapeaux de roue. Quand je pense que toute mon enfance on m’a parlé du beau prince charmant qui allait arriver sur son grand cheval blanc !
J’étais là par erreur. Ce village était un interlude, une étape dans ma destination finale.
Je pouvais bien m’accorder une pause. Ca ferait du bien à mon esprit torturé par la détermination. Me détourner un instant de mon objectif, rien qu’un instant.
J’ai remonté la rue principale qui menait aux commerces et j’ai vu deux vieilles assises sur un banc. Elles ont reluqué avec un air désapprobateur mes longues jambes qui démarraient juste sous un short en jean ultra court, sont remontées jusqu’au tee-shirt trop moulant qui comprimait ma poitrine, puis se sont penchées l’une vers l’autre pour se chuchoter quelque chose à l’oreille.
Je me suis approchée d’elles et leur ai demandé où je pouvais trouver une piaule pour passer la nuit. Elles m’ont dévisagée, puis défiant toutes les règles de l’hospitalité, m’ont répondu qu’il n’y avait pas d’hôtel dans le coin. Ah, l’irréductible village de petits gaulois !
Un type plutôt séduisant est sorti de sa baraque et m’a demandé s’il pouvait me rendre service.
Je lui ai expliqué que je cherchais un endroit où dormir avant de repartir et il m’a offert de loger gracieusement chez lui pour la nuit. Balthazar, qu’il s’appelle.
Je lui ai répondu que j’acceptais son invitation à condition de pas partager sa couche. Il a fait une drôle de moue et il a grommelé un oui forcé.
J’ai tiré la langue aux mégères et j’ai outrageusement remué mes fessiers juchés sur des talons trop hauts avant de disparaître derrière la moustiquaire qui bouchait l’entrée de la porte de mon hôte.
A suivre… ou pas !

Nouvelle : Ella katoudir

Permettez-moi de vous présenter Ella Katoudir. Enfin, succintement parce qu’elle l’a déjà fait et mieux que moi. Elle est née pour raconter des histoires comme ça, juste pour le fun.
Elle est un peu envahissante mais surtout ne lui dites pas, elle est un peu caractérielle.
Moi je me dis : Ella Katoudir quand l’envie lui prendra. Pas de règles, pas de régularité, pas d’obligation. Juste le plaisir de partager un moment avec ceux que ça amusera, dans une dimension où la spontanéité sert de monnaie d’échange en absurdie.
Pour les prolongations, cliquez sur Ella Katoudir !

Métamorphose

Chemin de vie :

Précédemment, j’ ai évoqué l’animal totem. Le mien est le papillon, le symbole de la métamorphose. Le temps est venu pour moi de sortir de ma chrysalide pour prendre mon envol, exprimer ce qu’est ma vision du monde. Je l’ose un peu plus chaque jour et je ressens le bonheur intense que me procure l’échange avec les autres bloggers. L’échange ne nuit qu’à celui qui le fuit. J’ai découvert des personnes qui sont des univers à elles seules et moi même, je vis actuellement des moments uniques et intenses. Je viens de passer une excellente soirée en compagnie d’amis précieux et je me sens sereine. J’ai envie d’écrire et d’écrire encore et encore, jusqu’à assécher l’encre de ma plume.

Voilà maintenant deux an que je suis des cours d’écriture auprès d’ Anaël Verdier à Bordeaux http://atelierdecriturebordeaux.com/ . J’ aime noircir du papier et j’ai tellement envie de partager que c’est tout naturellement que je me suis tournée vers cet atelier. Je ne le regrette pas car j’y ai suivi et y  suis encore un  enseignement exceptionnel.  Anaël ne se contente pas de transmettre des techniques d’écriture. Il accompagne les auteurs dans ce processus long et douloureux qu’est l’identité d’auteur en compagnie d’intervenants comme Caroline Cochet http://nouvellesecritures.fr/qui encadre efficacement les synopsis des aspirants écrivains ou encore Denis Tison http://www.versionfinale.org/ dont la bienveillance aide à voir plus clair en soi et en son chemin de vie d’auteur. Je  traverse une expérience exceptionnelle dans laquelle j’ai découvert qu’écrire des histoires, c’est d’abord écrire la sienne. C’est le récit d’une métamorphose.Je mesure à quel point le chemin est long, mais la distance à parcourir ne me préoccupe plus parce que j’ai enfin saisi l’essentiel. C’est le chemin qui est important, pas la destination, parce qu’elle sera de toutes façons, le point de départ d’une autre route. Jane Auel a suivi des cours en atelier d’écriture et cela a donné naissance à la saga, « les enfants de la terre ». Camilla Lackberg, également connue pour son talent dans le polar suédois, aurait suivi, elle aussi, des cours en atelier d’écriture. Si vous aimez écrire mais que la foi,  le courage ou l’inspiration vous manquent, n’hésitez pas à prendre des cours et laissez les mauvaises langues et les fervents croyants vous dire que c’est un acte réservé aux dieux.