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Voeux 2017 Retrospective

Soeur Teresa pinterest

C’est Noël 

C’est Noël chaque fois que vous souriez à votre frère et lui tendez la main
Chaque fois que vous vous taisez pour écouter quelqu’un;
Chaque fois que vous tournez le dos aux préjugés qui relèguent les opprimés aux confins de leur isolement
Chaque fois que vous espérez avec les prisonniers, avec ceux qui sont chargés du poids de la pauvreté physique, morale ou spirituelle
Chaque fois que vous reconnaissez avec humilité vos limites et votre faiblesse.
C’est Noël chaque fois que vous permettez à Dieu d’aimer les autres à travers vous.
(Mère Teresa)

 

 

Une année s’écoule et nous nous apprêtons à fêter noël avec ceux que nous aimons et à tourner une page de notre existence. Chacun l’écrit avec des mots qui lui sont propres. Nous avons l’opportunité d’écrire une belle d’histoire à chaque seconde, à chaque minute de notre vie. Je souhaite qu’elle soit humainement la plus riche possible pour nous tous.

Bonnes fêtes de fin d’année à toutes et à tous !

Nadia

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S.D.F, le droit d’exister

Un sans abri

Dans une pantomime étrange, des faces anonymes décrivent des arabesques d’humilité sur mon passage. Les regards impromptus, les sourires en accent circonflexe de silhouettes fantomatiques de passage, de pas pressés devant ce défilé de bustes humiliés, semblent dire tels des jurés. Coupable, coupable, coupable !
Têtes baissées, le cou en arc, les genoux chevillés au sol, un carton sur lequel un appel au secours est griffonné en toute hâte, un chapeau ou un gobelet en guise de ressource, les mains lestées du poids de la vacuité, ces corps usés, coupables de déchéance se livrent sur la place publique dans le rituel d’une soumission mise en scène. Mais la contagion se craint, s’élude, se contourne, s’évite…Vêtus de transparence, ils n’ont même plus un cri. Ils tonnent, s’indignent de l’intérieur, se fondent hors de hors de la marge, s’accrochent à la ligne dans un sursaut de dignité, survivent et s’en excuseraient presque. Ils sont de saison ou d’époque. On les dissimule ? Ils poussent comme de la mauvaise herbe désespérée, dans les interstices des pavés de la cité et vous infligent leur misère, à la manière d’une outrageuse correction visuelle.

Affligeant tableau de siècle amer. Paradoxe d’une ère bombardée par la connectivité. Hégémonie du langage, règne de la communication, les réseaux sociaux se partagent dans la confidentialité, sous le manteau, se délitent dans la rue. On ne « réseaute » pas à découvert ; on se penche, on martèle le pavé, les yeux rivés sur la trace du temps. L’empathie virtuelle n’a pas de projection dans le réel. Un geste, un sourire inattendu dans l’impondérable parcours d’un sans abri, nourrit ses veines d’un autre sang que celui aviné des vendanges.
Cette légitimité à être, ce recours à l’humain maquillé en utopie par l’élite bien pensante, oublierions-nous donc qu’ils sont contagieux ?

Attention ! Faire du bien à autrui peut faire du bien à soi-même. Un acte lourd de conséquences. Réfléchissez avant de vous engager, c’est très sérieux.
Essaimer l’amour, cultiver la bienveillance. Offrir un regard à un invisible, est un acte de foi en l’humain. Les rares virus qui soient dignes d’être propagés.

POUSSER UN CRI

La première chose que j’ai faite en arrivant au monde, c’est crier. Seulement, je ne me souviens plus si c’était pour exprimer de la joie, de la surprise, de la douleur, de la terreur, du plaisir, de la victoire ou encore de la révolte. Ne sachant à quelle occasion je pouvais le sortir, je l’ai longtemps réprimé. J’étais bien trop fatiguée pour m’en préoccuper. Si bien qu’un jour, il m’a échappé.
Il était si fort, si violent, que je suis restée abasourdie ; me demandant comment il avait pu, lui d’ordinaire si discret, se livrer à un telle fureur.
Je l’ai sommé de rentrer, mais il a refusé ! Lorsque je lui ai demandé pourquoi ? Il a répondu que je l’avais trop longtemps contenu et qu’il n’en pouvait plus. Il avait fait trop de chemin, il venait de très loin, avait enflé, enflé jusqu’à exploser.
Je lui ai présenté mes excuses, ai supplié son pardon. Je n’avais jamais appris à crier sciemment. Il a accepté à condition que je le laisse aller et venir quand le besoin s’en ferait sentir. J’opinai sans réserve, trop contente de combler enfin mon ignorance.
Aussi, lorsque des déserts de silence arrivaient jusqu’aux portes de mon ennui, je poussais un cri. Oh, je le poussais timidement d’abord pour voir quel effet cela faisait, puis un peu plus fort pour faire du bruit.
Plus je pratiquais, plus je m’enhardissais. Je les essayais tous. Les cris de détresse, les cris d’enthousiasme, les cris de guerre ! Je les modulais, allais jusqu’à les prolonger. J’étais enivrée. Je les réclamais tous à cor et à cri. Ma fatigue, envolée !
Ce jour là, j’avais compris que l’on n’est jamais autant en vie que lorsque l’on pousse un cri.
Le cri est salvateur, ne l’empêchez pas de s’exprimer.

Allez-y vous aussi. Où que vous soyez, poussez un cri !

LE CRI D EDVARD MUNCH

TOUS LES CRIS LES S.OS Daniel Balavoine