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Adèle Hugo ou la passion amoureuse

La passion amoureuse peut-elle entraîner un être dans la folie ?

Assurément, lorsqu’on connaît l’histoire qui va suivre.
Adèle Hugo, née le 24 Août 1830, est la deuxième fille et la cinquième enfant de Victor Hugo.
Cette magnifique jeune femme virtuose du piano s’éprend d’un jeune lieutenant, Albert Pinson, au cours d’un voyage en Angleterre qu’elle effectue en 1861.
Malheureusement, cette passion non partagée va entraîner Adèle à sa perte.
Elle ira jusqu’ à s’enfuir de la demeure familiale et s’embarquer pour Halifax en Nouvelle-écosse, afin de rejoindre l’objet de ses désirs. Elle n’aura de cesse dès lors de le suivre partout, au Canada et même jusqu’à la Barbade. La passion qui l’anime la consume peu à peu et son adoration pour son lieutenant vire à l’obsession, au point que la jeune femme sombre dans la démence.
Cette déchirante histoire d’amour a été portée à l’écran par Truffaut et brillamment interprétée par une Isabelle Adjani magistrale et poignante.

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L’art conceptuel ou la métamorphose d’un être.

J’évoquais précédemment de chemin et les digressions en cours de route sont parfois très enrichissantes. Je faisais hier soir une recherche sur l’anthropométrie d’ Yves Klein lorsque je suis tombée, au cours de mes clics-errances, sur l’artiste Marina Abramovic.
Cette rencontre a supplanté mon intérêt pour Klein. Qu’il me pardonne, je souhaite aujourd’hui partager avec vous sur elle.

Marina Abramovic, née le 30 novembre 1946 à Belgrade, est une des plus grandes artistes « performeuses » du courant artistique Art corporel. Durant plus de trente ans, elle inflige à son corps des tortures comme la flagellation, la congélation de parties de son corps sur des blocs de glace, etc… en présence d’un public.
A travers ses actes et son regard, elle interroge notre part la plus sombre et dépasse ses limites. Se rendre maître de son corps, devenir sa propre expérience. Marina a tourné dans une vidéo où elle se coiffe en répétant « art must be beautiful, artist must be beautiful. » Elle se brosse au départ normalement et peu à peu, ses gestes deviennent saccadés, violents et entre dans une sorte de transe hypnotique, répétant sans cesse cette litanie « Art must be beautiful ».
Montrer plutôt que dire ? Que veut-elle dire ? Est-ce seulement de l’ego, du nombrilisme, de la folie ou un message artistique ? Elle a parfois poussé le vice jusqu’à mettre son corps en danger et seules les interventions du public l’ont tirée d’affaire. Jusqu’où l’être humain est-il prêt à aller dans la passivité avant de réagir à la souffrance lorsque celui ci est mis en scène dans un cadre artistique ? Jusqu’ où va la liberté d’un individu et où sont les limites du supportable ? Sa démarche, vivement critiquée dans les années 70, l’entraîne jusque dans un hôpital psychiatrique. C’est là l’objet d’une véritable étude sociologique et psychosociologique qu’elle mène à sa façon. L’empathie n’est-elle qu’un artifice lié à un contexte précis ?

Poussée par la curiosité, j’ai visionné des vidéos sur ses performances et j’ai été interpellée, comme happée par le personnage. Plus encore que la performance elle-même, c’est ce qu’elle est capable d’insuffler au public qui me retient à elle. Les regards sont en suspension léthargique et une véritable connexion s’établit peu à peu. Cela vaut le détour. Certaines de ses actions peuvent interloquer, voire choquer. On pourrait y voir là de l’exhibitionnisme… Toujours est-il qu’elle interroge et qu’elle n’est pas seulement un objet qui s’offre aux regards des autres mais elle porte elle-même un regard sur les autres qui oblige à regarder en nous. C’est comme une sorte de transe collective.

La vidéo est longue et si vous n’avez pas le temps de tout visionner, je vous recommande de regarder un morceau de ces « seven easy pieces » à partir de 18 mins et d’attendre pour voir la progression. Observez ce qui se passe, c’est troublant. Cela vous prendra quelques minutes à peine.