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« La mini jupe is not dead », plaidoyer.

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La métamorphose n’est pas seulement une question physique, elle passe aussi par l’esprit. Le point de vue sur la liberté de chacun se façonne par la réflexion. Je vous soumets ce petit texte qui à défaut de vous convaincre, vous fera peut-être sourire.

La mini jupe is not dead !

Mesdames et messieurs les jurés, je voudrais attirer votre attention sur les dessous de l’affaire baptisée « Mary Quant », en hommage à la célèbre créatrice de mode, qu’on ne prendra pas pardessus la jambe, sans vouloir faire de jeu de mollets.

La jeune femme que voici, est accusée d’avoir éveillé les plus vils instincts chez trois adolescents pré pubères.

Mais enfin, de quoi accuse t-on cette jeune femme au juste, si ce n’est d’avoir seulement apporté un éclairage scientifique sur la nature masculine, révélé que leur vue se porte plus bas que celle des femmes, et qu’un décolleté vertigineux provoque un strabisme oculaire occasionnel chez le mâle dominé par le mal ?

Tout le monde sait qu’outre le fait d’être parfaitement légal, le port de la mini jupe est  symbole d’ouverture d’esprit dans les pays à fort taux d’émancipation.

En effet, on constate que plus on a les idées larges, plus les jupes rétrécissent. Et si l’on porte le verbe haut, pourquoi pas la jupe !

J’entends ici et là que l’on s’apitoie facilement sur le sort des pauvres descendants d’Adam  dont l’augmentation de la tension artérielle est inversement proportionnelle à la longueur de la  jupe qui, à défaut d’être l’emblème de la décence, est celui de l’empire des sens.

Et alors, quoi ? Elle libère la libido, favorise la reproduction active, et redynamise le recensement national !

Cessons cette hypocrisie qui consiste à masquer l’intérêt évident qu’ont les hommes pour les deux hémisphères à peine dissimulés sous les plis de ce petit bout d’étoffe plutôt qu’à ceux nichés dans le cerveau des jeunes filles en fleurs.

Dois-je rappeler également que nous traversons un contexte économique particulièrement difficile et que cette tenue anti crise par excellence, permet à l’industrie textile de réaliser de vastes économies ?

En effet, le coût de cette pièce rapportée au centimètre carré est honteusement élevé. Ajoutez à cela l’obligation de s’épiler plus fréquemment, le risque de s’enrhumer très vite et vous conviendrez qu’en plus d’être une victime de la mode, la femme subit le plus fort préjudice moral et financier.

Mesdames et messieurs les jurés, pour toutes ces raisons et parce que les plus courtes sont les meilleures, je demande votre clémence pour ma cliente.

Nadia Bourgeois

 

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Clarissa Pinkola Estés Femmes qui courent avec les loups

Femmes qui courent avec les loups

Clarissa Pinkola Estes

Femmes qui courent avec les loups

Il est des ouvrages qui vous marquent, font résonance et vous accompagnent toute une vie.
Vous avez beau refermer le livre, vous y revenez et y puisez sans cesse de cette magie qui fait les belles histoires ; pour vous abreuver de cette lumière qui vous éclaire et vous guide.

Femmes qui courent avec les loups est de ceux qui vous ouvrent la vue et vous montrent le chemin. J’ai découvert ce livre au cours d’une conversation avec un ami. Oui, un ami car contrairement à ce que peut évoquer le titre, ce livre est tout aussi bien adapté à un homme qu’à une femme. Son retour était tellement enthousiaste que je me suis précipitée pour l’acheter. Dès les premières lignes, j’ai eu une révélation. Celle d’avoir fait une belle rencontre. J’en relis des extraits pour m’en imprégner et pour le plaisir de me laisser transporter par la beauté des contes que Clarissa Pinkola Estés nous livre. J’ai offert cet ouvrage à une amie et je l’offrirai encore car il est des messages qu’il faut savoir partager.

Clarissa Pinkola Estés se définit comme une analyste jungienne, poétesse et cantadora.
En tant que telle, elle a appris à des femmes de se réapproprier leur vrai nature et recouvrer leur instinct sauvage en se livrant à des fouilles « psycho-archéologiques » des ruines de leur monde souterrain.

Elle a consacré une bonne partie de sa vie à l’étude de la biologie animale et particulièrement celle des loups et c’est en observant cet animal qu’elle a pu établir des parallèles troublants entre le comportement des loups et celui des femmes.
Elle révèle des caractéristiques psychiques communes comme la force, l’endurance, l’instinct, l’attachement et la fidélité familiale entre autres.
Tous les deux ont été chassés harcelés, décriés, considérés comme inférieurs à leurs détracteurs. C’est durant son étude des loups que l’archétype de « La femme sauvage » est né.
Clarissa nous parle de « La femme sauvage » non comme un être associable, mais comme un être doté de sa spontanéité originelle, un être débarrassé du carcan de la société bien pensante.
Son instinct libéré, la femme sauvage ne craint pas le loup comme on le lui a enseigné. Elle court avec lui, les pieds nus et elle rit à gorge déployée parce qu’elle est elle-même tout simplement. Cette libre expression de soi, si violemment condamnée à travers les siècles, ces stigmates de culpabilité si longtemps endossés par atavisme, Clarissa propose de s’en défaire.

Les contes nous disent, nous expriment, nous enseignent quelque chose de nous-même dans un substrat de métaphore élevé au point que nous avons sans doute oublié son fondement même. Etre à l’écoute de sa voix intérieure, apprendre à reconnaître son pouvoir sauvage à l’intérieur de la psyché, se fier à son intuition et se faire confiance.

Clarissa Pinkola Estés affirme que le meilleur moyen de rester en contact avec le sauvage est de se demander ce qu’on veut. « Il est nécessaire de faire la différence entre ce qui nous interpelle et l’appel qui vient du plus profond de notre âme. »
Pour illustrer son propos, elle utilise l’exemple du buffet. Difficile de faire un choix tant les mets sont tentants. Ils éveilleront l’appétit de bon nombre d’hommes et de femmes qui choisiront de goûter un peu de tout, sans qu’ils aient réellement faim.
« Lorsque nous faisons ce type de choix, nous décidons de nous offrir une chose parce qu’elle est sous notre nez à ce moment précis. Elle ne sera pas forcément ce dont nous avons besoin.

Lorsque nous sommes en relation avec le Soi instinctuel, avec l’âme du féminin qui est naturelle et sauvage, au lieu de regarder ce qui s’offre à notre vue, nous nous disons :
De quoi ai-je faim ? Sans jeter un œil à l’extérieur, nous nous aventurons à l’intérieur et nous demandons : « de quoi est-ce que je me languis ? Qu’est-ce que je souhaite aujourd’hui ? »
En général la réponse est rapide : « Je crois que je veux… »
Peut-être que ce que nous cherchons n’est pas présent dans le buffet et qu’il faille le chercher un peu, parfois longtemps et nous serons heureuses d’avoir cherché quels étaient nos désirs profonds.

La femme sauvage est celle qui ose, celle qui crée, celle qui détruit. Elle est l’âme primitive, inventive, qui permet tous les actes créatifs, tous les arts. »

Je ne vais pas vous citer tous les passages de ce livre, tant il contient de pépites.
Clarissa Pinkola Estés évoque la nécessité pour une femme de se reconnecter avec sa nature sauvage, son instinct de louve pour ne pas perdre son âme.
Et c’est dans la magnificence de sa narration généreuse et son talent de conteuse que Clarissa nous livre les clés de la compréhension féminine.
Longtemps muselée, corsetée, la femme est devenue la geôle de son âme asservie.
Qu’on la laisse courir et bientôt, elle jettera ses chaussures pour sentir le chatouillement de l’herbe sous la plante de ses pieds et de sa robe surgira une magnifique queue. Elle courra toujours et encore et à un moment elle poussera un cri. Un énorme cri. Celui d’une louve affranchie qui ne craint plus d’être en devenir dans sa créativité la plus primitive !

Je vous recommande la lecture de ce fabuleux ouvrage.

Nouvelle Ella Katoudir episode5

Je lui ai fait le coup de la carte postale maison pendant qu’il dormait la tête en arrière, la bouche ouvert avec une main posée sur la poitrine et l’autre pendante. On aurait dit un enfant avec ses boucles brunes et sa peau hâlée. Il avait un je ne sais quoi de touchant. Ca me remuait le short mais il fallait que je parte. Je pouvais pas me permettre le luxe de pousser plus loin l’analyse sur canapé. Je m’étais allongée mais mon compteur Freudien s’était bloqué sur la case actes manqués.
« J’ai passé un bon moment, merci pour tout ; la bombance et la nuit sous la pluie d’étoiles étaient d’enfer. »
Quand je suis sortie de chez lui, j’ai vu les deux mégères fidèles à leur poste sur le banc. Je me suis dirigée vers elles et je leur ai raconté quelle bonne nuit j’avais passé.
– Vous devriez essayer. Il est très confortable…
Elles ont fait leur mijaurée. Je me suis marrée parce que ça faisait déplacé à leur âge. Elles auraient dû sourire rien qu’à l’idée que ça pourrait leur arriver encore. Mais bon…
J’avais pas pour ambition de me lancer dans le service à la personne. J’étais tellement occupée par la mienne… J’ai pris mon sac et j’ai stoppé dans la rue principale sous la cagnard.
J’ai pas eu le temps d’attraper une insolation. Une voiture rouge coupée sport s’est arrêtée pour me prendre à son bord.
A l’intérieur, il y avait un mec coupé dandy. Il a retiré ses lunettes de soleil, a planté ses yeux dans les miens et m’a demandé :
– Je vous dépose où ?
– Au gré du peu m’importe pourvu que ce soit ailleurs. Vous savez si c’est loin ?
Il a souri, remis ses lunettes et je suis montée en jouant les starlettes sans oublier de donner en souvenir mon capot aux ragoteuses de Trouduk qui ne perdaient pas une miette de la scène et j’ai jeté un dernier coup d’œil à la crèche à Balthazar. Je repensais à ses bras chauds qui m’avaient enserrés la nuit dernière et le long hiver que j’allais affronter sur cette route dans ma quête de l’impossible, mais fallait que je m’arrache. Bouge de là. Comme dans la chanson d’ MC Solar. J’ai eu un pincement au cœur, mais comme on dit : « The show must go on ».
Ken s’est tourné vers moi et m’a fait un large sourire. Il était plein de dents. J’avais l’impression qu’elles faisaient une tentative d’évasion. J’ai répondu en cachant les miennes. On n’était pas assez intimes pour ça. Puis, je le trouvais un peu synthétique. Il avait le regard en mode persienne et son visage avait une teinte ultra violet. Bref, il devait passer plus de temps devant le miroir que devant un bouquin celui-ci. S’il m’entendait penser, j’en rougirais. Quelle ingrate je fais !
Y a pas. J’avais beau tenter de me raisonner, je pouvais pas m’en empêcher. J’avais les mirettes à 180 ° et je surveillais ses mains qui quittaient le volant.Tandis que l’une papillonnait dans ses cheveux, l’autre réglait le rétroviseur.
– Ca vous gêne si je mets de la musique ?
– Je vous en prie, faites comme si.
Vous le croirez pas. Il a appuyé sur un bouton et là, stupéfaction suprême, tempête dans le hit-parade, il m’ a mis du Claude François ! J’ai harponné la poignée de la portière et deux dents suicidaires se sont lancées dans le vide de ma bouche tétanisée par l’horreur.
– Vous aimez Cloclo ? Je trouve qu’il a révolutionné le paysage audiovisuel français avec ses déhanchés et ses danseuses. Il s’est mis à fredonner :
– Voile sur les filles, barque sur le Nil ! Tou dou dou dou !
– Au secours ! Criais-je en silence. Je suis entrée dans une transe d’étanchéité spirituelle et j’ai pratiqué les exercices de respirations apprises à mes derniers cours de yoga. Il a dû prendre ça pour de l’excitation.
– Vous êtes en voyage ?
– Non, je me rends à un enterrement. J’espère arriver avant la mise en bière.
– Ah… Ca l’a refroidit sec le Ken. Il a éteint la radio et j’ai cru qu’il allait me passer un requiem. J’aurais dû me douter que la compassion c’était pas son fort.
– Dans ces moments là, ça fait du bien de se lâcher. Allez-y, qu’il m’a dit. Si vous voulez parler ou pleurer, je comprendrais tout à fait. Tenez, y a une aire de repos, juste là. Aussitôt dit, aussitôt fait. Le coupé dandy a fait un écart en équerre et nous voilà propulsés dans la twilight zone en moins de temps qu’il n’en fallait pour le subir malgré mes protestations, supplications et tout ce qui finit en « tion ».
A suivre ou pas.

nouvelle Ella Katoudir épisode3

Y avait un bar juste un peu avant la halle avec un flipper au-dehors. J’ai franchi la porte et je me suis assise au comptoir. Je me serais crue dans un épisode d’un film de Western quand un étranger aux habits poussiéreux, Santiags aux pieds, pousse les portes battantes du saloon, avance en faisant tinter ses éperons et commande un whisky au comptoir. Tout le monde le dévisage, le pianiste s’arrête de jouer et le barman cesse d’essuyer ses verres. Ouai, silence total. Miss « Alien » est dans la place.
J’attendais qu’un client accoudé au bar dégaine sa winchester et me troue le sternum.
Au lieu de ça, le patron du bar est arrivé en suant comme un porc. On ne peut pas dire qu’il remuait le croupion avec aisance, mais il était rapide ; ses yeux surtout. Je dirais qu’ils sont arrivés sur moi avant lui.
– Bonjour mademoiselle, qu’est-ce que je vous sers ?
Je l’ai reluqué et j’ai lâché un skud.
– Quand t’auras fini de te rincer l’œil, j’aimerais bien une blonde pour me rafraîchir le gosier.
Il a fait un arrêt sur image, la bouche ouverte comme un lecteur D.V.D quand il ne peut pas lire le format. Il avait une gueule de seize neuvième. Il a fait la grimace et il a été me chercher ma bière. J’ai trempé mon doigt dans la mousse et je l’ai léché juste pour provoquer.
Le patron a dégluti et les clients aussi. Un jeune, cheveux longs, blonds filasse s’est approché de moi avec les mains dans les poches. Il s’est assis à côté de moi et a commandé « la même chose que mademoiselle. » Je ne l’ai pas regardé pour ne pas l’encourager mais il avait pas besoin d’invitation.
– Salut la belle. T’es neuve dans le coin comme qui dirait ?
Toujours sans le regarder, j’ai dit lentement.
– Si tu m’avais déjà vue avant, tu serais plus en mesure de me poser la question.
Il a pris un regard amusé et l’a posé si maladroitement sur ses lèvres que ça lui faisait un rictus presque sexy.
– Ah ouai, t’es du genre gros mollets toi comme qui dirait. T’as conscience de ton petit effet.
– A regarder comment ta pomme d’Adam monte et descend, je dirais qu’il est plutôt grand l’effet. Il a souri et il a commandé une autre bière pour moi.
– Je m’appelle Stan et toi ?
– Ella, Ella katoudir.
Il s’est mis à me regarder comme une dinde prête à farcir, s’est approché et a chuchoté dans mon oreille.
– Hmm, tu vas vraiment tout me dire ?
Ella Katoudir
Nadia Bourgeois
A suivre ou pas…

Adèle Hugo ou la passion amoureuse

La passion amoureuse peut-elle entraîner un être dans la folie ?

Assurément, lorsqu’on connaît l’histoire qui va suivre.
Adèle Hugo, née le 24 Août 1830, est la deuxième fille et la cinquième enfant de Victor Hugo.
Cette magnifique jeune femme virtuose du piano s’éprend d’un jeune lieutenant, Albert Pinson, au cours d’un voyage en Angleterre qu’elle effectue en 1861.
Malheureusement, cette passion non partagée va entraîner Adèle à sa perte.
Elle ira jusqu’ à s’enfuir de la demeure familiale et s’embarquer pour Halifax en Nouvelle-écosse, afin de rejoindre l’objet de ses désirs. Elle n’aura de cesse dès lors de le suivre partout, au Canada et même jusqu’à la Barbade. La passion qui l’anime la consume peu à peu et son adoration pour son lieutenant vire à l’obsession, au point que la jeune femme sombre dans la démence.
Cette déchirante histoire d’amour a été portée à l’écran par Truffaut et brillamment interprétée par une Isabelle Adjani magistrale et poignante.

nouvelle Ella Katoudir épisode2

J’ai posé ma conscience sur on le clic-clac et je me suis sentie plus légère.
Pas de tapis rouge, pas de banderole et pas de fanfare. Je me suis installée dans sa maison délabrée, genre « la maison de la mort certaine », le livre d’ Albert Cossery. Vous voyez ?
Non ? Un petit extrait s’impose alors !
« Les habitants d’une bâtisse branlante attendent avec angoisse le moment où celle-ci rendra son dernier soupir et s’écroulera sur leur tête. Le suspens et le désespoir que peut susciter une telle attente, laissent peu à peu la place à une révolte sourde et légitime. » C’est beau, je ne m’en lasse pas. Eh oui, on peut avoir un look de pouf et soigner sa beauté intérieure. Bref, je continue.
Mon arrivée, ça permettait à Trouduk de passer de statut de bourg à celui de village. Ca faisait du bien aux statistiques, ça dynamisait le recensement. Avec mon physique, j’étais la promesse d’une politique de prolifération et à la façon dont Balthazar me regardait, il y avait fort à parier qu’il se projetait dans la reproduction active et sans gênes de ses gênes.
Ouai, je sais, j’adore jouer avec les mots.
J’avais envie de faire un peu de tourisme agricole alors je suis me suis rendue au centre. Baltazar a offert de m’accompagner mais j’ai préféré errer seule.
Tout était organisé autour de la rue principale qui traversait le patelin. Les commerces étaient proches de la halle. Attend, c’était presque la ville ! Deux boulangeries, trois épiceries ! Oui, y avait de la concurrence dans le coin. Une mercerie, une droguerie, une charcuterie, une boucherie et, et…deux bars ! Un pour les vieux, un pour les jeunes. Juste avant d’entrer dans le cœur du village, y avait une grande place avec la mairie et la salle des fêtes. Comme si on pouvait faire la fête dans un coin pareil ! Finalement, je me suis aperçue qu’on pouvait faire la fête partout. Suffit de le vouloir.
On me regardait par la fenêtre. Les rideaux, ça faisait comme une chorégraphie. A des moments, ils se soulevaient, balançaient de gauche à droite et retombaient lourdement sur les carreaux et à d’autres, ils se tenaient en suspension dans les limbes du désir naissant chez les retraités concupiscents, les machos en marcel et les ados pré-pubères.
J’étais l’attraction de Trouduk. J’ai pensé, bienvenue à ploukland ma vieille. J’avoue, je me la suis jouée un peu star hollywoodienne ou Woody Alien. Le péché d’orgeuil. Que Dieu me pardonne. J’ai descendu la rue principale en ondulant de la croupe et en remuant la main devant mon visage pour l’éventer;j’étais en nage. Il faisait une chaleur à crever et le soleil cognait tellement fort que même les murs prenaient des coups de soleil. Mes lunettes noires de mouche faisaient écran entre mon petit moi et celui des autres. Du coup, ça n’a pas fait un pli. Tout le monde a rappliqué dare-dare au dehors.
Vous avez déjà regardé le loup de Tex Avery ? J’étais tombée au milieu d’une meute et les louves montraient les crocs. Elles avaient déjà sorti la laisse et le bâton au cas où.

A suivre ou pas…

nouvelle Ella Katoudir épisode1

Salut, t’es un peu en avance mais entre, je t’en prie, fais comme chez toi. Ca te dérange si je te dis « tu » ?

D’abord, je dois te prévenir que ce ne sera pas long parce que j’ai autre chose à faire et toi aussi sans doute. Alors, juste quelques lignes pour se distraire, ok ?
Je dois soigner ma beauté intérieure et je refuse qu’elle se limite à mettre du vernis sur mes ongles de doigts de pieds !
Faut que je te raconte ! Hier, je me suis arrêtée à Trouduk. Tu connais ? Si, allez, réfléchis. Tout le monde en connaît au moins un. Si t’es passé par là, fais le moi savoir qu’on papote.
Quand tu nais avec une difformité nationale, t’es mal étiqueté et t’es rejeté par la communauté parce que t’as des origines pas nettes. En réalité, c’est comme se méfier de la provenance de la viande que te sert ton boucher. Si t’as pas le label « élevé en plein air », t’as pas l’air bio.
Bref, quand t’arrives à Trouduk, ça sent pas bon l’accueil parce que les gens, ils ont pas l’habitude de recevoir. Et si t’affiches une gueule venue de l’ailleurs, la méfiance s’installe.
Les habitants de Trouduk qu’on appelle les troudu… je sais plus, ont leurs habitudes. Ils se croisent tous les jours pour faire les mêmes choses. Ils se lèvent le matin pour acheter leur journal et leur baguette de pain avant de vaquer à leur tâche, ou leurs vaches, quand ils en ont. Sinon, ils s’en créent une : le ragot.
Le ragot est un sport national à Trouduk. Tu t’installes sur un banc en compagnie d’un inactif comme toi, tu regardes défiler les gens et tu leur tailles un costard au passage. Ca occupe, ça défoule et ça coûte pas cher. C’est une thérapie comme une autre qui permet de s’oublier soi-même.J’en ai un peu usé parfois et j’avoue que quelquefois ça soulage. Que celui qui n’a pas ragoté, que ce soit sur un banc ou ailleurs, me jette la première pierre.

Moi, je suis arrivée dans ce patelin de fin de siècle avec mon paquet de conscience sous le bras et je savais pas où le poser. J’étais là parce qu’un type qui m’avait prise en stop m’y avait larguée lorsque j’avais refusé qu’il tripote ma cuisse. Il m’avait traitée de poufiasse et il était reparti sur les chapeaux de roue. Quand je pense que toute mon enfance on m’a parlé du beau prince charmant qui allait arriver sur son grand cheval blanc !
J’étais là par erreur. Ce village était un interlude, une étape dans ma destination finale.
Je pouvais bien m’accorder une pause. Ca ferait du bien à mon esprit torturé par la détermination. Me détourner un instant de mon objectif, rien qu’un instant.
J’ai remonté la rue principale qui menait aux commerces et j’ai vu deux vieilles assises sur un banc. Elles ont reluqué avec un air désapprobateur mes longues jambes qui démarraient juste sous un short en jean ultra court, sont remontées jusqu’au tee-shirt trop moulant qui comprimait ma poitrine, puis se sont penchées l’une vers l’autre pour se chuchoter quelque chose à l’oreille.
Je me suis approchée d’elles et leur ai demandé où je pouvais trouver une piaule pour passer la nuit. Elles m’ont dévisagée, puis défiant toutes les règles de l’hospitalité, m’ont répondu qu’il n’y avait pas d’hôtel dans le coin. Ah, l’irréductible village de petits gaulois !
Un type plutôt séduisant est sorti de sa baraque et m’a demandé s’il pouvait me rendre service.
Je lui ai expliqué que je cherchais un endroit où dormir avant de repartir et il m’a offert de loger gracieusement chez lui pour la nuit. Balthazar, qu’il s’appelle.
Je lui ai répondu que j’acceptais son invitation à condition de pas partager sa couche. Il a fait une drôle de moue et il a grommelé un oui forcé.
J’ai tiré la langue aux mégères et j’ai outrageusement remué mes fessiers juchés sur des talons trop hauts avant de disparaître derrière la moustiquaire qui bouchait l’entrée de la porte de mon hôte.
A suivre… ou pas !

« Mr et Mme rêve » Pietragalla-Derouault

Spectacle de danse :

J’ai fait un rêve où les corps pouvaient parler et les mots dansaient dans l’espace infini de la vie. La danse est la signature de l’être dans l’espace. Marie claude Pietragalla et son compagnon Julien Derouault, nous offrent un véritable moment de grâce et de féérie dans leur tout dernier spectacle inspiré de « Rhinocéros » d’ Eugène Ionesco. Une performance alliant la poésie de la gestuelle à la magie de la technologie qui laisse sans voix.
Je vous laisse admirer l’oeuvre.

Ella Katoudir

Intro à ma life fiction ! Je n’existe pas vraiment, mais j’existe par le verbe et je vais tout dire.

Bonjour, je m’appelle Ella Katoudir et je vais polluer votre boîte de réception neuronale pour vous raconter ma vie. Je vais devenir une « squatteuse de l’encéphale », pour reprendre les termes d’une ancienne cliente.
Je ne suis pas un spam, je suis juste une invitation au voyeurisme. Vous avez toujours rêvé de savoir ce qui se passe chez le voisin une fois qu’il a refermé sa porte ?
Je mets sur la table tous les gros dossiers. Je me déshabille pour satisfaire votre curiosité. Je vais tout vous dire, sans tabou. Je vais laisser glisser la bretelle de mon ennui sur les synapses de mon cerveau.
Qui n’a pas eu envie un jour de tout dévoiler sans se soucier du qu’en dira-t-on ?
– Je ne t’aime pas, tu m’entends ? J’aime pas ta gueule, ta façon de bouger, ta façon de penser. Tu penses tellement fort que ça transpire, ça dégouline sur mes humeurs matinales et ça me fout le bouilli. C’est pas facile d’être soi en fait. De dire le fond de sa pensée parce qu’on sait pas vraiment jusqu’à quel point elle est profonde et qu’on a peur de jamais toucher le fond. Y a ce putain de nombril qui tiraille sans cesse du côté de l’ego et qui te rappelles éternellement que tu dois être unique ou ne pas être. Ouai, c’est ce qu’on dit toujours. Il a du charisme, elle est effacée. Politiquement correct. C’est quoi cette phrase à la con ? C’est synonyme de diplomate ? Moi, le seul que je connaisse, je l’achète à la pâtisserie et je le bouffe. On voudrait tous être original, unique parce qu’on l’a été une fois dans le ventre de notre reum. Quel est le con qui a dit qu’il fallait toujours être au top, le meilleur, l’élite ? De quoi, d’abord ? Quand tu t’écrases comme une merde et que tu meurs, c’est quoi la différence entre toi et les autres ? L’élégance avec laquelle tu passes l’arme à gauche ? Tu crèves, t’es plus rien, point barre ! On est tous voués à disparaître mais on voudrait le faire avec panache, histoire qu’on ne nous oublie pas. Faut pas louper la sortie, sous peine d’être taxé de looser. Rater sa vie, oui. Rater sa mort, c’est trop con, tu peux plus te rattraper après.
C’est trop jouissif de se dire qu’on peut écrire ce qu’on veut sans censure, sans imaginer un destinataire. Pas d’enjeu, pas de séduction factice. Il va falloir cohabiter. Cohabiter, quel vilain mot. Il sonne comme un pis aller.
En même temps, quand je dis que c’est chouette de s’exprimer sans tabou, c’est quand même avec le masque du pseudo. Oscar Wilde disait en gros que si on prêtait un masque à autrui, il devenait lui-même. Confortable, il est aussi légitime qu’une bonne cuite. Tu peux pourrir tout le monde, on mettra toujours ça sur le compte de l’alcool. On est obligé de s’enduire d’une couche de bienséance avant de péter.
Bref, entrons dans le vif du sujet. Bienvenue à egoland puisqu’il va s’agir de moi, moi et moi. Mais dans le fond, je traiterai de vous, vous et vous parce tout le monde pourra se reconnaître dans le récit. Je ne vais pas y aller avec le dos de la cuillère, je vais vous maltraiter en vous racontant n’importe quoi et si c’est insupportable, vous n’aurez qu’à pointer la zapette sur « delete ». Vous êtes installé ? Ok, je commence bientôt. Ne soyez pas en retard.

Nouvelle : Ella katoudir

Permettez-moi de vous présenter Ella Katoudir. Enfin, succintement parce qu’elle l’a déjà fait et mieux que moi. Elle est née pour raconter des histoires comme ça, juste pour le fun.
Elle est un peu envahissante mais surtout ne lui dites pas, elle est un peu caractérielle.
Moi je me dis : Ella Katoudir quand l’envie lui prendra. Pas de règles, pas de régularité, pas d’obligation. Juste le plaisir de partager un moment avec ceux que ça amusera, dans une dimension où la spontanéité sert de monnaie d’échange en absurdie.
Pour les prolongations, cliquez sur Ella Katoudir !