Papillons Blancs

Envolez-vous sur les ailes blanches des papillons du poète Manach

Vertige de l'Oiseau

Papillons BlancsIllustration of the Poem [ Artist ]Laurie Kaplowitz

Frise fleur blanche 30-1

Papillons Blancs

Vers les lieux de solitudes intérieures
S’enfuit en fins cristaux bleutés
De l’herbe humide
La brume sublime du matin patient.
Mystère d’un nuage au plus près de la terre
Soulagée par le départ des flots de l’ailleurs
La  Nature fragile au vert insouciant
Se révèle au regard du poète timide.

Allongé depuis des heures dans la verdure
Une épine du rosier plantée dans la main
J’ai l’œil rempli d’avoir contemplé ton jardin.
C’est fort doux quand ton cœur
M’y retrouve en bordure.
Nul ne peut séparer de mon cœur ton jardin.

L’univers du papillon blanc est immortel
Au travers du rayon des nuits
Étincelantes
Y a-t-il lieu pour moi de rêver encore ?
Si longuement dans le corridor lumineux
J’ai avant que tu ne t’endormes sur l’autel  
Effleuré les lignes ondulées de ton corps
Pour mémoire de…

View original post 124 mots de plus

Andrew McPhail, métamorphoser ses blessures

Métamorphose : le mot « métamorphose » vient du grec morphè (forme) et du préfixe meta (qui exprime un changement) : passage d’un état à un autre état.

La métamorphose résulte parfois d’un cheminement artistique visant à panser des blessures, d’un désir de sublimer la douleur. C’est le cas de l’artiste séropositif, Andrew MCPHAIL dont les créations reposent essentiellement sur l’acceptation des épreuves difficiles que la vie nous inflige.
Son œuvre, «All my little failures », (tous mes petits échecs) représente une burka réalisée entièrement à partir de pansements, inspirée par un fait divers sordide survenu en Ontario. Une jeune fille qui ne voulait pas porter le hijab à l’école a été assassinée par son père.
Andrew accomplit des performances de rue aux cours desquelles il porte cette burka et distribue des pansements aux âmes en peine.
A la question : Quelle est la signification de « all my little failures »?
Il répond : « Pour moi, cette œuvre renferme de nombreuses significations qui se sont accumulées avec le temps et, j’espère que le public les saisit. Elle aborde principalement le fait d’être couvert et dissimulé, mais en même temps, le fait que la façon dont on se cache attire l’attention vers soi et nous rend extrêmement visible. J’ai superposé cette notion aux personnes vivant avec le VIH et au fait que si je ne disais pas que je suis séropositif, on ne le devinerait probablement pas. Un voile peut à la fois cacher et révéler — un peu comme les aspects de la vie avec le VIH et les divers degrés que l’on peut révéler en public ou non ».

Je suis très touchée par les démarches artistiques semblables à celles d’ Andrew McPhail. La créativité, la sublimation, la transfiguration du réel ont quelque chose à voir avec la survie.
Cela ne revient-il pas à dire : Toutes ces blessures, ces fragments fragiles, ces bouts de moi, sont un coin d’histoire, un rempart contre l’oubli, l’effacement ?
Avez-vous songé à vos propres métamorphoses ?

Site de l’artiste : http://www.andrewmcphail.com/all-my-little-failures.html
Extrait de l’interview : http://www.catie.ca/fr/visionpositive/ete-2012/art-posiif-peau

Voeux 2017 : Le lampadaire qui voulait entrer dans la lumière

« J’aime le réel lorsqu’il est transfiguré avec une attention particulière »
Blaise Cendrars

transcender_400_wide

factoryb.com artiste Brandon Stahlman

Voeux 2017

Une page est tournée, mais l’histoire continue. 2017 est un pas de plus dans l’histoire de l’humanité et c’est nous qui l’écrivons. Je vous souhaite de trouver, si ce n’est déjà fait, ce sens à votre vie qui éclaire votre chemin et vous donne envie de vivre chaque jour pour créer, transcender et sublimer, tels des magiciens, ce quotidien dont nous devrions voir toute la richesse et prendre soin. Je vous souhaite une excellente année 2017 et une bonne lecture.

Le lampadaire qui voulait entrer dans la lumière

J’ambitionnais de me muer en lampadaire pour transcender l’univers, lui apporter ma lumière.
Lorsque je fus fin prêt et tout illuminé, je me tenais droit et fier, enraciné dans le bitume amer.
Eclairer les passants égarés dans l’obscurité, donnait à mon existence un certain sens de l’humanité.
Sensibles à mon éclat, ils relevaient la tête pour me saluer, me féliciter de leur montrer le chemin. Profitant de la clarté, ils se laissaient aller à musarder avant de rejoindre leur foyer.
Oubliant la fatigue de la station debout prolongée, je m’enorgueillissais de ces célébrations, gonflait mon ampoule de toute ma vanité, poussais l’excès de zèle jusqu’à les illuminer même en journée.
Les jours passaient et les passants aussi, hâtant le pas devant moi ; relevant la tête puis ne la relevant plus, jusqu’au jour où je ne vis plus que le bout de leur chapeau, émergeant du col de leur manteau.
J’avais beau briller de toute mon intensité, aucun regard ne trompait le trottoir.
Alors, je me mis à clignoter, grésiller de désespoir, puis m’éteignis. Un chien vint pisser à mon pied.
Le lendemain soir, enveloppés par la pâle bienveillance de la pleine lune, les passants pressés déambulaient devant ma dépouille sans sourciller et le surlendemain, dans la nuit épaisse, quelqu’un releva la tête, puis un autre et un autre… Il leur manquait quelque chose, mais quoi ?
– C’est le lampadaire, dit l’un d’eux.
– Il faut absolument appeler la mairie pour le signaler et le remplacer. Répondit un autre.
– Les lampadaires ne sont pas fiables, dit un dernier. Ils nous lâchent sans crier gare quand nous avons le plus besoin d’eux.
J’eus un sursaut, un élan de survie, je m’allumais, clignotais, grésillais, puis m’éteignis tout à fait.
Les passants haussèrent les épaules dans un soupir, puis comme tous bons passants qui se respectent, passèrent leur chemin.
Une personne cependant revint sur ses pas, posa sa main sur mon mât et souffla :
– Tu me manques, j’espère que tu reviendras.

Nadia Bourgeois

Le sourire de noël

Le sourire est le chemin qui mène à la métamorphose.

C’est bientôt noël et nous nous affairons tous activement pour offrir des cadeaux à ceux que nous aimons et ce, pour voir leur visage s’illuminer de ce sourire que nous attendons en retour et nous rend si heureux. Alors, n’oubliez pas d’offrir un sourire ! En attendant, je vous offre un petit texte juste comme ça, pour sourire.

Demain c’est noël. J’ai envie de faire un cadeau qui vient du cœur, un cadeau particulier. J’ai déjà ma petite idée en franchissant la porte de la boutique devant laquelle je passe tous les matins. Je reconnais le vendeur à l’air triste. Les épaules voûtées, il s’applique à ranger des coffrets cadeaux en forme de bouches énormes derrière le comptoir. Il relève pesamment la tête et me lance un regard laconique épinglé au-dessus d’un visage figé dans ses rides d’amertume.
– Vous désirez ?
… Un sourire s’il vous plaît. Il continue à ranger les coffrets.
– Quel modèle ?
… C’est-à-dire ?
– Un sourire franc, massif, narquois, hypocrite, large, commercial, timide… je vais pas vous énumérer toute la liste !
– Je n’y avais pas réfléchi, je… L’homme s’impatiente un peu.
– Sinon, j’ai les coffrets spécial noël à prix promo. Il désigne un coffret doré posé sur le présentoir prévu à cet effet. Juste au-dessous, il est écrit :
« Sourire glacial ».
– Je désire simplement un sourire chaleureux.
L’homme hausse les épaules et repose le coffret.
– C’est vous qui voyez. Quelle quantité ?
Je suis abasourdie.
– Comment, quelle quantité ? Un sourire peut-il être pesé ?
– Non, je veux dire, pourquoi un seul sourire quand vous avez la possibilité d’en avoir toute une variété ?
– Un seul suffira pour commencer, merci.
– C’est pour consommer sur place ou à emporter ? Vous pouvez l’essayer si vous le souhaitez, le miroir est à côté.
– Oh, non, ça ira, c’est pour offrir. Pouvez-vous l’emballer ?
– Oui, il faudra ajouter un supplément pour l’emballage.
– Entendu. Vous acceptez les bonnes intentions ?
– Non, la maison ne se contente pas de promesses.
-Vous prenez les mains tendues ?
– Non, ce n’est pas assez lucratif. Excepté si vos mains sont pleines, bien entendu.
– Oh, je vois… Je lui tends un billet.
L’homme l’encaisse rapidement, me fait un paquet et me tend mon ticket de caisse sans modifier son expression. Je le glisse dans mon porte-monnaie et je reste là, sans bouger. Il lève un sourcil interrogateur. Je brandis le paquet avec mon plus beau sourire et je lui dis :
– Tenez, c’est pour vous.
– Qu’est-ce… C’est une blague ?
– Non, monsieur, je suis sérieuse. Vous vendez des sourires, mais vous semblez avoir perdu le vôtre. Joyeux noël !
La stupéfaction passée, l’homme m’offre un large sourire.

Nadia Bourgeois

Cri de femmes

Ainsi Dieu, usant de quelques artifices souverains m’a faite femme.
Que ne lui ai-je demandé de me laisser en paix.
Que n’ai-je eu la volonté de ne point naître sous cet aspect.

De ma chair ainsi dissoute, ne resterait que mon esprit.
Asexuée, ma voix se ferait entendre au-delà des préjugés.
Inatteignable, ma pensée ne serait plus sacrifiée sur le bûcher.

Que n’a-t-on brisé la côte d’Adam au tout commencement.
Je me passerai de lui dorénavant car c’est de mes entrailles
Que jaillissent sous la mitraille, ses descendants.

On me rend coupable d’être femme, on me diabolise, on me méprise,
On me lapide, on m’excise. On me calomnie
Et, pure ironie, au nom de Dieu, on me punit.

Qu’on le brûle à ma place si l’on veut rendre justice, car c’est lui qui m’a faite calice.
Que ne m’a-t-il fait matrice d’un amour incomplet,
Eternelle débitrice d’un être imparfait.
Que ne lève-t-on le voile qui m’anamorphose,
Pour qu’au bout des épines, éclot enfin une rose.

Ainsi Dieu, usant de quelques artifices souverains, m’a rendue actrice d’un monde factice,
D’un monde en plein déclin.

Nadia Bourgeois, Printemps des poètes 2013

Image via gilbert.descloux

poème sur Danaé

 

Afficher l'image d'origine

Danaé de Klimt  

L’or de Danaé

Au cœur de l’infini centre de l’âme, se déploie la vie
Morphose moi de tes ailes impatientes,
Empreinte moi de ton âme insouciante
Germine moi au cœur de l’infini
Jaillis-moi puissante de vie

Nadia Bourgeois

http://images.google.fr/

Save The Children – Still The Most Shocking Second A Day

On ne peut pas rester insensible face à cela. Sommes nous encore capable d’aimer pour dépasser toutes ces horreurs ?

Je suis planneur...

C’est un film puissant que l’agence Anglaise Don’t Panic vient de réaliser pour « Save the Children » et sensibiliser sur la question des réfugiés.

Poursuivant sa campagne acclamée l’année dernière, l’agence met en scène la même petite fille, au visage européen, pour mieux nous ouvrir les yeux et nous faire vivre pendant deux minutes la réalité de ces populations.

L’immersion est efficace et le film poignant.

View original post

Poésie: Sur les ailes de Morpho

Un poème écrit pas Maître Renard en hommage au papillon Morpho.

Maître Renard


pt106582

Sur les ailes de Morpho

                                                                                 

                                                                                       A Nadia

Un battement d’ailes de papillon bleu
et le monde s’éveille
Un battement d’ailes de Morpho iridescent
et la Terre s’émerveille

Un rien suffit pour métamorphoser l’univers,
lui redonner une touche de magie.
Léger, léger, il volète et sème
une poussière de beauté, quelques mots
d’amour et de silences graves d’enfant.

Il sourit dans l’air tiède et parfumé,
fier, lui…

View original post 71 mots de plus

citation J.R.R Tolkien

tolkien citation

Phia Ménard La transformation

J’ai été touchée par cette artiste et je voulais partager sa démarche avec vous car nous sommes tous concernés par la reconnaissance de la différence dans des contextes différents.  Elle dit « à quel moment nous sommes justes, à quel moment nous sommes vrais, à quel moment nous ne mentons pas, je cherche encore ». 

Elle m’a inspiré ce petit texte :

J’ai porté mille peaux sur le dos, croulé sous le poids horrible de ces  oripeaux. J’ai fini par les arracher,  écorcher mes désirs et mes secrets tissés dans l’étoffe de ces mensonges moulés sur mon corps fatigué. Mais ce n’était pas assez. Les jours fermentés ont vomi mes artifices. Je me suis noyée dans le miroir de la conformité et puis, lentement,  j’ai défait les attaches, une à une, coulé les noeuds du mal à l’être pour atteindre la puissance nichée au creux de ma conscience, une puissance d’âme propice au rêve d’art de soi sans reflet pour croiser ma propre humanité.

Nadia Bourgeois