Archives de Catégorie: vidéo you tube

HENRI MICHAUX

Henri Michaux Ecrivain poète peintre.

michaux portrait

Portrait Henri Michaux

 

Le vieux nébuleux

Toi, vieux nébuleux sans nom croupissant dans la chair

D’un évanescent royaume aux béances oculaires

Je vois abdiquer la lumière de ton essence indomptée

Rouler sur tes joues glabres tes rêves édentés

Devant l’agitation des corps crépusculaires

La déferlante inutile de cris contestataires

Des corpuscules émaciés par de vaines suppliques

Un signe insignifiant, un jet d’homme extatique

Une larme de sang rougissant

Dans ce regard qui ne veut pas se taire.

Nadia Bourgeois

 

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L’INFINI VOYAGE

L’infini voyage du papillon monarque

La métamorphose est un sujet qui me passionne. Elle est à mes yeux la manifestation visible de l’existence. Outre ce sujet et les interrogations qu’il soulève, il est une autre question qui me passionne :
Qu’est-ce qui pousse le vivant à  se reproduire ? Je suis fascinée par cette volonté qui nous dépasse. Procréer est notre défi à la mort, notre réponse à l’infini.
Le papillon monarque a la faculté prodigieuse d’inscrire cet élan dans la mémoire de sa descendance. Nous avons beaucoup à apprendre des papillons, en particulier de cette espèce qui accomplit un long et périlleux voyage du Canada vers le Mexique pour se reproduire et mourir. Ce sont les papillons nés de cette union qui feront le voyage de retour au Canada sans aucune connaissance préalable de l’origine de leurs géniteurs.

Sont-ils dotés d’un GPS générationnel ? La mémoire, cet envoûtement de la volonté de survie de l’espèce est-elle inscrite dans nos gènes et se transmet-elle ? Ce mystère est sur le point de se résoudre avec le développement des neurosciences. Des chercheurs auraient levé le voile sur cette énigme en révélant le rôle de deux capteurs neurologiques dont sont dotés ces magnifiques lépidoptères, leur permettant ainsi de retrouver les traces de leurs ancêtres et d’assurer la sauvegarde de l’espèce. En attendant d’en découvrir un jour davantage, je vous invite à pénétrer au coeur de la forêt mexicaine pour assister à l’un des beaux ballets aériens qu’il soit donné de voir et en savoir davantage sur cet éblouissant insecte qu’est le papillon Monarque.

Hémophile anonyme

Extrait du film Irlandais Once, le film coup de coeur de Sundance  (2006)

Les acteurs et leur musique m’ont enchantée. C’est un partage qui vient du coeur, tout comme le texte qui va suivre.

Hémophile anonyme

Avant de pousser la porte des hémophiles anonymes, j’avais du mal à trouver ma place. Je saignais pour un enfant battu, un homme à terre, un vagabond affamé, une idylle perdue, la moindre déconvenue. Au début, mon entourage s’en émouvait, mais bien vite, s’en agaça. Tu n’as aucune pudeur et puis, tu mets du sang partout ! Face à ces récriminations, je n’avais d’autre recours que de dissimuler ma douleur. J’entourais mon cœur de bandages pour le comprimer. Jusqu’au jour où un ami me recommanda de rejoindre le groupe des hémophiles anonymes.
Au départ, je peinais à contenir mes débordements hémoglobulaires, mais au bout de quelques séances, je racontai fièrement n’avoir pas saigné devant mon poste de télévision en apprenant les conflits ou la progression de la misère dans le monde. Tous m’applaudissaient. Mon cœur avait fini par sécher. C’était bien mieux ainsi, m’avait-on dit. On ne pouvait pas sauver tout le monde. J’aurais pu me féliciter de ces encouragements, de ne plus souffrir de compassion, de ne plus étaler outrageusement ma douleur aux yeux des gens si je n’avais pas rencontré Mirabelle. Cette nouvelle recrue venue demander l’asile poétique. A son contact, ma poitrine a enflé ; je me suis mis à saigner un peu, beaucoup, passionnément, à la folie pour elle. J’ai rechuté, qu’importe ! Je ne suis plus anonyme. Si d’aventure je saigne trop, elle pose sa main sur mon cœur et ce dernier n’a plus peur. Je saigne juste ce qu’il faut depuis trois mois. J’ai toujours du mal à cicatriser, mais avec l’aide de Mirabelle, je n’ai plus à me protéger d’aimer.

Nadia Bourgeois

Le sourire de noël

Le sourire est le chemin qui mène à la métamorphose.

C’est bientôt noël et nous nous affairons tous activement pour offrir des cadeaux à ceux que nous aimons et ce, pour voir leur visage s’illuminer de ce sourire que nous attendons en retour et nous rend si heureux. Alors, n’oubliez pas d’offrir un sourire ! En attendant, je vous offre un petit texte juste comme ça, pour sourire.

Demain c’est noël. J’ai envie de faire un cadeau qui vient du cœur, un cadeau particulier. J’ai déjà ma petite idée en franchissant la porte de la boutique devant laquelle je passe tous les matins. Je reconnais le vendeur à l’air triste. Les épaules voûtées, il s’applique à ranger des coffrets cadeaux en forme de bouches énormes derrière le comptoir. Il relève pesamment la tête et me lance un regard laconique épinglé au-dessus d’un visage figé dans ses rides d’amertume.
– Vous désirez ?
… Un sourire s’il vous plaît. Il continue à ranger les coffrets.
– Quel modèle ?
… C’est-à-dire ?
– Un sourire franc, massif, narquois, hypocrite, large, commercial, timide… je vais pas vous énumérer toute la liste !
– Je n’y avais pas réfléchi, je… L’homme s’impatiente un peu.
– Sinon, j’ai les coffrets spécial noël à prix promo. Il désigne un coffret doré posé sur le présentoir prévu à cet effet. Juste au-dessous, il est écrit :
« Sourire glacial ».
– Je désire simplement un sourire chaleureux.
L’homme hausse les épaules et repose le coffret.
– C’est vous qui voyez. Quelle quantité ?
Je suis abasourdie.
– Comment, quelle quantité ? Un sourire peut-il être pesé ?
– Non, je veux dire, pourquoi un seul sourire quand vous avez la possibilité d’en avoir toute une variété ?
– Un seul suffira pour commencer, merci.
– C’est pour consommer sur place ou à emporter ? Vous pouvez l’essayer si vous le souhaitez, le miroir est à côté.
– Oh, non, ça ira, c’est pour offrir. Pouvez-vous l’emballer ?
– Oui, il faudra ajouter un supplément pour l’emballage.
– Entendu. Vous acceptez les bonnes intentions ?
– Non, la maison ne se contente pas de promesses.
-Vous prenez les mains tendues ?
– Non, ce n’est pas assez lucratif. Excepté si vos mains sont pleines, bien entendu.
– Oh, je vois… Je lui tends un billet.
L’homme l’encaisse rapidement, me fait un paquet et me tend mon ticket de caisse sans modifier son expression. Je le glisse dans mon porte-monnaie et je reste là, sans bouger. Il lève un sourcil interrogateur. Je brandis le paquet avec mon plus beau sourire et je lui dis :
– Tenez, c’est pour vous.
– Qu’est-ce… C’est une blague ?
– Non, monsieur, je suis sérieuse. Vous vendez des sourires, mais vous semblez avoir perdu le vôtre. Joyeux noël !
La stupéfaction passée, l’homme m’offre un large sourire.

Nadia Bourgeois

Phia Ménard La transformation

J’ai été touchée par cette artiste et je voulais partager sa démarche avec vous car nous sommes tous concernés par la reconnaissance de la différence dans des contextes différents.  Elle dit « à quel moment nous sommes justes, à quel moment nous sommes vrais, à quel moment nous ne mentons pas, je cherche encore ». 

Elle m’a inspiré ce petit texte :

J’ai porté mille peaux sur le dos, croulé sous le poids horrible de ces  oripeaux. J’ai fini par les arracher,  écorcher mes désirs et mes secrets tissés dans l’étoffe de ces mensonges moulés sur mon corps fatigué. Mais ce n’était pas assez. Les jours fermentés ont vomi mes artifices. Je me suis noyée dans le miroir de la conformité et puis, lentement,  j’ai défait les attaches, une à une, coulé les noeuds du mal à l’être pour atteindre la puissance nichée au creux de ma conscience, une puissance d’âme propice au rêve d’art de soi sans reflet pour croiser ma propre humanité.

Nadia Bourgeois

Odyssée de la métamorphose

D’après le dictionnaire, la métamorphose est le changement d’un être en un autre, la transformation totale d’un être au point qu’il n’est plus reconnaissable. C’est la modification complète du caractère, de l’état de quelqu’un, de l’aspect ou de la forme de quelque chose.

L’une de nos métamorphoses les plus connues est née de la rencontre entre un ovule et un spermatozoïde. Ce dernier a lui-même subi une mutation : à la puberté, les spermatogonies (cellules souches) apparaissent très tôt dans le développement embryonnaire et restent inactives jusqu’à la puberté.  Elles passent ensuite par la phase de la spermatogenèse qui dure environ 74 jours pour donner un spermatozoïde fonctionnel.

Les cellules germinales primordiales sont à l’origine des spermatogonies. Et après ?  Nous nous heurtons sans cesse à cette chaîne sans fin des origines.

Nous ne cessons de nous métamorphoser jusqu’à notre mort. La transformation fait partie de notre existence et nous l’incluons dans tous les actes de notre quotidien sans même nous en rendre compte. Qu’elle soit physique ou spirituelle, elle est une manifestation de la vie. L’éviter revient-il à  éviter la vie ?

 

Méditation chamanique


 Expérience sur la musique the chaman’s journey you tube

J’ai écrit ce texte à la suite d’une consigne donnée par Anaël Verdier en atelier d’écriture en 2015. Je me suis prêtée au jeu et me suis inspirée de cette musique. Ce fut une expérience étonnante, je me suis laissée porter par le rythme et les mots m’ont échappé. Je vous recommande d’essayer, même si le résultat peut s’avérer déroutant. 🙂

Je suis bien dans l’entre soi fragmenté de l’univers et je plonge dans le son empirique d’une goutte de pluie. L’œil végétatif danse dans une rotation imberbe.

Mon corps n’est plus qu’un son, une torsion organique qui s’élance dans la matière invisible du cosmos. Ondulations cérébrales, terreau animal. Je ne fais plus qu’un avec la vie et j’avance, remue l’humus au sol. Enfonce et enfonce mon esprit tellurique dans la fossilisation temporelle de la genèse.

Une note, je chante. Je m’arc boute et j’ondoie ; je fragilise mon espace, je transcende l’un.

Vaste, vaste étendue, arrière, epsilon ! Voile imperceptible, murmure vagal.

Je cours et je saute. Une, deux. Un nuage est tombé à terre et se répand sur les racines de mes regrets.

Le lierre grimpe et envahit mes tympans. Aussi fine que du papier, je suis traversée par la lumière. Elle écrit sa musique sur mon corps. Tatouée, je cours encore, je saute, je danse et m’essouffle. Je me pose, il est là. Il glisse comme une ombre sur mon visage, le caresse, je frissonne. Un, deux, trois, motif géométrique en mouvement, je capitule. Je me laisse prendre.

Battement de cœur, boum, boum, boum, boum, changement de rythme, boumboum, boumboum. Encore une accélération. BoumboumboumboumBOUM ! Majuscule en l’air. Gravitation de l’éternel néant, je fuse. Comète insolente, je laisse une trace sur la voûte stellaire. Quelle impudence ! Fau-il que je rayonne ?

Je préfère me taire, rêver et me taire. Il vient à moi je le sens, je ne m’en effraie pas. Il peut m’habiter, j’ai suffisamment de place. Il peut se raconter, je le chanterai, je l’hymnerai même, jusqu’à l’épuisement. Il appui sur mon torse, appui et appui encore. Respire, respire !

Là, voilà, c’est mieux. Encore un rythme dans ma poitrine. Boum tchak, boumboum tchak.

Boum…Boum… ralentissement, anéantissement, sursaut.

Oui, je sais que ce n’est pas ce que vous attendez. Où est le sens ? Une histoire, une expérience ? Et si c’était ça. Sujet verbe complément, complètement en dehors de moi. Ce n’est pas ça la vie. C’est une fulgurance, une incohérence qui vous habille d’intelligence. Déconstruire, jeter, polir, briller, puis aimer.  Juste un tambour et soi et dans l’entre soi, un monde. Convoquer l’onirisme, l’appel de l’ailleurs, la frontière tranchante, l’ultime appel !  Je l’entends, il parle en moi lorsque je sais me taire. Apprendre à se taire pour mieux s’emplir.

Mes pieds sont des papillons, ils ne touchent plus terre. Ils ont mieux à faire, ils savent qu’elle est en eux. Insinue-toi, envahis-moi. Je suis caisse de résonance. Mon cœur fibrille jusqu’au point de rupture. C’est le vertige absolu. Non sens, verbe. Pulsation, verbe. Allez, ça y est, je sens que je lâche prise. Je suis à chair de peau, je martèle. Martèle et martèle. Ca s’enfonce dans le dedans. Ca me vrille, ça m’instille, ça me meut.

Je suis un être pris dans la tourmente d’un rythme lancinant et j’avance mais je ne sais pas où je vais et je ne trouve même pas ça inconfortable. Je suis bien. Je ne suis plus là en fait, je suis  dans l’entre soi et j’ai la tête qui tourne. Mon rythme cardiaque s’accélère.

Pulsation, pulsation, tambour. Il va vite, il cogne, il m’agrippe, il m’entraîne. Où ça ?

Je cours, je cours, je cours, je cours, je m’essouffle. C’est vert autour et ça bouge. Ca va trop vite et j’ai peur que mon cœur lâche. Ouf, j’entre dans la matière. Je cloche sur des notes de piano. Je m’enfonce et je remonte et c’est magnifique. Le grain de ma peau vibre.

« Cantanatolate ». Je me sens glisser et voler. Je me vois, je rampe, je creuse mon dos et j’avance dans les herbes hautes, félidé royal. Ma chevelure balaie le chemin de l’exil auquel je suis forcée. J’ai le regard brisant. Je cherche quelque chose dans un rituel qui me dépasse. Je suis à la limite du supportable, elle est plus forte que moi. Elle m’angoisse et pourtant, je ne cesse de me la repasser en boucle. C’est la deuxième étape. Cette musique que j’accueille et que j’intériorise depuis deux pages me modélise. Je suis derviche tourneur et ma tête n’est plus dans l’axe.

Des ombres m’observent et m’encerclent. Je vois le ciel tournoyer au-dessus de ma tête.

A moins que ce ne soit moi.Je suffoque, je n’arrive pas à me concentrer. Je ne vois plus rien. La musique est omniprésente. J’ai vraiment le vertige et la tension monte. C’est incroyable. C’est une caisse de résonance. Ca va vite. Encore et encore trop vite. Si ça va plus vite, est-ce que mon cœur explose ?

Un casque vissé sur la tête, je suis au bord de l’épuisement. La musique s’arrête. C’est le grand vide. Je recommence. Je veux aller au bout de l’expérience. Une addiction péremptoire. Boumboumboumouboumboumboumboumboum ! Encore ! Encore ! Plus fort ! J’augmente la densité. La volute est à son maximum et je commence à saisir les nuances de ses battements lancinants. J’en saisis les contours, les décélérations. Je n’ai pas de vision particulière, juste une vive émotion. J’ai envie de me lever. J’ai le sentiment que je ne peux pas accéder à une étape supérieure si je ne danse pas avec ces notes. Elles m’appellent elles me cherchent et je n’en peux plus. Un accent, deux, trois, accent ! Accent ! Frappe !

Mon corps est un silence et demi. Il se résout dans l’absence temporelle. Allez, si je me mettais à vivre maintenant, là, si j’osais. Si je me déployais ?

J’ai mille peaux et je m’appelle Kichté. Je ne suis pas matérialité, j’existe dans les espaces, dans les creux, dans le vide. Je suis pétrie de vide et j’ai traversé des épreuves que seules les âmes mal nées sont capables de supporter. J’ai chevauché le soleil pour m’enfuir de la douleur. Elle m’a traquée et j’ai résisté. J’ai sauté de nuage en nuage et je me suis posée sur la pointe de l’espérance. J’y suis restée en équilibre sur un pied, juste pour défier l’adversité. Elle se dressait devant moi en figure obsolète. Je l’ai chassée de tout mon amour et elle s’est mise à pleurer. Je me suis assise à ses côtés et je lui ai dit que ce n’était pas grave, que j’avais pleuré moi aussi et que les larmes font pousser les arbres. On peut s’y mettre ensuite à l’abri alors ça ne fait rien. A l’ombre de la douleur, on se recompose. Elle m’a tendu la main et je l’ai serrée très fort. On a survolé ensemble plein de territoires inconnus et nous avons fait l’exégèse du monde.

Répétition. Il y a quelque chose d’absolu dans la répétition. Elle réinvente, elle accède au magique, au sacré dans la boucle. Boumboumboumboumboumboumboum !  La transe ! Boum boum boumboum boumboum boum boumboumboumboumboum. Les repos, les absences creusent la différence et singularisent. Univers, sommes nous vraiment vers l’uni. L’universalité un peu pour se reposer et unis vers quoi d’abord ?

Refuser l’uniformité, désincarcération thoracique de l’esprit. Je sursaute, il arrive au galop, là, prend la lumière dans les filets de sa crinière fauve. Je m’accroche à son  insonorité.

Ils refluent vers mon centre. Je les appelle de toute mon âme mais ce sont les images qui  vectorisent l’intensité acqueuse de mes mystères.

Lichen, mandragore, verdoyante allée poudreuse de l’immense voile de soie, puisse tu me couver de ton iris de feu.

Kichté est mon nom et il transcende la descendance de l’infanticide amertume.

Je suis le fruit de la connaissance. J’ai toutes les connaissances et le grain de ma peau est une connaissance acquise à la cause de l’humanité.

Suis-je à l’état d’incohérence ? Supporterez vous cet alanguissement né de la variation vibratoire de la note affûtée de mes désirs ?

Je suis une page que l’on tourne, qui jaunit, que l’on froisse. Je m’écris entre les lignes. Je marche entre les marges et j’ai le vertige. Ca tourne, ça suinte, ça déborde d’emphase.

Steppe contaminée par les lueurs de l’aube chétive. Ligne cadencée de l’aile brisée de l’aigle dévolu à l’élévation.

Soi, soi, soi, soi, soi, soi, péremption. Soi, soi, soi, soi, soi, soi, rédemption.

Je suis un monde dans un monde et rien ni personne ne pourra l’empêcher. Pas même la mort, il est trop tard. T-r-o-p t-a-r-d. Je suis affranchie. Plus rien ne m’atteint, pas même le néant. Je suis l’absurdie crucifiée. Une étoile égarée à la pointe émoussée mais je trace mon sillon à travers la voir lactée pour atteindre cet autre versant de l’envers. Solitudinale est mon âme. Anamorphosée en cet instant, je surgis dans les volutes de tous les possibles. Végétale, minérale, animale, je suis en tout ce qui prend vie.

Là, ça y est, je m’assied en tailleur et je contemple la majesté des atomes fortifiés. Ils conspirent sur la toile de mon esprit et je vois une vallée au milieu de laquelle coulent quelques notes de joie sautillantes. Elle vrille là où la terre l’appelle et jaillit, obscure, plus vive que jamais pour inonder de son aura les alentours. Et je suis cette rivière, je vrille et je danse avec elle. Danse, danse, danse, danse, danse, émerge. Boumboumboumboum.

Boum, boum, boum, boum, une sensualité avérée, hop, hop, hop, hop ! Obstacle.

Incrustation déficiente, pourquoi tu t’accroches, hein ? Tu veux voir l’après, le bout de l’infini. Obstruction, changement d’orientation. Ligne courbe, arabesque.

Respire, respire, respire, court, mais court après ces idées échevelées qui te tiennent tête. Tu t’prends pour un humain ? Ah, ah, alors crie ! Arrache tes poumons et ce qui te sers d’oreille. Ecoute avec les yeux ! Battement, battement, chevauchement. Stop !

Tu les sens les unions sournoises, inattendues ? Ca te dépasse, les mots s’unissent, font leur chemin. Simplifie l’accueil, reçois, le rythme, forge l’artère fémorale.

Tourne, tourne, convoque ! Tu peux le faire, laisse les venir, laisse les entrer, tu as ta place !

Meurs !

© Nadia Bourgeois

 

 

Alice et Krishnamurti Qui suis-je ?

Alice au pays des merveilles

alice au pays des merveilles

« Je me demande si j’ai été transformée pendant la nuit. Réfléchissons : étais-je bien la même quand je me suis levée ce matin ? Il me semble en effet me rappeler que je me sentais un peu différente. Mais si je ne suis plus la même, une question s’impose : qui puis-je bien être ? Ah, voilà la grande énigme ! »

«  La chenille retira le narguilé de sa bouche et s’adressa à Alice d’une voix molle et endormie :

– Qui es-tu, toi ? (…)

– Je… je ne sais pas vraiment, madame, pour le moment. Du moins, je sais qui j’étais quand je me suis levée ce matin, mais je pense que, depuis, j’ai dû changer plusieurs fois.

– Que veux-tu dire par là demande sévèrement la chenille. Explique-toi.

– Hélas ! Madame, le « moi » que vous me demandez d’expliquer n’existe plus. Je suis une autre, voyez-vous.

– Non, je ne vois pas.

(…)

– Eh bien, vous ne vous en êtes peut-être pas rendu compte, dit Alice, mais quand vous devrez vous changer en chrysalide-un jour vous serez obligée vous savez- et ensuite vous changer en papillon, je pense que cela vous paraîtra  un peu bizarre, non ?

– Pas le moins du monde.

– Eh bien, vous n’êtes peut-être pas de cet avis, mais je sais que moi, je trouverais ça très bizarre.

– Toi ! dit la chenille avec mépris. Qui es-tu, toi ? »

Après avoir relu ce passage du livre de Lewis Caroll, je me suis dit :

– C’est vrai ça, au fait. Qui suis-je ? J’ai demandé à moi-même. Mais moi-même était bien en incapacité de me répondre car il n’est pas moi.

– Qui peut répondre mieux que toi-même ? me rétorqua-t-il.

– Tu as raison, je vais lui poser la question.

Toi-même a formulé simplement cette injonction : « Connais-toi toi-même. »

C’était à devenir fou ! J’ai renoncé à me connaître alors j’ai demandé :

– Qui êtes-vous ?

Bonne année 2015 !

Plus que quelques heures alors je prends de l’avance pour vous souhaiter à toutes et à tous une excellente année 2015 !

Ils sont vraiment trop Minions ! Susceptibles s’abtenir…

La danse

Parce que lorsqu’on aime on ne compte pas, voici un extrait de la vidéo de Step up revolution. C’est un véritable plaisir des yeux et j’avais envie de partager ces moments avec vous. Vous ne verrez plus jamais une galerie d’art de la même manière après ça.

Que diriez vous d’infiltrer le monde de la finance pour bousculer les fondements de notre économie ? Imaginez que demain, notre monnaie d’échange soit la danse. Vous lanceriez-vous vous sur la piste pour exécuter un pas ou deux ?