Archives Mensuelles: janvier 2017

« La mini jupe is not dead », plaidoyer.

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La métamorphose n’est pas seulement une question physique, elle passe aussi par l’esprit. Le point de vue sur la liberté de chacun se façonne par la réflexion. Je vous soumets ce petit texte qui à défaut de vous convaincre, vous fera peut-être sourire.

La mini jupe is not dead !

Mesdames et messieurs les jurés, je voudrais attirer votre attention sur les dessous de l’affaire baptisée « Mary Quant », en hommage à la célèbre créatrice de mode, qu’on ne prendra pas pardessus la jambe, sans vouloir faire de jeu de mollets.

La jeune femme que voici, est accusée d’avoir éveillé les plus vils instincts chez trois adolescents pré pubères.

Mais enfin, de quoi accuse t-on cette jeune femme au juste, si ce n’est d’avoir seulement apporté un éclairage scientifique sur la nature masculine, révélé que leur vue se porte plus bas que celle des femmes, et qu’un décolleté vertigineux provoque un strabisme oculaire occasionnel chez le mâle dominé par le mal ?

Tout le monde sait qu’outre le fait d’être parfaitement légal, le port de la mini jupe est  symbole d’ouverture d’esprit dans les pays à fort taux d’émancipation.

En effet, on constate que plus on a les idées larges, plus les jupes rétrécissent. Et si l’on porte le verbe haut, pourquoi pas la jupe !

J’entends ici et là que l’on s’apitoie facilement sur le sort des pauvres descendants d’Adam  dont l’augmentation de la tension artérielle est inversement proportionnelle à la longueur de la  jupe qui, à défaut d’être l’emblème de la décence, est celui de l’empire des sens.

Et alors, quoi ? Elle libère la libido, favorise la reproduction active, et redynamise le recensement national !

Cessons cette hypocrisie qui consiste à masquer l’intérêt évident qu’ont les hommes pour les deux hémisphères à peine dissimulés sous les plis de ce petit bout d’étoffe plutôt qu’à ceux nichés dans le cerveau des jeunes filles en fleurs.

Dois-je rappeler également que nous traversons un contexte économique particulièrement difficile et que cette tenue anti crise par excellence, permet à l’industrie textile de réaliser de vastes économies ?

En effet, le coût de cette pièce rapportée au centimètre carré est honteusement élevé. Ajoutez à cela l’obligation de s’épiler plus fréquemment, le risque de s’enrhumer très vite et vous conviendrez qu’en plus d’être une victime de la mode, la femme subit le plus fort préjudice moral et financier.

Mesdames et messieurs les jurés, pour toutes ces raisons et parce que les plus courtes sont les meilleures, je demande votre clémence pour ma cliente.

Nadia Bourgeois

 

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Papillons Blancs

Envolez-vous sur les ailes blanches des papillons du poète Manach

Vertige de l'Oiseau

Papillons BlancsIllustration of the Poem [ Artist ]Laurie Kaplowitz

Frise fleur blanche 30-1

Papillons Blancs

Vers les lieux de solitudes intérieures
S’enfuit en fins cristaux bleutés
De l’herbe humide
La brume sublime du matin patient.
Mystère d’un nuage au plus près de la terre
Soulagée par le départ des flots de l’ailleurs
La  Nature fragile au vert insouciant
Se révèle au regard du poète timide.

Allongé depuis des heures dans la verdure
Une épine du rosier plantée dans la main
J’ai l’œil rempli d’avoir contemplé ton jardin.
C’est fort doux quand ton cœur
M’y retrouve en bordure.
Nul ne peut séparer de mon cœur ton jardin.

L’univers du papillon blanc est immortel
Au travers du rayon des nuits
Étincelantes
Y a-t-il lieu pour moi de rêver encore ?
Si longuement dans le corridor lumineux
J’ai avant que tu ne t’endormes sur l’autel  
Effleuré les lignes ondulées de ton corps
Pour mémoire de…

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Andrew McPhail, métamorphoser ses blessures

Métamorphose : le mot « métamorphose » vient du grec morphè (forme) et du préfixe meta (qui exprime un changement) : passage d’un état à un autre état.

La métamorphose résulte parfois d’un cheminement artistique visant à panser des blessures, d’un désir de sublimer la douleur. C’est le cas de l’artiste séropositif, Andrew MCPHAIL dont les créations reposent essentiellement sur l’acceptation des épreuves difficiles que la vie nous inflige.
Son œuvre, «All my little failures », (tous mes petits échecs) représente une burka réalisée entièrement à partir de pansements, inspirée par un fait divers sordide survenu en Ontario. Une jeune fille qui ne voulait pas porter le hijab à l’école a été assassinée par son père.
Andrew accomplit des performances de rue aux cours desquelles il porte cette burka et distribue des pansements aux âmes en peine.
A la question : Quelle est la signification de « all my little failures »?
Il répond : « Pour moi, cette œuvre renferme de nombreuses significations qui se sont accumulées avec le temps et, j’espère que le public les saisit. Elle aborde principalement le fait d’être couvert et dissimulé, mais en même temps, le fait que la façon dont on se cache attire l’attention vers soi et nous rend extrêmement visible. J’ai superposé cette notion aux personnes vivant avec le VIH et au fait que si je ne disais pas que je suis séropositif, on ne le devinerait probablement pas. Un voile peut à la fois cacher et révéler — un peu comme les aspects de la vie avec le VIH et les divers degrés que l’on peut révéler en public ou non ».

Je suis très touchée par les démarches artistiques semblables à celles d’ Andrew McPhail. La créativité, la sublimation, la transfiguration du réel ont quelque chose à voir avec la survie.
Cela ne revient-il pas à dire : Toutes ces blessures, ces fragments fragiles, ces bouts de moi, sont un coin d’histoire, un rempart contre l’oubli, l’effacement ?
Avez-vous songé à vos propres métamorphoses ?

Site de l’artiste : http://www.andrewmcphail.com/all-my-little-failures.html
Extrait de l’interview : http://www.catie.ca/fr/visionpositive/ete-2012/art-posiif-peau

Voeux 2017 : Le lampadaire qui voulait entrer dans la lumière

« J’aime le réel lorsqu’il est transfiguré avec une attention particulière »
Blaise Cendrars

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factoryb.com artiste Brandon Stahlman

Voeux 2017

Une page est tournée, mais l’histoire continue. 2017 est un pas de plus dans l’histoire de l’humanité et c’est nous qui l’écrivons. Je vous souhaite de trouver, si ce n’est déjà fait, ce sens à votre vie qui éclaire votre chemin et vous donne envie de vivre chaque jour pour créer, transcender et sublimer, tels des magiciens, ce quotidien dont nous devrions voir toute la richesse et prendre soin. Je vous souhaite une excellente année 2017 et une bonne lecture.

Le lampadaire qui voulait entrer dans la lumière

J’ambitionnais de me muer en lampadaire pour transcender l’univers, lui apporter ma lumière.
Lorsque je fus fin prêt et tout illuminé, je me tenais droit et fier, enraciné dans le bitume amer.
Eclairer les passants égarés dans l’obscurité, donnait à mon existence un certain sens de l’humanité.
Sensibles à mon éclat, ils relevaient la tête pour me saluer, me féliciter de leur montrer le chemin. Profitant de la clarté, ils se laissaient aller à musarder avant de rejoindre leur foyer.
Oubliant la fatigue de la station debout prolongée, je m’enorgueillissais de ces célébrations, gonflait mon ampoule de toute ma vanité, poussais l’excès de zèle jusqu’à les illuminer même en journée.
Les jours passaient et les passants aussi, hâtant le pas devant moi ; relevant la tête puis ne la relevant plus, jusqu’au jour où je ne vis plus que le bout de leur chapeau, émergeant du col de leur manteau.
J’avais beau briller de toute mon intensité, aucun regard ne trompait le trottoir.
Alors, je me mis à clignoter, grésiller de désespoir, puis m’éteignis. Un chien vint pisser à mon pied.
Le lendemain soir, enveloppés par la pâle bienveillance de la pleine lune, les passants pressés déambulaient devant ma dépouille sans sourciller et le surlendemain, dans la nuit épaisse, quelqu’un releva la tête, puis un autre et un autre… Il leur manquait quelque chose, mais quoi ?
– C’est le lampadaire, dit l’un d’eux.
– Il faut absolument appeler la mairie pour le signaler et le remplacer. Répondit un autre.
– Les lampadaires ne sont pas fiables, dit un dernier. Ils nous lâchent sans crier gare quand nous avons le plus besoin d’eux.
J’eus un sursaut, un élan de survie, je m’allumais, clignotais, grésillais, puis m’éteignis tout à fait.
Les passants haussèrent les épaules dans un soupir, puis comme tous bons passants qui se respectent, passèrent leur chemin.
Une personne cependant revint sur ses pas, posa sa main sur mon mât et souffla :
– Tu me manques, j’espère que tu reviendras.

Nadia Bourgeois