Archives Mensuelles: avril 2016

Le grand marin Catherine Poulain

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Dimanche 03 avril, je me suis rendue à l’escale du livre à Bordeaux. J’ai eu la possibilité d’approcher la très remarquée Catherine Poulain pour son roman »Le grand marin » et je lui ai parlé. J’avais eu l’occasion de la découvrir dans l’émission  » La grande librairie » animée par François Busnel et j’ai été touchée par sa personnalité et ce qu’elle a vécu. C’est une femme menue, avec un regard bienveillant, une voix très douce et une apparente fragilité.

Apparente seulement. Après avoir vécu dix ans en Alaska pour pêcher le flétant et la morue noire dans des conditions extrêmes, Catherine Poulain nous raconte la rudesse et la beauté d’un univers trop méconnu ainsi que le quotidien de ces marins du bout du monde. L’histoire de Lili, agrippée à son rêve de grand départ au milieu de ces hommes dressés comme des rochers, aux visages et aux coeurs taillés par les vagues. Cette histoire m’a littéralement transportée. Ca sent le grand large et l’appel de l’aventure. L’auteure, nous livre un puissant témoignage d’une grande force avec une poésie superbe. Un récit poignant dont j’ai eu peine à sortir tant il est authentique.Une magnifique rencontre !

extrait p64

« Connaître des jours, des nuits, des aubes belles à en renier son passé, à y vendre son âme. Oui, avoir osé la franchir la frontière, ça ne pouvait être que pour y trouver la mort, y pêcher sa fin très rouge et très belle, un poisson ruisselant de mer et de sang, venu se ficher dans ma main comme une flèche flamboyante. Je revois mon départ,la traversée des déserts dans le car au lévrier bleu, le ciel de l’anorak et ses nuages de duvet autour de moi..c’était donc pour cela que je partais, cette force qui me donnait toutes les audaces, gagner ma mort. »

 

 

S’il te plaît, dessine-moi

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Illustration de Fabienne Fumière Texte Nadia Bourgeois

S’il te plaît, dessine-moi une vague de larmes, des sillons d’embruns, un phacochère en rut, des rutabagas en pâmoison. Une cathédrale en dentelle pour caresser mon âme et déplier mes instincts de papier. Une cloche d’espoir, une semelle sous laquelle je pourrai m’abriter, un lacet auquel je pourrai m’accrocher, un cœur déliquescent. Une parenthèse pour y mettre les mots importants, pour y façonner mes rêves, les laisser s’envoler. Un jardin bleu roi, des femmes indigo, des ampoules turgescentes, un intérieur de moi en kaléidoscope, un tam tam  vibratoire, des sonorités d’argent pour une humilité dérisoire. Un rasoir en cristal, toutes ces choses absurdes qui peuplent mon imaginaire et qui n’écloront jamais dans les nervures ajourées de la pensée des autres. Ces pantins adéquats en uniforme de soie, fragiles et indolents, fertiles et rayonnants. S’il te plaît dessine-moi ta main et place là dans la mienne bien au chaud dans mon amour escalator. Dessine-moi des lignes de fuite, des lignes mouvantes, mourantes et vagabonde moi dans les plis abstraits de ton esprit défait. Accorde-moi cette faveur enivrante de ne pas connaître la destination, de te laisser aller la plume au bout des doigts, sans retenue, dans la plus simple nudité de ton âme. Mets à nu des empires de mots profanes, de repentis vespéraux, d’ombres diaphanes. S’il te plaît dessine- moi avec mes faiblesses, mes imperfections, mes rages, mes passions, mes failles, mes rudesses, mes éclats, ma lumière. Dessine-moi à ta guise, mais s’il te plaît, dessine-moi pour que je ne meure pas.

Nadia Bourgeois  28 03 2016

Suite à un commentaire très judicieux d Elisa, je précise que j’ai écris ce texte à partir d’une consigne que j’ai donnée aux participants des ateliers d’écriture que j’anime.  » A partir de « s’il te plaît dessine-moi…écrivez tout ce qui vous passe par la tête ». J’ai moi-même joué le jeu et ce texte est né. J’ai pensé ajouter l’illustration de Fabienne Fumière pour rendre hommage à sa série de tableaux sur le thème du Petit Prince.

METAMORPHOSE ESCHER

l'infini en mouvement

escher métamorphose

Le plein et le délié valsent dans les jeux d’ombres.
Dans leur fragilité marquée par les accents,
Se font et se défont, étirent la pénombre,
Muant leurs traits figés en rêves opalescents.
Nadia Bourgeois