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Clarissa Pinkola Estés Femmes qui courent avec les loups

Femmes qui courent avec les loups

Clarissa Pinkola Estes

Femmes qui courent avec les loups

Il est des ouvrages qui vous marquent, font résonance et vous accompagnent toute une vie.
Vous avez beau refermer le livre, vous y revenez et y puisez sans cesse de cette magie qui fait les belles histoires ; pour vous abreuver de cette lumière qui vous éclaire et vous guide.

Femmes qui courent avec les loups est de ceux qui vous ouvrent la vue et vous montrent le chemin. J’ai découvert ce livre au cours d’une conversation avec un ami. Oui, un ami car contrairement à ce que peut évoquer le titre, ce livre est tout aussi bien adapté à un homme qu’à une femme. Son retour était tellement enthousiaste que je me suis précipitée pour l’acheter. Dès les premières lignes, j’ai eu une révélation. Celle d’avoir fait une belle rencontre. J’en relis des extraits pour m’en imprégner et pour le plaisir de me laisser transporter par la beauté des contes que Clarissa Pinkola Estés nous livre. J’ai offert cet ouvrage à une amie et je l’offrirai encore car il est des messages qu’il faut savoir partager.

Clarissa Pinkola Estés se définit comme une analyste jungienne, poétesse et cantadora.
En tant que telle, elle a appris à des femmes de se réapproprier leur vrai nature et recouvrer leur instinct sauvage en se livrant à des fouilles « psycho-archéologiques » des ruines de leur monde souterrain.

Elle a consacré une bonne partie de sa vie à l’étude de la biologie animale et particulièrement celle des loups et c’est en observant cet animal qu’elle a pu établir des parallèles troublants entre le comportement des loups et celui des femmes.
Elle révèle des caractéristiques psychiques communes comme la force, l’endurance, l’instinct, l’attachement et la fidélité familiale entre autres.
Tous les deux ont été chassés harcelés, décriés, considérés comme inférieurs à leurs détracteurs. C’est durant son étude des loups que l’archétype de « La femme sauvage » est né.
Clarissa nous parle de « La femme sauvage » non comme un être associable, mais comme un être doté de sa spontanéité originelle, un être débarrassé du carcan de la société bien pensante.
Son instinct libéré, la femme sauvage ne craint pas le loup comme on le lui a enseigné. Elle court avec lui, les pieds nus et elle rit à gorge déployée parce qu’elle est elle-même tout simplement. Cette libre expression de soi, si violemment condamnée à travers les siècles, ces stigmates de culpabilité si longtemps endossés par atavisme, Clarissa propose de s’en défaire.

Les contes nous disent, nous expriment, nous enseignent quelque chose de nous-même dans un substrat de métaphore élevé au point que nous avons sans doute oublié son fondement même. Etre à l’écoute de sa voix intérieure, apprendre à reconnaître son pouvoir sauvage à l’intérieur de la psyché, se fier à son intuition et se faire confiance.

Clarissa Pinkola Estés affirme que le meilleur moyen de rester en contact avec le sauvage est de se demander ce qu’on veut. « Il est nécessaire de faire la différence entre ce qui nous interpelle et l’appel qui vient du plus profond de notre âme. »
Pour illustrer son propos, elle utilise l’exemple du buffet. Difficile de faire un choix tant les mets sont tentants. Ils éveilleront l’appétit de bon nombre d’hommes et de femmes qui choisiront de goûter un peu de tout, sans qu’ils aient réellement faim.
« Lorsque nous faisons ce type de choix, nous décidons de nous offrir une chose parce qu’elle est sous notre nez à ce moment précis. Elle ne sera pas forcément ce dont nous avons besoin.

Lorsque nous sommes en relation avec le Soi instinctuel, avec l’âme du féminin qui est naturelle et sauvage, au lieu de regarder ce qui s’offre à notre vue, nous nous disons :
De quoi ai-je faim ? Sans jeter un œil à l’extérieur, nous nous aventurons à l’intérieur et nous demandons : « de quoi est-ce que je me languis ? Qu’est-ce que je souhaite aujourd’hui ? »
En général la réponse est rapide : « Je crois que je veux… »
Peut-être que ce que nous cherchons n’est pas présent dans le buffet et qu’il faille le chercher un peu, parfois longtemps et nous serons heureuses d’avoir cherché quels étaient nos désirs profonds.

La femme sauvage est celle qui ose, celle qui crée, celle qui détruit. Elle est l’âme primitive, inventive, qui permet tous les actes créatifs, tous les arts. »

Je ne vais pas vous citer tous les passages de ce livre, tant il contient de pépites.
Clarissa Pinkola Estés évoque la nécessité pour une femme de se reconnecter avec sa nature sauvage, son instinct de louve pour ne pas perdre son âme.
Et c’est dans la magnificence de sa narration généreuse et son talent de conteuse que Clarissa nous livre les clés de la compréhension féminine.
Longtemps muselée, corsetée, la femme est devenue la geôle de son âme asservie.
Qu’on la laisse courir et bientôt, elle jettera ses chaussures pour sentir le chatouillement de l’herbe sous la plante de ses pieds et de sa robe surgira une magnifique queue. Elle courra toujours et encore et à un moment elle poussera un cri. Un énorme cri. Celui d’une louve affranchie qui ne craint plus d’être en devenir dans sa créativité la plus primitive !

Je vous recommande la lecture de ce fabuleux ouvrage.

Conseils d’écrivains

Jean d’Ormesson

Jean d’Ormesson
Je n’ai jamais écrit uniquement à titre autobiographique, j’y ai toujours mêlé la fiction. Dans mes livres, elle se tisse naturellement avec la réalité. Je crois qu’écrire, c’est avoir des obsessions. On écrit parce que quelque chose ne va pas, parce que la vie ne suffit pas: il faut s’en créer une autre. C’est pourquoi je préfère la veine romanesque. D’ailleurs, je pense que l’autobiographie classique, du style « Je suis né à telle date, à tel endroit, etc. », est condamnée. A notre époque où tout est autobiographie, il faut revenir à ce mélange de la fiction avec la réalité, c’est ça la littérature. Mais ce n’est pas parce qu’on a une vie intéressante qu’on peut entrer en littérature: il faut du talent, voire du génie comme Chateaubriand. Dans ses Mémoires d’outre-tombe, qui restent mon livre de chevet, il ne dit pas tout de lui, il ne retient que ce qui contribue à forger sa statue. Rousseau, lui, fait l’inverse et promet de se dévoiler entièrement. Mais tous deux prouvent que la littérature, c’est d’abord l’imagination. La littérature, ce ne sont pas des idées et des souvenirs mais des mots.»
Dernier livre paru: La création du monde, Robert Laffont, 2006

Alexandre Jardin

Alexandre Jardin
Il faut se méfier de l’exactitude, il faut préférer la vérité émotionnelle car c’est ce qui reste la plus grande vérité humaine. A partir du moment où l’on parle de l’écrit, il faut réussir ce que préconisait Louis-Ferdinand Céline: «briser la canne» avant de la mettre dans l’eau, avant que son reflet ne se brise lui-même. C’est ça l’autobiographie, c’est la question centrale de la transmission de l’émotion par l’écrit et non pas l’accumulation d’informations. Si vous ne transmettez aucune émotion, ça ne vaut pas la peine d’écrire. Sincèrement, je doute que la vie de Marcel Pagnol ait été celle qu’il raconte. Mais qu’est-ce que c’est bien raconté! Et Les trois mousquetaires: ça a l’air d’un roman mais c’est une autobiographie d’Alexandre Dumas parce que ce livre incarne avant tout la fringale et la gourmandise d’exister de cet homme. Pareil pour Le Petit Nicolas qui est aussi l’autobiographie de Goscinny, et qu’importe si son voisin s’appelait vraiment Aignan ou pas. Pour ma part, j’en suis venu à écrire sur les miens par un glissement assez naturel car il s’agissait d’une famille de gens qui aspiraient au romanesque.»
Dernier livre paru: Le roman des Jardin, Grasset, 2006

Gérard Mordillat
Dans une autobiographie je cherche avant tout un langage. Ce qui m’intéresse est moins la relation d’une vie que les mots pour le dire, la syntaxe, la scansion, la voix secrète du texte, celle qui me fait entendre l’étrangeté de l’autre. C’est sans doute pour cela que je n’ai jamais écrit d’autobiographie au sens strict du mot. J’ai toujours été fidèle à la morale que l’on m’a transmise: « Raconte pas ta vie. » En revanche, j’ai écrit, sous la forme autobiographique, bien au-delà de ma vie, celle des miens, celle de mes amis, de mes amours… Chacun de mes livres « autobiographiques » est en réalité une bombe de langage, dont chaque mot porte la mémoire de plusieurs individus. « Moi n’amuse pas moi », disait Chaval. Il n’y a rien que je veuille taire mais rien non plus que je veuille exposer. Il n’y a ni pudeur ni impudeur dans l’écriture. Ecrire, c’est accepter de se déboutonner. Partant de là, seuls comptent l’art et la manière. Dans Vive la Sociale! comme dans Rue des Rigoles j’ai utilisé la première personne du singulier, ce je qui me permet de me tenir à distance de moi-même, d’être avec malice et humour une sorte de cambrioleur qui fracture sa propre vie pour en faire partager le butin. Si l’on veut, je suis l’Arsène Lupin de l’autobiographie, j’ai mille visages et cent mains. Bien malin qui saura si je ressemble au je énigmatique qui joue les premiers rôles ou à la croûte de pain derrière la malle… Prévert l’a dit: « Si je ne sais rien, je pourrais toujours être professeur. » Il n’y a qu’un piège à éviter: prendre son miroir au sérieux. Dans le genre « autobiographique », je me sens de la famille d’Henri Calet, La belle lurette et Le tout sur le tout, de Georges Perros, Une vie ordinaire, et de Raymond Queneau, Chêne et chien…»
Dernier livre paru: L’attraction universelle, Calmann-Lévy, 2006

Jean-Claude Brisville
Je n’écris pas exactement sur ma vie privée mais sur tout ce qui, dans ma vie, a un rapport avec l’écriture et la lecture car ces sujets-là s’imposent à moi. Etre écrivain relève d’une nécessité intérieure et non pas d’un choix délibéré. Il faut vraiment avoir envie de le faire. La sincérité est nécessaire. Il faut aussi respecter la syntaxe et la forme en général, du moins si on veut être publié, donc lu. Il s’agit bien de littérature. Après, c’est aux lecteurs de décider. En tant que lecteur, justement, j’aime particulièrement les journaux intimes de Benjamin Constant, qui y révèle une personnalité assez méconnue. Je recommande aussi L’arrière-pays d’Yves Bonnefoy et Peau d’ours d’Henri Calet.»
Dernier livre paru: Quartiers d’hiver, De Fallois, 2006

Philippe Ségur
Il vient de publier un livre hilarant Ecrivain (en 10 leçons) , racontant l’écriture et la publication de son premier livre chez Buchet-Chastel. Evidemment, rien n’est faux, rien n’est vrai puisque c’est un roman!
Qu’est-il important de dire, pour vous?
Tout ce qui jaillit de la nécessité.
Que préférez-vous taire?
Les expériences spirituelles vraiment profondes. En parler les démonétise, car le fait de les évoquer met en cause leur valeur essentielle qui est précisément de mettre fin à l’état de nécessité. Dès que je parle, je montre. Or, pourquoi montrer si je suis? Si le récit peut ici constituer un témoignage, il prouve une forme d’échec de l’expérience, comme l’attestent certains livres de Kerouac.
Quels sont vos critères?
Bien choisir sa sincérité. Ne pas oublier qu’il y a mille façons de dire la vérité, puisqu’il n’existe qu’une façon de mentir: c’est de prendre la parole. Comme dit Thomas Bernhard, la vérité «n’est connue que par celui qu’elle concerne, s’il veut en faire part, il devient automatiquement un menteur». Il n’y a pas de vérité communicable, mais il peut y avoir une démarche authentique, une volonté d’être véridique. Tout dépend de la qualité de l’intention.
Quels pièges doit éviter un nouvel écrivain?
Vouloir se lancer sans connaître ses classiques. Au sens littéraire, l’écriture est un métier paradoxal qui ne s’enseigne pas et qui pourtant s’apprend. Même Rimbaud, aussi génial et précoce qu’il fût, a commencé par faire ses gammes.
Quels conseils lui donner?
De jouer aussi bien de la réalité que la réalité se joue de lui. D’où, à mes yeux, la supériorité de la fiction autobiographique sur l’autobiographie stricte pour en explorer les arcanes. Tous les auteurs que j’apprécie dans ce registre, de Dostoïevski à Fante, en passant par Hesse, Kerouac et Hamsun, sont passés par le dédoublement et la création d’un univers pour s’approcher de ce qui ne peut être dit. Cette attitude de démiurge est une chance incomparable: elle fait des auteurs de véritables seigneurs.
Quelle est votre oeuvre de référence dans ce domaine?
Le loup des steppes de Hermann Hesse.»

*Jordi Soler
Quoique né au Mexique, je suis d’origine catalane par mon grand-père paternel, un républicain espagnol qui a fui le pays lors de la guerre civile. Cette époque est un sujet tabou dans notre famille. Un jour, mon grand-père m’a confié ses Mémoires, écrits à la main, et il a accepté que je vienne l’interviewer. Il savait bien que j’allais en faire ce livre, Les exilés de la mémoire, mélange de mémoire familiale et de mémoire collective. La mémoire fidèle n’existe pas, c’est toujours la métaphore de quelque chose. J’ai privilégié l’histoire de mon grand-père racontée par ce narrateur qui me ressemble. Il faut oublier que l’on écrit sur soi, sur les siens. Au début, mon texte ne fonctionnait pas. J’ai mis des mois à trouver la bonne distance, à oublier que j’étais le petit-fils, pour que cette histoire réelle devienne aussi de la littérature.»
Dernier livre paru: Les exilés de la mémoire, Belfond, 2006

Hugo Hamilton
L’essentiel est de raconter une histoire, donc de faire de sa vie une histoire. Longtemps, j’ai eu l’impression que je n’avais pas d’histoire. J’ai vécu des moments très durs que je n’arrivais pas à partager. J’ai voulu tout oublier, jusqu’au jour où je suis tombé sur le journal intime de ma mère, après sa mort. Alors j’ai décidé de me souvenir. Mon enfance est pleine de choses désagréables mais j’ai choisi de tout dire. Je tiens à être honnête. On doit toujours être loyal avec le lecteur, sans ambiguïté. En revanche, il faut faire attention à son entourage, la vie des autres ne vous appartient pas. J’ai donc changé certains noms, passé sous silence certains événements. Je cherche à révéler des secrets mais à expliquer ma vision du monde, du point de vue de l’enfant que j’ai été. Quand j’ai commencé à écrire, je faisais de belles phrases avec de grands mots mais j’ai réalisé qu’aucun enfant ne parlait ainsi. Il faut créer son histoire dans sa propre langue. Raconter une histoire, c’est inventer une langue. Beaucoup de gens ont des vies passionnantes, fortes, mais tout le monde ne sait pas en parler. Mes modèles sont Thomas Mann, Heinrich Böll, et surtout Corrections de Thomas Bernhard.»
Dernier livre paru: Le marin de Dublin, Phébus, 2007

Annie Ernaux
Qui n’écrit pas ou n’a pas encore écrit s’imagine tout de suite en butte aux regards et aux reproches de l’entourage. Il a peur de ce qu’on pensera de lui, de blesser les autres, et en même temps a envie de raconter des choses de son existence. Or je ne me rappelle pas avoir jamais considéré un projet d’écriture sous cet angle, mais toujours sous celui de donner de la réalité à ce qui m’est arrivé. Attention: je ne dis pas qu’il n’y a pas de refus inconscient, de censure. J’ai tourné tant de fois autour de certains livres, écrit tant de pages en apparence inutiles avant d’oser continuer. Mais une fois embarquée, ayant trouvé le « comment », c’est-à-dire le projet narratif, « tout dire » signifie « dire tout ce qui entre dans ma recherche de la vérité, et taire, écarter ce qui ne me paraît pas nécessaire ». Grande différence avec une psychanalyse!
Souvent, le tri ne s’effectue pas de manière consciente. Parfois oui. Ainsi, dans La place, je n’ai pas parlé d’une scène où mon père tente un geste meurtrier envers ma mère, scène qui ouvre un autre livre, La honte. Des lecteurs se sont étonnés: « Pourquoi ça n’est pas dans La place, ou dans le livre sur votre mère, Une femme. » C’est que cette scène n’avait rien à faire dans ce que je voulais rechercher – la trajectoire sociale de mon père – et sans doute aussi parce que cette scène était à elle toute seule porteuse d’une autre recherche, dont le moment n’était pas venu. La mémoire de soi est toujours nouvelle. Je ne ressens pas les limites, comme si j’étais un pur objet à sonder, position de dédoublement ou de schizophrénie dont les causes m’échappent. Je ne les ressens pas non plus au sujet des gens réels qui figurent dans le livre. C’est un problème. Personne, je crois, n’apprécie d’exister à son insu dans l’imaginaire de lecteurs et je ne suis pas d’accord avec l’idée que la littérature a tous les droits. Mais, au fond, j’agis comme si le dévoilement d’une vérité générale était plus important que l’atteinte ou la blessure de quelques personnes. Le choix du mode narratif est ce qu’il y a de plus difficile à trouver. Il dépend du sujet, de la matière à explorer: un événement, une période, mais il n’est pas donné d’emblée et peut prendre des années. A un moment, la forme du livre devient évidente. Récemment, mon expérience du cancer du sein a pu se dire à partir de photos. Les autres formes avaient échoué.»
Les pièges à éviter, vos conseils?
Peut-être se demander d’abord pourquoi on a envie d’écrire sur sa vie? Qu’est-ce qu’on écrirait si on devait mourir après, pour se mettre le plus en posture de vérité. D’une manière générale, le principal piège à éviter est de partir avec la volonté de tout dire au lieu de choisir une période, un événement, voire juste un lieu, ou quelqu’un. Les possibilités de l’écriture autobiographique sont infinies, c’est la lecture des textes autobiographiques qui reste la meilleure des méthodes!
Vos oeuvres de référence?
La vie de Henry Brulard de Stendhal et Je me souviens, W ou le souvenir d’enfance de Perec, Nadja de Breton, un peu Simone de Beauvoir.»
Dernier livre paru: L’usage de la photo, Gallimard, 2005
Charles Juliet
Je ne choisis pas de dire ou de taire. Je laisse venir ce qui veut se révéler. Bien que j’aie une écriture réfléchie, j’ai l’impression d’écrire en aveugle, en me laissant guider par une sorte d’instinct. J’ai toujours eu le souci d’être vrai, d’être d’une absolue sincérité. Il ne faut avoir aucune image de soi, que celle-ci soit valorisante ou dévalorisante. Il faut supprimer les écrans déformants qui s’interposent entre l’?il intérieur et le magma dont il a à saisir des fragments. Il importe d’avoir une perception directe de soi, et de se tenir à distance dans la neutralité.
Les pièges à éviter?
La complaisance. La tendance à se présenter sous un jour avantageux et à se faire aimer, admirer.
Vos oeuvres de référence?
Des oeuvres nées de la Shoah ou des camps staliniens. Des oeuvres exemptes de narcissisme et qui relatent des expériences extrêmes. Ces oeuvres m’imposent une éthique. Elles me disent: écris avec gravité, respecte la vie, n’écris pas de mots creux, applique-toi à dire cette part d’humanité présente en chacun et dont tant d’êtres sont exilés.»
Dernier livre paru: L’opulence de la nuit, P.O.L, 2006

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/culture/livre/conseils-d-ecrivains_812059.html#0EuAaTdUST6EoC47.99

l’âme soeur

L’âme soeur

Le papillon morpho ou la métamorphose

caption id= »attachment_41″ align= »alignnone » width= »300″]Papillon réalisé en atelier à l'acrylique en 2009 Nadia Bourgeois

Papillon réalisé en atelier à l’acrylique en 2009
Nadia Bourgeois

Le papillon morpho

Les très belles ailes bleues du papillon Morpho sont incolores ! En effet, ses ailes sont recouvertes d’innombrables et minuscules écailles transparentes en chitine (substance organique azotée souple et résistante).
Mais grâce à leur structure superficielle, elles réfléchissent et réfractent* la lumière, la décomposant et créant des couleurs par interférence. C’est le phénomène de diffraction* qui est propre aux ondes électromagnétiques.
Les couleurs que nous voyons sont donc dues aux jeux de lumière dans les structures de ces écailles, plutôt qu’à la présence de pigments.
Ces couleurs, dites physiques (ou structurelles), apparaissent parce que les écailles présentent des structures parfaitement régulières dans lesquelles les distances sont du même ordre de grandeur que la longueur d’onde de la lumière (par exemple la longueur d’onde du bleu est de 446 à 500 nm)
Comme ce sont des couleurs physiques, dans l’air, dont l’indice optique est égal à 1, ces papillons apparaissent bleus mais dans l’eau, dont l’indice optique est égal à 1,4 ils apparaissent verts.
De plus, elles sont pérennes contrairement aux couleurs dues à des pigments qui peuvent s’altérer au cours du temps. Elles ont aussi la caractéristique d’être iridescentes, c’est-à-dire qu’elles changent selon l’angle d’incidence de la lumière.
Les japonais se sont inspirés de ces papillons pour produire des fibres sans colorant ni pigment. La couleur est créée à partir des variations d’épaisseur et de structure des fibres, pas besoin d’utiliser de teinture.

http://tpe-biomimetisme-chimie.e-monsite.com/pages/le-biomimetisme-c-est-quoi/quelques-exemples-actuels-d-inspiration-biomimetique/le-papillon-morpho.html

Une entreprise canadienne, Nanotech Security corp, s’est inspirée de la structure des ailes du morpho pour créer des billets de banque impossible à contrefaire.

http://www.courantpositif.fr/aile-de-papillon-la-nouvelle-arme-anti-contrefacon/

LE PAPILLON

Le papillon n’est pas recensé dans les dictionnaires de mythologie égyptienne alors que, dans la mythologie grecque, le papillon est symbole d’immortalité.  » Le papillon, c’est l’âme humaine comme le souligne l’étymologie: « psyché » en grec désigne à la fois l’âme et le papillon. »

Symbolisme Amérindien : Le papillon est le symbole de la métamorphose, du changement. Il nous enseigne qu’il faut laisser nos désirs se réaliser, de changer nos vies, de créer de nouvelles situations pour améliorer notre quotidien.

Il y a 4 étapes à faire pour devenir un papillon ; la 1 ère est l’œuf, la naissance de l’idée, ensuite, l’état de larve qui est de savoir si on réalise son projet. Ensuite, il y a le cocon où il faut amener ce projet à soi, le relier à notre personne. Et vient l’éclosion, la naissance du projet tant couvé. Ces étapes se répètent tout au long de notre vie, car des idées, des projets nous en avons plusieurs dans une seule vie. La force du papillon nous aide à mettre de l’ordre dans nos pensées, d’avancer consciemment

En psychanalyse: il est symbole de renaissance. Dans l’antiquité romaine, l’âme quittant le corps prenait la forme d’un papillon ; Psyché est représentée sous forme d’une petite fille ailée, semblable à un papillon.

Chez les Aztèques: il est le symbole de l’âme ou du souffle vital. Du fait de sa couleur et de ses battements d’ailes, on l’associe aussi à la flamme. L’homme suit le cycle du papillon.

Selon la mythologie irlandaise: c’est celui de l’âme débarrassée de son enveloppe charnelle, comme dans la symbolique chrétienne.

En Asie: les papillons sont apparus dans les arts non seulement pour leur qualité décorative mais aussi pour leur valeur sacrée.
Ils symbolisent l’immortalité, l’amour éternel et la joie. Ils incarnent souvent l’âme d’une personne vivante.
Ils intéressent pour ses métamorphoses : la chrysalide contient les possibilités de l’être. Il est aussi symbole de résurrection.

Au Japon: le papillon est l’emblème de la femme en raison de sa grâce et de sa légèreté mais il représente aussi l’inconstance. Lorsqu’ils sont deux,les papillons symbolisent la fidélité conjugale.

En Chine et au Vietnam: il sert à exprimer un voeu de longévité. Parfois associé au chrysanthème, il signifie l’automne.
Créature pleine de grâce, le papillon est le symbole de l’amour. Tel un amant qui recueille un baiser sur les lèvres de l’être aimé, il boit le nectar au coeur de la fleur.

citation Confucius

Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie

Conficius

Travail. Humour en image

Conseils d’écrivain

Les secrets d’écrivain de Joyce Carol Oates

auteur Joyce Carol Oates

Poétesse et romancière américaine, Joyce Carol Oates enseigne la création littéraire à l’université de Princeton. Auteure de plus de soixante-dix titres, elle a figuré deux fois parmi les finalistes du prix Nobel de littérature.
Comment définissez-vous le travail d’écriture ?
L’inspiration, l’énergie et même le génie sont rarement suffisants pour « faire de l’art ». Ecrire est un métier qui s’apprend. Ensuite, le laps de temps entre l’émergence de l’idée et la fin du manuscrit est incalculable. Cela peut prendre des années. Il y a tellement d’éléments à prendre en compte pour écrire un roman. On peut comparer ce processus à des affluents dans une rivière. Vous voyez cette rivière, elle paraît unie. Pourtant, elle est traversée par d’innombrables affluents.
Que faire si écrire devient douloureux ?
Si écrire devient douloureux, terriblement difficile et que le désespoir guette, alors vous devez continuer à travailler. Ce serait lâche d’arrêter. Mais si écrire est doux, il faut également continuer. Finalement, on écrit, ou on devrait écrire, à chaque instant.
Quelle est la place de la réécriture dans votre travail ?
Lorsque je finis un roman, je commence à travailler sur des nouvelles et parfois un deuxième roman. Lorsque ce roman est terminé, je réécris une grande partie du premier. Pendant ce temps, le deuxième texte repose dans un tiroir. Ecrire, réviser, écrire et à nouveau réviser est un rythme qui me convient. Malgré ma réputation d’auteure très prolifique, je suis en faveur de révisions fastidieuses. La révision est aussi un art.
Source : enviedecrire.com