LA DANSE COMME EXPRESSION DE SOI

LA DANSE COMME EXPRESSION DE SOI

la calligraphe de l'air

danseuse

J’ai déjà dit que j’aimais la danse. J’ai déjà dit aussi qu’à mes yeux, la danse est la signature de l’être dans l’espace. Lorsque le corps devient parole, il se passe quelque chose de magique. Cette forme d’écriture s’empare de tout votre être et c’est à ce moment là que vous avez plus que jamais conscience que vous écrivez la naissance du monde, à chaque instant, à chaque mouvement, à chaque respiration. Quand votre chair et votre esprit font l’amour, c’est là, ici même que vous êtes authentique. Ce n’est pas pour rien que dans les rites chamaniques ou dans les tribus d’Afrique, la danse occupe une grande place dans cette quête spirituelle à laquelle tout être humain aspire. Elle est un art cosmique qui puise l’énergie au plus profond de soi.
Laissez la transe vous transporter et écoutez ce que l’esprit de votre corps veut dire.

DSC_0127

La calligraphe de l’air

D’abord, elle défait lentement chacun de ses gestes, déboutonne ses doigts un à un pour dévoiler la chair délicate de la paume de sa main rosie par la pudeur des sentiments.
Elle fait glisser la lumière sur son épaule diaphane, chuchote son corps dans toute sa sensibilité, emplit l’espace de ses vibrations elliptiques.
Puis, dans une chorégraphie savamment orchestrée, elle projette son ombre dans une mue extatique. Pendues à une note coulante, ses pensées jouent sur le fil ténu de l’harmonique. Au bout du soupir, dressée sur la pointe de sa silhouette tendue comme un calame, elle exsude l’encre douloureuse de son âme dans de grands jetés, se perd dans des tracés lyriques et des signes oniriques.
Elle avance, fragile, dans toute la beauté de sa candeur tremblotante et la grâce de ses pas, vacillant comme une flamme prise dans les filets du vent.
Son souffle et la sueur mêlés dans ce ballet charnel, chantent la mélodie de l’être en devenir, bulle de soie en suspension aérienne dans une étreinte musicale.
Elle danse jusqu’à l’ultime respiration, jusqu’à papillonner au-dedans, jusqu’à mourir d’amour. Mourir dans la prose charnelle, mourir d’oser vivre l’éternel recommencement.
Jusqu’à vivre dans l’élan de l’instant, de la seconde féconde, de la retenue temporelle…
Lorsque, dans un dernier soubresaut, la calligraphe de l’air lâche une émotion au bout de ses arabesques, elle sait qu’elle a vécu sa plus belle histoire.

Publicités

À propos de gaïa

Ma plume est un cri, ma feuille en est l' écho.

Publié le 20/10/2014, dans Art, ATELIER ECRITURE, danse, dessin, ecriture, image, et tagué , , , , , . Bookmarquez ce permalien. 10 Commentaires.

  1. Ton écriture est une danse en soi… en soie… qui ondule, nous frôle et convoque le frisson intérieur. Merci Nadia 🙂

    Aimé par 2 people

  2. Ton texte est terriblement poétique, les dessins sont de toi ? quel talent !

    Aimé par 2 people

    • Merci beaucoup Laurence !
      Je suis très touchée par ton commentaire, tu me fais rougir. Oui, les dessins sont de moi. J’adore les mouvements de danse. Il y a une telle grâce, force et sensualité qui s’en dégagent… Bises

      J'aime

  3. Comme Elisa, en admiration devant tes mots, Nadia… tu as saisi l’essence de cette expression corporelle que j’adore… merci

    Aimé par 2 people

  4. Belle écriture, bravo, on y perçoit le rythme de la danse !

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :