L’écoute de l’autre

Ces derniers jours, j’ai vécu des émotions très fortes. J’ai subi une situation très désagréable et l’émotion en réaction à cette situation a été très violente. Je me suis sentie submergée par elle au point de ne plus pouvoir penser à autre chose. En écrivant cet article, j’en ressens encore la manifestation physique aujourd’hui.

Parce que cette émotion s’est transformée en sentiment d’être incomprise, flouée.

Et quand un sentiment s’installe suite à une vive émotion, il est difficile de s’en défaire.

J’ai tenté d’analyser pourquoi j’étais dans un tel état de mal être et d’en faire part à la personne concernée par cette situation.

Malheureusement, j’ai eu la sensation de ne pas être écoutée, que le partage de ce vécu, ce ressenti, a été pris comme un caprice et le fait de minimiser cette émotion, de la balayer comme une fausse interprétation m’a renvoyée moi et mon problème dans un coin.

Je pense que je me sentirais mieux aujourd’hui si j’avais eu une écoute attentive et une prise en compte de cette charge émotionnelle par de l’empathie ; oui,  j’aurais un sentiment différent aujourd’hui. Je sais que je ne serais apaisée que lorsque cette personne aura fait l’effort de réellement comprendre ce que j’ai à lui dire.

Cela m’a renvoyée à tant de choses. Les enfants à qui l’on dit tais toi lorsqu’ils souhaitent exprimer leur insatisfaction ou bien les gens que l’on muselle lorsqu’ils souhaitent manifester leur désaccord, à qui l’on oppose un refus. Ces personnes à qui l’on dit c’est comme ça et pas autrement.

Il se développe ensuite un sentiment d’injustice tellement fort qu’il cède la place à la colère.

Et la colère entraîne ensuite une réaction négative lorsqu’elle n’est pas violente. Elle peut même se retourner contre celui qui l’expérimente parce qu’elle est insupportable et que c’est la seule réponse qu’elle ait trouvé pour la faire taire. Cela faisait longtemps que je n’avais pas vécu un tel bouleversement.

Ce qui m’a manqué, c’est l’écoute et la réception de ma souffrance par l’autre personne.

Le simple fait de prendre en considération la parole de l’autre, faire preuve d’empathie et tenter de la déchiffrer rendre plutôt que de tenter de convaincre l’autre qu’elle se trompe est déjà un grand pas vers la compréhension, l’empathie.

Je suppose que vous avez tous vécu cela au moins une fois dans votre existence. Je suis même sûre à vrai dire que cela vous est arrivé plusieurs fois, n’est-ce pas ?

Je disais dans un  article précédent que je lisais Krishnamurti. Je viens de finir le sens du bonheur où il fait,entre autre, allusion à l’écoute, cette réception de ce qui nous entoure et de l’autre sans à priori, qu’il est si difficile de mettre en place.

« Ecouter pour découvrir est différent d’écouter pour avoir confirmation de ce que je pense déjà ».

J’ai lu également un livre qui s’intitule « t’es toi quand tu parles », de Jacques Salomé, psychosociologue, spécialiste de la communication.

Cette phrase a une réelle résonance en moi en ce moment.

Il dit ceci en préface :

« Parler peut nous  entraîner à vivre deux risques majeurs. Le premier, la déception (qui peut se transformer en blessure) de ne pas être entendu, le second de se confronter à une désillusion, celle de découvrir l’immense fossé qu’il y a entre ce que je dis et ce qui est perçu par l’autre ».

« Il ne suffit pas de parler pour être entendu… Encore faut-il que le parlant et l’écoutant puissent se donner les moyens de créer les conditions d’un partage et d’un échange fondé sur la réciprocité ».

Je vous invite à découvrir ces auteurs si ce n’est déjà fait.

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À propos de gaïa

Ma plume est un cri, ma feuille en est l' écho.

Publié le 17/10/2013, dans littérature, sociologie. Bookmarquez ce permalien. 8 Commentaires.

  1. l’ écoute est le premier pas que l’on doit faire pour aller vers l’autre cela permet aussi de se comprendre

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  2. L’essentiel est de s’écouter soi même et d’apprendre à se faire confiance. Si l’Autre n’est pas réceptif, tente ta chance auprès d’autres personnes plus en phase avec toi….Surtout ne pas garder cette colère de peur qu’elle se retourne contre toi…je suis disponible, mes oreilles aussi

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  3. Ton article me parle énormément, il m’arrive d’avoir ce type de réaction émotionnelle que je peux qualifier de « violente »..mais je comprends en effet à présent que quand la vague est si forte cela renvoie souvent à une blessure passée…et si je comprends vraiment vraiment ta frustration, je pense qu’il est aussi important de guérir la blessure par soi même et de ne pas forcément attendre de l’autre qu’il comprenne et écoute plus qu’il ne le peut. Enfin ce n’est qu’un avis et je n’arrive pas toujours à appliquer cela, pas facile..:-)

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    • Bonjour,

      Tu as entièrement raison. J’étais dans un état émotionnel tel que la réponse de l’autre au moment où je l’ai sollicité, ne m’a pas convenu et m’a renvoyée à une blessure que je croyais cicatrisée mais finalement, il n’en est rien.
      J’ai pris du recul et je suis revenue vers l’autre pour mieux exprimer mon ressenti et le partager et cela s’est mieux passé.
      Il reste encore des zones d’ombres mais je pense qu’il y a des moments pour dire certaines choses et qu’il faut éviter de projeter ses interprétations en l’autre sous peine de passer à côté d’un véritable échange.
      Merci à toi pour ton attention et bonne journée.
      Bise

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  4. J’ai repensé à ton post aujourd’hui. J’ai été confronté ce week-end à ce manque d’écoute de la part de l’autre. J’avais l’impression de parler une autre langue ou que mes mots ne parvenait pas à l’autre, comme bloqués par une barrière invisible. Affreux. J’ai été frappée par l’absence totale d’échanges… Je n’arrivais pas à me faire comprendre, ni à partager à l’autre mes envies, mes rêves, mes espoirs. J’avais pensé batir une amitié avec l’autre, et là je me dis que ce ne sera pas possible. Et je trouve ça tellement dommage ! Bref, merci pour ton post, il fait réfléchir…

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    • Bonjour Green Norden,

      Je suis touchée et je comprends ce que tu as pu ressentir. Il arrive que l’on soit dans un état émotionnel ou dans un environnement qui ne facilite pas l’échange. tandis que tu ne parvenais pas à te faire comprendre, ni à partager avec l’autre, tes envies, tes rêves, tes espoirs. Peut-être que ce ne sont pas les siens ou qu’elle les a mal interprétés, ou autre chose ? La meilleure façon de le savoir est de lui demander.

      En ce qui me concerne, j’ai pris du recul et j’ai attendu l’apaisement avant de revenir vers la personne concernée et je lui ai fait part de mon sentiment. Nous avons échangé dans le calme et cela s’est beaucoup mieux passé.
      Peut-être pourrais-tu solliciter une entrevue dans un autre contexte plus propice à l’échange avant de faire le deuil de ton amitié avec elle ?
      Je souhaite que tout s’arrange entre vous. Je te souhaite une bonne journée.

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