LOUISE BOURGEOIS

Il existe des personnages hors du commun qui marquent par leur singularité et leur parcours atypique.

Je voudrais rendre hommage à Louise BOURGEOIS. Non parce qu’elle porte le même nom que moi, (c’est une simple coïncidence) mais parce que son histoire dans le documentaire « l’araignée, la maîtresse, la mandarine »  de la critique d’ art, et la réalisatrice, Marion Cajori m’a beaucoup émue.

Il révèle le portrait d’une femme exceptionnelle au regard brillant d’intelligence, qui a laissé derrière elle une œuvre d’une grande richesse onirique. Sa reconnaissance bien que tardive n’en est pas moins méritée pour autant et j’aimerais faire découvrir l’univers poignant de cette artiste. Elle tenait un langage sincère et semblait exorciser ses démons à travers un  rituel plastique autobiographique.

L’araignée,  qu’elle baptisait « maman » fut son œuvre monumentale la plus symbolique de son attachement à sa mère.

Elle vénérait cette femme dont le métier était de restaurer des tapisseries anciennes. Louise avait des affinités avec l’araignée qui la fascinait pour ce qu’elle était capable de faire, pour son utilité. Elle n’avait pas pour elle l’aversion et la peur  qu’ont la majorité des femmes.

Dans la mythologie, Arachnée, une simple mortelle jugeait son travail de tissage meilleur que celui de Minerve, tisseuse de l’ Olympe. Cette dernière lança un défi à Arachnée qui le releva et l’emporta sur Minerve. De rage, la déesse jalouse fendit de sa navette l’ouvrage de la paysanne et lui frappa la tête avec.  Arachnée, ne supporta pas l’humiliation et se pendit. Prise de remord, Minerve défit le cou d’ Arachnée de son nœud coulant et aspergea son corps de liquide magique. Arachnée fut ainsi transformée en araignée. Cette histoire est représentative de la place qu’occupait la mère de Louise à ses yeux.  Elle était l’égale des dieux et son travail approchait la perfection.

Sa célèbre sculpture de l’araignée « Maman », dont on appréciera le volume gigantesque, a voyagé presque partout à travers le monde. Etait-ce un moyen de rendre hommage à sa mère ? On retrouve ce lien avec le tissage, le fil et les aiguilles dans les œuvres de Louise. Elle a créé plusieurs installations au  caractère surréaliste dont le contenu dérange parfois tellement il est criant de vérité.

Louise fut profondément marquée par le fait que son père ait pris pour maîtresse la nounou de la maison et que sa mère ait fermé les yeux sur cette relation. Ce qu’elle aimait dans la sculpture c’était le rapport charnel qu’elle entretenait avec la matière, le pouvoir qu’elle avait de tordre les éléments. Dans le documentaire, elle évoque l’anecdote de sa mère qui tordait le linge au lavoir pour l’essorer. Ce phénomène de torsion lui permettait peut-être  d’exsuder sa peine et d’exorciser ses démons.

Elle en avait pleinement conscience et l’écrivait même sur ses installations. Elle avait inscrit au dessus de Precious Liquids en 1992, « L’art est une garantie de santé mentale ».

L’ exposition de 1999-2000 portait le titre de  « I DO, I UNDO, I REDO ».

Tout le travail de Louise semble résumé dans cette simple phrase.

Ce documentaire a suscité en moi une vive émotion et un attachement à cette artiste comme je n’en avais jamais ressenti auparavant. Son univers a marqué mon esprit à tout jamais.

Je vous invite à découvrir l’œuvre et le parcours de cette femme d’exception.

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À propos de gaïa

Ma plume est un cri, ma feuille en est l' écho.

Publié le 03/12/2012, dans Art. Bookmarquez ce permalien. 2 Commentaires.

  1. Merci Nadia pour cet article très intéressant. Il se trouve que Louise Bourgeois est une artiste que j’admire beaucoup.
    Je ne sais pas si vous en avez déjà eu connaissance, mais le galeriste français Jean Frémon qui a eu l’occasion de travailler avec elle en dresse le portrait dans un livre intitulé « Calme-toi Lison ». L’ouvrage, sorti en janvier 2016, se présente comme un monologue intérieur de Louise, qui revisite toutes les étapes importantes de son existence.
    Excellente journée !

    J'aime

    • Merci beaucoup pour l’info, je vais me le procurer. J’ai le dvd, l’araignée, la maîtresse et la mandarine, mais je n’ai pas cet ouvrage. Le parcours de cette femme et son oeuvre me touchent beaucoup. Excellente journée à toi 🙂

      Aimé par 1 personne

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