Archives Mensuelles: novembre 2012

Changer de vie

Qui n’a jamais eu envie un jour de changer de vie ? De tout envoyer promener et tout recommencer ? Combien l’ont fait ?

Peu de gens osent franchir le pas et beaucoup de personnes prennent cela pour de la folie.

Pourtant, beaucoup envient ceux qui tentent l’aventure. Les admire même.

Cela implique nécessairement une prise de risque plus ou moins importante. Une remise en cause profonde de ce que l’on est, de tout le confort matériel et psychique dont nous disposons à un instant T.

Le changement ne se fait jamais sans rupture avec quelque chose. Changer, c’est renoncer. On sait ce que l’on perd, on ne sait pas ce que l’on va trouver. On connaît la chanson.

Le mieux est l’ennemi du bien. Un tien vaut mieux que deux tu l’auras.

Notre société est réfractaire au changement. Elle nous incite à ronronner. Et de cette société émerge toute une flopée « d’aquoibonistes » qui ne cessent de se répéter comme pour se convaincre que ça ne sert à rien ou que ce sera pire et qui s’empressent de le démontrer en courant volontairement à l’échec par peur d’avoir à se battre pour obtenir ce qu’ils désirent le plus au monde.

Pourquoi ? Qu’est ce que le monde aurait à gagner d’une société d’individus entreprenants, si ce n’est une société qui bouge, qui se transforme, qui évolue et qui ne se soumet plus ?

Non, non, il est préférable de maintenir un petit soupçon de crainte pour éviter les débordements, le soulèvement. C’est du chantage au qui bouge perd. Un jeu auquel nous jouons tous. C’est un joug social très fort. Peut on supposer que le gouvernement cultive notre immobilisme ?

La politique d’assistanat résulte t’elle vraiment d’un élan de générosité ou permet t’elle de juguler les germes d’une révolte ?

On en revient indubitablement à se heurter à la peur de l’inconnu. Toujours et encore la peur.

C’est elle qui nous fait vibrer, avancer, reculer ou stagner.

J’aimerais réfléchir sur la possibilité de vivre dans un monde où personne n’aurait peur de faire ce dont il a envie. Je ne parle pas de trucider le voisin juste parce que je rêve de voir ce que ça fait !! Non, je veux juste dire, expérimenter des choses nouvelles, prendre des directions différentes par désir de s’accomplir, de se révéler à soi même.

Un monde où une personne déciderait de porter des cheveux bleus sans avoir peur de paraître ridicule.

Un monde où une autre, d’humeur joyeuse, pourrait se mettre à chanter dans un bus sans passer pour une excentrique ou folle.

Se rapprocher de la liberté d’être soi comme lorsqu’on est enfant et qu’on nous excuse…. Parce qu’on est un enfant et qu’il ne faut pas nous en vouloir.

Redevenons des enfants. Mangeons avec les doigts, parlons fort et changeons de vie quand celle que l’on vit ne nous fait plus envie !

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LES MOTS DITS

Un jour, j’ai mis des mots dans une boîte et je les ai oubliés. Ils étaient pourtant si précieux à mes yeux. Lorsque je les ai cueillis, ils avaient un doux parfum d’audace, un goût subtil et une sonorité sensuelle… Cependant, je les ai oubliés parce que je ne m’en servais jamais. Je me contentais de les collectionner et je me disais qu’un jour j’en aurais l’utilité. Ils ont attendu. D’abord, gonflés de l’orgueil d’avoir été élus, puis sceptiques dans la langueur de l’attente. L’attente se faisait insistante, inquiétante…

Les mots lancèrent un appel, puis un cri, cognèrent aux parois et au couvercle  mais je restais sourde à leurs prières. Trop occupée à chercher les mots du jour, j’en oubliais ceux d’hier.

Ereintés par l’effort, épuisés par les plaintes et les supplications, ils s’assoupirent et finirent par s’endormir. Ils perdaient de leur sens, de leur puissance, et bientôt, dans le confinement s’étiolait leur âme.

Couchés sur le papier ou lancés à la volée, ils avaient le sentiment d’exister mais enfermés dans cette boîte sans l’ombre d’un espoir de quitter cet espace, ils n’étaient plus rien.

Un jour, éperdue dans ma vaine course au mot sacré, je finis par ne plus avoir de goût pour les mots. Et dans cette perte d’appétence, je perdis l’envie de vivre. Je ne me nourrissais plus que de silence. J’ai interrogé du regard mon entourage mais il ne me comprenait pas bien le langage des yeux.

Tout ce que j’avais dedans, je ne pouvais l’exprimer. Alors, j’ai pleuré et je me suis souvenue de la boîte. Mon corps atone s’est déplacé jusqu’ à l’objet enfoui dans le tiroir de ma commode et je l’ai pris entre mes mains fébriles. Je l’ai ouvert et là, les mots engourdis ont cligné des yeux, se sont étirés pour réveiller leur corps endolori et après m’avoir lancé un regard de reproche, tout à leur joie d’échapper enfin à leur cellule, ils s’élevèrent et se répandirent à travers la pièce comme un murmure d’éternité. La rancune passée, la douleur oubliée, ils reprirent possession de mon esprit et une douce chaleur m’envahit.
Grâce à eux, j’étais en vie. J’avais compris que je n’étais rien sans eux et que tous nous ne  sommes rien sans eux.

J’ai compris que pour exister, il est important de parler, d’écrire, de lire et d’écouter.

Poème « Couleur femme »

Je suis un champ fertile où pousse le soleil,

La matrice féconde arrondie des semences de sa descendance.

Je suis vert amazone, souffle de l’univers.

Fleuve à croupe  ondulante qui irrigue les vaisseaux de notre terre mère.

Je suis terre d’Afrique, rouge d’avoir trop saigné,

Qui craque sous le pas fatigué de l’enfant dépouillé.

Terre de Sienne, d’ombre brûlée, sur tous les territoires

Où la faim et la soif n’ont pu être apaisés.

Je suis ce sein blanc lourd tout chargé de promesses,

Tendu à cette main qui le presse de nourrir l’humanité toute entière.

Je suis rose sari, l’indienne au poing levé,

Pour vaincre l’oppresseur et venger l’opprimé.

Je suis bleu capricieux et gris changeant,

Comme un ciel sans nuage qui vire soudain à l’orage.

Je suis ce voile noir au-dessus de ta tête,

Pour donner la même couleur aux humains et aux bêtes,

Afin que justice soit faite.

Je suis jaune d’Asie, bouton de printemps qui bourgeonne à la vie.

Je suis les droits de l’homme et l’envers de la guerre.

Citoyenne du monde, que je sois blanche ou noire, rouge ou jaune,

Qu’importe !

Je suis de toutes les couleurs car je suis couleur femme.

Nadia Bourgeois

Féminitude

On dit que dieu est un homme. La femme ? L’incarnation du pêché originel.
Accablée de tous les maux, la femme peut elle avoir un statut équitable ?
Elle a goûté au fruit défendu et en paie le prix. Elle enfante dans la douleur.
Il est des lieux où on la dissimule, on la voile, on la censure, on la traque, on l’excise, on la bat,
on l’assassine. On la muselle. On la persécute. On la brûle.
Elle expie chaque jour que dieu fait. Avilie, impure, réduite au rang de bête, on l’enterre vivante comme on enterre un problème.

Et pourtant, c’est par elle que la vie arrive. Beaucoup ont tendance à l’oublier. Je voudrais citer un exemple flagrant.

En Inde, dans certaines régions, surtout rurales, mais indépendamment de la classe sociale, on pratique le génocide et le »foeticide » pour ne point avoir  à verser une importante dot à la belle famille du futur marié.

A présent, les habitants de ces régions qui ne comptent presque plus que des mâles, doivent aller chercher des femmes dans d’autres régions de l’inde, quitte à les enlever,  pour repeupler leur pays. Leur population est menacée d’extinction.

Quand bien même l’homme s’acharne sur elle, elle acquiert ses droits de dure lutte.
Sans doute craint il de son attirance irrésistible pour la femme, la perte de son pouvoir sur elle. On peut émettre l’hypothèse que c’est de cette crainte que naît son agressivité, voire parfois, son aversion pour elle. Il est temps qu’il se dédouane.
Je voudrais cependant lever ma plume à la gloire de tous les hommes qui vivent dans le respect de la femme, leur rendent hommage et signer du sang de mon encre, un acte de soutien à toutes celles que l’on empêche d’exister par et pour elles-mêmes, au nom de quelque croyance que ce soit.

LE  » MUST HAVE  » POUR LES PASSIONNES D ECRITURE

Si vous êtes passionnés d’écriture comme moi et que vous souhaitez percer les secrets de la structure d’un roman, d’un scénario ou d’une nouvelle, vous avez la possibilité de puiser les sources nécessaires à votre enrichissement personnel dans des manuels d’écriture.
Et si je devais n’en retenir qu’un pour vous le proposer, ce serait celui d’Anaël Verdier, « comment écrire un roman ».
Je peux vous garantir que ses conseils et sa méthode sont efficaces car j’ai la chance de les appliquer concrètement. Je suis des cours à son atelier depuis quelques mois et j’apprends énormément de choses. Je constate chaque jour les progrès réalisés et j’organise mon travail différemment depuis.
Il arrive qu’on ait du mal à démarrer une histoire, que l’on soit en panne de personnages, que lorsque l’on écrit au fil de la plume, on finisse par s’épuiser et se perdre dans notre récit, que l’on se noie dans une foultitude de détails qui rendent confus notre travail.

Le manuel d’Anaël Verdier vous permettra d’acquérir des bases solides, de mieux construire votre roman et avoir une vision à long terme de votre processus d’écriture. Vous pourrez mesurer votre progression grâce à des exercices. Vous éviterez ainsi de vous essouffler en cours de route et vous apercevoir que vous devez tout recommencer au moment de mettre le mot fin. Vous mettrez tous les atouts de votre côté pour écrire un bon roman.
Je ne fais pas de prosélytisme intéressé. Je suis juste profondément convaincue que c’est un outil indispensable pour tout ceux qui démarrent ou veulent se perfectionner dans l’art d’écrire.
Si vous faites la démarche de le lire, je serais ravie d’avoir vos retours et il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un excellent apprentissage, vous êtes en de bonnes mains.

Une vidéo à vous couper le souffle. Découvrez la beauté époustouflante de la nature.

LAND ART

Le « Land Art »  est un courant artistique qui  réalise des œuvres éphémères à partir de matériaux naturels et réalisées dans des paysages qui leur servent de toile.

Je vous propose de découvrir quelques exemples d’œuvres de Andy goldsworthy et Cristo artistes très connus du Land Art.

Cette démarche ne date pas d’hier mais n’en reste pas moins contemporaine dans le sens où elle reste plus que jamais d’actualité. Le rapport étroit que nous entretenons avec la nature  s’inscrit actuellement dans une sorte de « conflits d’intérêts ». Nous devons agir avec elle pas contre elle.

Nous en constatons les dérives aujourd’hui et en payons le prix.

Laissez vous transporter dans un monde surréaliste grandeur nature.ImageImage

LE TEMPS

Aujourd’hui, je voudrais parler du temps. Pas du temps qu’il fait mais de celui qui exprime la

notion de durée.

Qu’ est-ce que le temps ? Existe t il vraiment ?

Pourquoi est il si important à nos yeux et au cœur de toutes nos préoccupations ?

On ne peut le matérialiser et il se déroule à l’infini.

Globalement, dans divers dictionnaires, le temps est défini comme une période dans laquelle se succèdent des événements.

Ce sont les événements donc qui donnent une notion de finitude dans cet infini.

Le temps est immatériel. Nous ne pouvons le voir, ni le toucher ni le sentir et pourtant il est partout. Il s’exprime à travers le rythme des saisons, le passage du jour à la nuit, le vieillissement, tout ce qui est visible et introduit la notion de changement.

Il naît de notre observation des variations des choses. Et la récurrence des phénomènes observés introduit la notion de cycle.

L’horloge est une boucle fermée dont nous aimerions bien sortir parfois.

Notre existence est réglée sur la notion de temps. Le temps d’aimer, de vivre, de travailler, de se divertir. Nous le monnayons, l’interrogeons. Nous voulons le maîtriser, l’afficher, le compartimenter, le consulter sans cesse. Le retenir ou le tuer.

Pourquoi ?

Parce que le temps règle notre horloge biologique. Il régit notre existence et à droit de mort sur nos vies. Il nous donne et nous prend sans que nous ayons aucune prise sur lui. Nous ne pouvons ni l’arrêter, ni l’accélérer. Toute impression contraire est conditionnée par la relativité.

Aurions nous le même intérêt pour lui s’il n’impliquait pas la finitude ? S’il était réversible ?

Nous lui avons donné une forme consensuelle. Il est, en apparence, le même pour tous. Le temps permet d’inscrire une action dans la durée et nous donne une raison d’exister.

Est-ce lui qui passe sur nous ou est-ce nous qui passons dans le temps ? Peut-on imaginer un espace temps figé sans nous impliquer ?

Si le temps était autrement ?

Commander au temps, jouer avec lui, c’est ce dont nous rêvons tous.

Un écrivain a évoqué le sujet d’une manière pour le moins originale. Il émet l’hypothèse d’une existence qui se déroule à contre courant. Un compte à rebours où l’amour est rendu possible lorsque la petite et la grande aiguille se rencontrent. Je fais allusion à

« L’étrange histoire de Benjamin Button », de F. Scott Fitzgerald.

La difficulté de vivre pour un être qui s’inscrit dans l’anarchie temporelle est claire.

Dans toute fiction, le temps est présent et il serait intéressant de se demander ce que nous deviendrions si le temps n’existait pas. Deviendrions nous immortels pour autant ?

Le temps fait et fera encore couler beaucoup d’encre.

A l’instar de ce peintre Français d’origine polonaise, Opalka, qui en 1965 a entamé un processus d’inscription de son être dans le temps. Il est décédé le 06 08 2006.

Tout son travail consistait à marquer l’irréversibilité dans le temps.

Durant toute cette période qui va de cette prise de conscience(1965) à sa finitude, 2006, Opalka n’a eu de cesse d’aligner des chiffres sur ses toiles, les peignant  en noir sur fond blanc , en blanc sur fond noir puis en blanc sur fond blanc. Véritable signe du temps qui passe, trace visible de l’effacement de son empreinte sur la toile comme l’effacement de son être dans l’existence. Il appuyait cet exercice par des enregistrements sonores de sa voix pendant qu’il énumérait les chiffres qu’il peignait et se prenait régulièrement en photo, de telle sorte que le temps déposait sa marque non seulement sur sa toile mais sur son visage.

L’écriture offre un autre espace temps que celui dans lequel nous évoluons. A la manière d’ Opalka, un roman nous offre une ouverture sur une autre dimension.

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LE PAPILLON

La poésie réside dans la grâce du vol du papillon.

Peinture exécutée au cours de Jean Michel Charpentier en 2009. 

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LA MYTHOLOGIE

Je voudrais ouvrir une parenthèse sur la mythologie.

N’est elle pas la plus grande fable, le plus grand conte qui aient jamais été inventés à ce jour ?

Tout le monde connaît quelques personnages célèbres de la mythologie grecque en particulier.

Si l’on entre dans le détail de leurs origines, on en apprend beaucoup sur nos civilisations. La  mythologie est riche d’enseignements sur notre histoire, notre géographie, nos croyances…

C’est un véritable bain de culture. Ce qui est également intéressant, c’est qu’il n’existe pas la même distanciation entre les dieux et nous que celle que nous connaissons avec les dieux de nos religions actuelles. Les dieux de la mythologie côtoient les humains, leur parlent.

Bien qu’il soient au-dessus des hommes, (ils sont immortels et possèdent d’immenses pouvoirs), ils n’en restent pas moins animés par les mêmes émotions et les mêmes sentiments que nous.

Zeus est un dieu volage et adultère. Héra est l’épouse jalouse…

Les dieux de l’Olympe sont, en ce point, identiques à nous. Ils nous sont proches et c’est ce qui nous les rend attachants. Leurs péripéties nous paraissent réelles car l’évocation de lieux dans lesquels ils ont vécu de multiples aventures nous sont familiers par les noms qui leurs ont été donnés et qui perdurent.

Ce qui est fascinant, c’est de découvrir cette forme de littérature développée par des poètes comme Homère ou Ovide et bien d’autres encore. Ils relatent les mythes et les légendes qui révèlent leurs prouesses, leurs faiblesses, leurs travers, bref, toutes les émotions et les sentiments que nous pouvons éprouver mais  dans un cadre surnaturel, magique.

Notre civilisation a un peu perdu cette innocence qui consiste à poser sur le monde un regard neuf et à trouver de la magie dans toute chose. Nous tentons de tout expliquer, tout rationaliser et nous passons à côté de la poésie. Il n’ y a plus d’Elfe dans les forêts. Il n’ y a même plus de loup…

Cependant, nous retrouvons cet appétit pour la mythologie sous forme moderne.

Pour moi, les héros de comics sont les dieux d’aujourd’hui. Si l’on considère les personnages du film « The Avengers » pour ne citer que lui, on se rend compte que ce sont des sortes des dieux ou demi dieux avec des caractéristiques humaines.

Je trouverais tellement dommage qu’on ne puisse plus mettre du fantastique dans notre univers.

C’est ce que j’aime retrouver dans mes lectures et c’est ce que nous cherchons tous. Apporter un peu de magie dans notre quotidien. Il est un homme qui sait bien le faire. Il est Japonais et s’appelle Haruki Murakami. Il mêle le réel au merveilleux avec une telle intensité qu’après ça, plus rien ne paraît impossible. Je vous conseille de découvrir ses romans et particulièrement, « Kafka sur le rivage ». Haruki y fait parler des chats et pleuvoir des poissons.

Et si vous voulez découvrir ou redécouvrir la mythologie grecque, lisez « La mythologie », de Edith Hamilton.

Redevenez l’enfant curieux et sensible à la magie que vous étiez autrefois. Laissez vous émerveiller par le monde qui vous entoure car il est fantastique.